Vent démocratique sur le Sri Lanka

Un camion aux couleurs de Mahinda Rajapaksa © Samuel Rufus Un camion aux couleurs de Mahinda Rajapaksa © Samuel Rufus
Son visage, nul ne l'ignorait, omniprésent. Sur les billets de banque, sur des affiches collées par centaines de milliers sur les routes de l'île, à l'entrée des villes et des villages les plus reculés, et en boucle sur les écrans de télévision : Mahinda Rajapaksa (en photo ci-dessus) avait déployé les grands moyens pour sa réélection à la tête du Sri Lanka pour un troisième mandat. "Ils ont même mis son portrait dans des forêts inhabitées au milieu de la jungle!", s'étonnait fin décembre une résidente française de Colombo.

Fin de partie pour le tombeur des Tigres

La propagande et la pression des militaires en faveur du pouvoir en place n'auront pas suffi : le 8 janvier, c'est son rival, Maithripala Sirisena, un ancien ministre de la Santé, qui l'a emporté avec 51.28% des voix. Fin de partie pour celui qui avait terrassé la rébellion des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) en 2009, très critiqué pour la corruption de son régime et son extrémisme boudhiste. Pour le nouveau président, les défis s'annoncent nombreux dans ce pays de 21,3 millions d'habitants encore très marqué par les suites de la guerre civile, avec une politique de discrimination envers la minorité tamoule (30% de la population) et des atteintes fortes aux droits de l'homme, comme le recours à la torture dénoncé par un rapport de l'ONU en mars 2011.

 

 

 

 

 

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