Lettre à Monsieur Edwy Plenel

et je ne me désabonnerai pas encore. Ceci n'étant pas une menace qui planerait sur Edwy Plenel et Médiapart alors. J'essaye de m'expliquer.

Monsieur Plenel,

vous êtes en quelque sorte l'étendard de Médiapart. Le communicant, même si je n'aime pas forcément ce type de fonction. C'est cependant aussi la sympathie que j'ai envers vous qui a compté dans ma décision de m'abonner à Médiapart.
Mon intérêt pour les propos que vous teniez, la manière d'informer et de chercher ne datait pas de la période où vous avez travaillé au Monde. Un journal que je n'ai jamais vraiment réussi à lire. Gênée aux entournures par le côté fauteuil club du journal en question. Pour dire parce que je suis plus du peuple et plus anare que la ligne fluctuante du vénérable quotidien.

Samedi 1er août je vous ai regardé sur Arte et même votre déguisement caricaturé bien souvent, m'est égal. Plutôt marrant comme un gimmick sympathique. Ce que vous dites est bien plus important avec la passion communicative qui vous caractérise. Et c'est toujours l'essentiel, le vrai travail du journalisme qui enfin fait son métier. Sur vous cela se voit et peut m'enthousiasmer. Cela existe de moins en moins dans le paysage médiatique ravagé. Et je m'y colle. Mais quand je regarde leurs informations, je suis obligée de faire un travail autour de grilles de lectures souvent harassant. Désespérant. Gravissime.

J'ai commencé à vous lire moins quand les médias parlaient de complaisance "islamo-gauchiste" ravis. Je ne partage pas certaines de vos positions concernant le sujet de l'islamisme. Mais je n'en fais pas un sujet de brouille. Je garde mon journal sous le bras, ayant à un moment ou à un autre quelque chose à y apprendre.

Là, cette comparaison entre Bousquet et Darmanin est vraiment malvenue. Elle dessert la vraie envie que tous les gens de gauche ont de voir Gerald Darmanin ministre de l'Intérieur, démissionner. Et s'activent à le faire. Elle suscite un redoublement de la haine que certaines ..personnes vous vouent naturellement.

Il n'y a pas d'ailleurs, pour moi, de comparaison entre des personnages de l'Histoire qui tienne, même s'ils s'en gargarisent ; et les comparaisons entre des périodes me dérangent déjà. Mais c'est justement parce que je m'intéresse à l'Histoire que je trouve que cela ne se justifie pas souvent. On y fait preuve généralement de méconnaissance en la matière.

Nous sommes dans une période dangereusement singulière et votre sortie nous ramène tous en arrière. Comment vous défendre ?
C'est comme un acte manqué, mais qui ne vous concerne pas seul. Je crois qu'il peut discréditer Médiapart. Ce serait grave, et auprès de gens qui par ailleurs vous estime. Alors que vous êtes essentiel. C'est presque comme se saboter.

 

 

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