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Billet de blog 16 oct. 2010

SEGOLENE ROYAL : LA REPUBLIQUE DU RESPECT

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Par Sandrine Piaskowski

Ségolène Royal achoisi le « respect »comme fil conducteur de la troisième fête de la fraternité ( Arcueil, le 18 septembre 2010). Appeler à une refondationcitoyenne est indispensable ; lire cette exigence à l’aune de laproblématique du respect estéminemment plus complexe. Nousavions souligné dans notre première partie[1],à travers les propos d’Alain Touraine, combien, et avec quelle intensité, « les forces les plusprofondes pour la renaissance d’une action sociale reposent en effet sur lavolonté d’être respecté, de ne plus être humilié »[2].

La problématique du respect est complexepar sa dimension ontologique. Dansla pensée d’Emmanuel Lévinas,[3] la question posée serait de savoir« pourquoi et comment passer d’une philosophie de la violence (et donc del’irrespect) à une philosophie …où l’autre est respecté dans son altérité »[4].En bref, nous sommes bien« au-delà de la compassion et de la sympathie », au-delà de lasimple « considération, pour « la veuve et l’orphelin » enregard de leur vulnérabilité, de leur disposition à être blessé, atteint - nous sommes, oserons-nous le dire, audelà du care.

La problématiquedu respect recèle dès lors une richesse insoupçonnée. Par ses fondementsphilosophiques, elle embrasse le rapport à l ‘éthique et àl’altérité ; c’est une réflexion exigeante qui se pose avec d’autant plus d’acuité que nous vivons une forme de violencesociale et politique imposée, faite de peurs entretenues et d’opposition des individus entre eux . Un système dans lequel les citoyens sont rétablis en catégories lancées les unes contre les autres netrahit-il pas une volonté deconfusion entre altérité et rejet ? Nousvivons finalement une crise éthique, crise de la morale publique, dans laquellerègnent instrumentalisation et cynisme[5],, déresponsabilisation[6]et impunité [7].

C’est ainsique la problématique du respect dépasse le seul champ politique pour mieux s’y réintégrer ensuite. Ilimporte de refonder aujourd’hui nos choix politiques et de mesurer la responsabilité qui incombe auxcitoyens et à leurs élus. En effet, qui ne cite pas aujourd’hui l’éthique de laresponsabilité ou le principe de responsabilité cher à Hans Jonas [8] ? Or, la pensée de Jonas solliciteprécisément une confrontation avec celle de Lévinas[9] - à travers la notion de responsabilité[10] .L’homme d’État apparaît àJonas comme l’instance de responsabilité de tous parce que la politique, larecherche du bien commun, a toujours le dernier mot dans toutes lesaffaires humaines[11]. La responsabilité politique reste centrale. Respect et responsabilité sont dès lorsindissociables. L’intégration de cette problématique dans l’ordre justeme paraît cruciale : respect de chacun et égale justice permettentprécisément de ne pas confondre, comme nous le disions plus haut « ordrejuste » et « ordre moral ».

La« République du respect » se décline plus largement en enjeux concrets[12]. Comme par une inversion lexicale, se pose ici la problématique durespect de la République, la « République du respect » pouvantintégrer « le respect dupeuple », le respect des citoyens, le respect des jeunes - des jeunes de banlieuenotamment, etc …

a) Corruption de l’esprit public et respect de valeurs éthiques

Le 29 juin 2010, invitéeau journal de 20h de TF1, SégolèneRoyal dénonce la corruption detout un système politique : «le système Sarkozy aujourd’hui est corrompu. C’est un pouvoir quimélange les biens privés et les biens publics, c’est un pouvoir qui perd toutsens du bien commun » , « un pouvoir qui profite d’une totale impunité »[13],« un pouvoir qui mélange la chose privée et la chose publique » . Elle devait revenir sur cette affirmation selonlaquelle l’action politique vise à servir et non pas à « seservir». Le recours à l’étymologie peut être utile ici : dulatin ministerium, le ministèrese traduit bien par « service » et ministre par« serviteur ». Leministère est la fonction de celui qui sert. Et en effet, le ministre d’une République laïqueest supposé servir le bien commun. C'est dès lors le pouvoir lui-même qui est corrompu. Alors qu’elle est aussitôt accusée de porter desattaques ad hominem, Ségolène Royal se pose en réalité surle plan des principes : Elle met en garde contre « l’effondrement des valeurs morales et la corruption desmœurs politiques » qui « portent atteinte aux intérêts de notrepays [14]».

Plus précisément, elle se réfère explicitement à Montesquieu :Selon Montesquieu, « La corruption dechaque gouvernement commence presque toujours par celle des principes » (Del’esprit des lois, livre VIII, chapitre1) . Le système instauré dès la nuitdu Fouquets’s et qui a trouvé son apothéose avec l’affaire Woerth-Bettencourt ne peut-il faire penser pourle moins à l’établissement d’un système fondé sur l’inégalité et mu par la poursuite de l’intérêtparticulier ? JeanDaniel évoqua lui aussi dans unéditorial[15] Montesquieu à propos du « caractère indispensable durespect de la vertu dans un système démocratique qui favorise la tentation detous les vices ». De même, a-t--on pu lire dans une tribune publiée parMarianne[16] « Parler de vertudans l’atmosphère actuelle n’est pas un luxe ni une fantaisie : c’est une urgence ».

« À mesure que le luxes’établit dans une république, l’esprit se tourne vers l’intérêtparticulier » , écrit Montesquieu dans l’Esprit des Lois ; « Une âme corrompue par leluxe a bien d’autres désirs : bientôt elle devient ennemie des lois qui lagênent » (Livre VII, 2).Ainsi[17] , la corruption survient-elle lorsqu’il n’est pluspossible de « contrerles tendances égoïstes de l’homme » , et de « réorienter ses passions(cupidité, ambition) de l’intérêt particulier vers l’intérêtpublic » : les valeurs communes perdent leur sens au regard denouveaux critères, individualistes, du jugement moral (Livre III, 3).

Le 23 août 2010 , Ségolène Royalrenchérit en évoquant « un clan au pouvoir qui utilise l'Etat à des finspersonnelles [18]». La loi ne doit-elle pas être lamême pour tous, qu’elleprotège ou qu’elle punisse , commele déclare la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août1789 en son article 6 ? C’est là une composante essentielle del’ordre juste - l’égalité devantla loi - au-delà de la subsistancede privilèges devenus insupportables. La thématique du respect y trouve sa pleine expression.

L’ordre juste suppose unejustice impartiale et une démocratie crédible. C’est parce que la crédibilité de la France est mise à malqu’ « elle doit d’urgence retrouver des valeursmorales[19]».La gauche ne doit pas avoir peur d’utiliser des mots tels que ceux-ci et doit bien plutôt refuser de les laisser assimiler à undiscours réactionnaire ou rétrograde ; sans évoquer outre mesure lesaccusations de démagogie et de populisme qui fusèrent après ces interventions[20], il importe de préciser pourquoi ellessont inopérantes : non seulement il s’agit d’appeler à la République du respect, mais il s’agit de revivifier les principes républicains, voire de leurredonner vie, par une nouvelleabolition des privilèges afin que chacun des citoyens formant le peuple voie saparole et son suffrage respectés. La res publica , à l’origine de notre« République » évoque l’intérêt général, la chose publique, notre bien commun[21]. Ségolène Royal développe souvent cette idée : àl’image du service public, des retraites, etc … qui sont « le patrimoinede ceux qui n’en ont pas ». Il faut comprendre cettecondamnation du système Sarkozy comme la condamnation d’une « sociétéd’ordres et de privilèges »[22].

Philippe Chanial , étudiant la pensée de Benoît Malon, note que la critique malonienne du capitalismene se limite pas à une dénonciation de la misère et de l’exploitation ouvrière.Cette critique est aussi politiqueet morale[23].Elle porte sur « ce que nousnommerions aujourd’hui l’ « individualisme possessif »,déferlement, encouragé par les économistes libéraux, d’ambitions lucratives désormais sans frein niprincipes ». Ce que pour ma part je proposerais d’appeler « néo »- ou « ultra-libéralisme », ne se trouve-t-il pas, «dans sa dynamique même », corrompre l’esprit public et les vertus civiques jusqu’àmenacer la survie de la république ? La question essentielle que doit résoudre le socialisme est dès lorspour Malon, nous dit P.Chanial,, la question suivante : « commentaujourd’hui favoriser l’altruisme civique et la participation de tous auxintérêts publics »[24] ? Au delà de l’ écho de ces mots en l’été 2010, une autre façon d’enjamber les siècles et de revenir aux origines dusocialisme n’est-elle pas de proposer un nouveau socialisme pourle XXIème siècle, comme l’a fait Ségolène Royal ?

Un autre auteur, Eugène Fournière, écrit à une époque où« les institutions publiques et les hommes qui les dirigent sont menacésd’un grave discrédit moral, que l’affaire Dreyfus a révélé ». Il ne s’agitaucunement pour nous de comparer les événements contemporains avec l’AffaireDreyfus ; nous souhaitonssimplement porter notre réflexionsur ces moments-charnière, différents les uns des autres, qui ont conduit à unerefondation républicaine et socialiste. Fournière, nous dit P. Chanial, suggèred’en retenir une leçon positive : «en effet, hors des institutions formelles,l’esprit civique ne demande qu’à se développer ». C’est, je crois, unpoint de jonction fondamental, qui permet de mieux éclairer nos interrogations présentes : la reconquête de l’esprit civique face à la corruption del’esprit public supposede reconquérir la République avant qu’elle nedevienne la « République des espérances déçues[25] ».

Edwy Plenel[26],citant l’historien Jean Garrigues [27]rappelle que les «affaires», sonttoujours porteuses d’une «crise de foi républicaine». Non pas le refus de laRépublique, mais son exigence, notamment ce «respect d’une éthique citoyennequi veut que l’élu soit imperméable à l’argent». Il termine en appelant à un sursaut démocratique : : «Le devoir d’indignation est unevertu républicaine ». C’est ainsi, me semble-t-il que nous pouvonscomprendre l’intervention de Ségolène Royal sur le « système Sarkozy corrompu » :des « colères saines » au devoir d’indignation, la lignedirectrice est celle de la vertu républicaine !

b) Institutions, confiance et responsabilité

Selon Jean-Claude GUILLEBAUD[28], « c'est l'État lui-même, la moralepublique, les grandesinstitutions » qui sont en cause. Plus encore, pour Edwy Plenel, « l’affaire Bettencourt, devenue l’affaire Woerth et cachant une affaireSarkozy, est un révélateur de l’état de la France : de ses inégalités et de sesinjustices sociales, de ses déséquilibres institutionnels et de ses régressionsdémocratiques »[29].

- Désordre dans lajustice : Considérer que « de tous les aspects del’affaire Bettencourt, le sort fait à la justice est le plus immédiatement scandaleux [30]» , c’est ne plus admettre« la distance qui sépare notre ordinaire politique des grands principesrépublicains ». La république du respect supposeprécisément que la justicesoit la même pour tous[31]. Face au « désordre dans lajustice[32] », Martine Aubry appelle finalementelle aussi à une nouvelleRépublique et au rétablissement de la séparation des pouvoirs ; ll est significatif que Ségolène Royal, dénonçant lacorruption de l’esprit public, ait choisi de se référer à Montesquieu, à unmoment où le Parti socialiste restait encore en retrait.

PourPhilippe Bilger[33],« le triomphe de l'officieux … crée la plus intolérable de toutes les offenses judiciaires : celle quiporte atteinte à l'égalité des justiciables »[34].La justice devrait au minimum selon lui « à toute force récuser latricherie et assurer l'équité ». C'est l'essentiel, en réalité facile àsauvegarder pour peu qu'on admette « l'indécence démocratique dufavoritisme judiciaire ». Indécence contre la common decencyd’Orwell , défiance généralisée, nous y reviendrons. Toujours est-il que nousne serions pas même face à une« justice soupçonnée mais qui laisse toutes ses chances à lavérité » ! P.Bilger notait également que [35] le judiciaire et ses compromissionsl'emportent sur l'aveuglante simplicité de la justice. Mais, nous dit-il, ce constat « triste à voter » neconcerne pas que l'opposition qui voudrait à toute force décrier. « Au-delàdes inévitables hostilités syndicales, et pour équilibrer des complaisanceshiérarchiques, il y a, dans la magistrature d'aujourd'hui, quelles que soientses tendances politiques, devant le spectacle offert par ceux qui sont dans lalumière et nichés au creux du pouvoir, une exaspération de ceux d'en bas. Il n'y a plus d'élites mais il y ade plus en plus de révoltés ». Assisterions-nous à une nouvelle « trahison desclercs » ? Evoquer la lassitude face aux « élites » nousexpose-t-il aux accusations de populisme ?

-Tout d’abord, les indignations populaires ne doivent pas se voirtoujours taxer de populisme : nous pouvons y voir tout au contraire l’appel à un sursaut républicain[36]. Les appels[37]» à « revenir aux sources de ce qui faitl’Idée républicaine » , « réinventer la République se multiplient. Plus encore, il s’agit de « retrouver un étatd’esprit qui place la « décence commune » au sommet de l’Etat, qui rende à la parolepolitique sa valeur et à la responsabilité politique son sens véritable ».

Parler de "moralecommune" permet ainsi de reprendre la notion, chère à Jean-Claude Michéa[38]de common decencyqui définissait, selon Orwell, le coeur detoute révolte socialiste[39].Et de noter que quand Orwellparlait de « société décente », il entendaitdésigner ainsi une société dans laquelle chacun aurait la possibilité de vivrehonnêtement d’une activité qui ait réellement un sens humain[40]. Il est vrai, ajoute-t-il, que « ce critère apparemmentminimaliste implique déjà une réduction conséquente des inégalitésmatérielles » (voir notre axe deuxième, axe-pivot de cette étude)[41] .Le renforcement de ces inégalitésamène une grande partie dela population, à percevoir nettement la nature d’unesociété d’éloignement, société profondément indécente. J-C Michéa propose de définir « la morale commune moderne (ou common decency) comme une simple réappropriation individuelle des contraintes collectives du don traditionnel »[42].En effet, nos sociétés contemporaines nesouhaitant plus de dogmes imposés par l’Eglise ou par l’Etat, entendent développer dans cedomaine également des modes deréappropriation.

Nous avons souligné en introduction, à travers la pensée d’Emmanuel Lévinasles liens indissociables entre « respect » et « responsabilité». Le respect peut-être le chaînonmanquant entre la responsabilité politique et la « fraternité »,parente pauvre de notre devise républicaine, souvent oubliée ou décriée, et que Ségolène Royal a souhaité revivifier (voir infra). A puainsi être évoqué le « langage fraternel de la responsabilité »[43]. Si la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 nementionne pas la fraternité, on célèbre alors « la vertu (morale etpolitique) d'une fraternité d'individus libres et égaux »[44].De la dégradation de l’esprit public à « la défiance qui affecte la démocratie représentative [45]»,la distance est courte ; il ne s’agit pas cependant de simplifier àoutrance des phénomènes complexes, mais de prendre acte d’évolutionspréoccupantes.

- Confiance et responsabilité politique :Bastien François, dans une tribune publiée le 21 juillet 2010 dans Le Monde, juge cruciale la « question desmodalités de mise à l'épreuve de la confiance dans la démocratie » .Nous avons pour notre part défendu dans nos premièrespages une « démocratie participative »qui non seulement n’excluait aucunement la démocratie représentative, mais encore pouvait se conjuguer harmonieusement avec sonapprofondissement[46] ; nousne le suivrons donc passur sa lecture de laparticipation citoyenne (vue comme venant « combler les manques ou les apories de lareprésentation, voire s'y substituer [47]» ;ou pire, constituant « un leurre, reproduisant de façonmasquée le cens social … ». Nous refusons tout autant la réduction de la participationcitoyenne à un « populisme », qui ne serait que l’expression demouvements grégaires et de passions éphémères[48]. Nous avons d’emblée réfutél’irréductible opposition participation citoyenne / démocratiereprésentative et tout aucontraire retenu les processus d’ « empowerment » (capacité à s’approprier une décision) comme clef permettant de renouer celien rompu avec le politique.

Nous pensons en revanche avec lui que la question dela représentation doit être posée dans sa relation avec la confiance[49].Si « la responsabilité politique mesure l'état d'une relation deconfiance », indépendamment de toute faute et de toute culpabilité –imaginons les ravages quand la justice est à ce point malmenée qu’on frise, pour reprendre les termes dePhilippe Bilger « le favoritisme judiciaire[50] ».Bastien François ajoute que « poser la question de la confiance, c'estposer la question de la responsabilité politique, au sens exigeant de l'accountability », à savoir que « les gouvernants sont comptables d'une forme de dettecontractée au moment de leur désignation, et qui est justement laconfiance [51]».

Ségolène Royal a proposé lors de la fête de la fraternité du 18septembre 2010, un pacte deconfiance avec la jeunesse ; elle devait le 13 octobre 2010, face àl’intensification des manifestations contre la réforme des retraites, appelerle gouvernement à la responsabilité politique[52]. Quand, par exemple, elle met enexergue le fait que NicolasSarkozy n’a pas reçu mandat pourreculer l’âge légal de la retraite(ayant promis pendant la campagne présidentielle de 2007 de n’y pastoucher), elle propose en faitd’engager, ce que Bastien Françoisappelle un formidable« chantier », celui des « mécanismes assurant - etpermettant de vérifier - que le pouvoir s'exerce bien conformément à la volontépopulaire ».

C’est dans ce cadre également que peuvent s’apprécier lesinterventions de Ségolène Royalsur la dégradation de l’espritpublic et de la morale républicaine : mettant en évidencela perte de confiance des citoyens en leurs gouvernants et en leursinstitutions, elle appelle à reconstruire respect, confiance et responsabilitépolitique.

Philippe Chanial, analysant la pensée de Proudhon[53], fait d’une morale de lareconnaissance mutuelle un véritable pilier de la République[54].C’est dans une telle perspective, note-t-il, que doit notamment être lu le 1er article de soncode révolutionnaire - « réciprocité de respect ». Dès lors que nous sommes invités à penser le lien politiquelui-même comme un lien de réciprocité, c’est « à travers ces multiples contrats que la force de laRépublique s’identifie à la force d’un engagement réciproque qui exige laconfiance de tous envers tous et s’en nourrit ».

-« Populisme » ou simple volonté de respect de la chose publique ? Marcel Gauchet résume fort bien cette équation entre dégradation et/ou corruption de l’esprit public, prédominance desintérêts privés et défiance vis à vis des gouvernants. Tout en n’indiquant qu’il n’aime pas lemot « élites », mais qu’il n’y en a pas d’autre, il note laréactivation par l’affaire Woerth-Bettencourt d’un « contentieux larvé entre le peuple et les élites » [55]. Selon lui, plutôt querévolutionnaire, le climat de lasociété française est habitépar une révolte sourde et un sentiment de distance radicale à l'égard dupersonnel dirigeant. « Cen'est pas la démocratie en tant que telle qui est remise en question, c'est lamanière dont certains en profitent. Le culte de la chose publique est plusfortement intériorisé en France que partout ailleurs » nous dit-il.« Les gens sont donc très choqués quand les individus au pouvoir secomportent en individus privés. La plus grande faille de Nicolas Sarkozy, c'estqu'il n'a pas le sens de l'institution ». Plus encore, pour GuillaumeMazeau[56],dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde , cette nouvelle forme dedéfiance contre les élites de la République se banalise aujourd'hui bien au-delà des banlieues et despopulations les plus précaires. « Lassés par les dérobades et lestrahisons des puissants, les Français veulent que tombent des têtes [57]»,écrit-il. .

N’est-cepas en retrouvant les vertus fondamentales de l’esprit républicain – liberté,égalité fraternité – que nous pourrons éviter que les classes moyennes,« écoeurées par les abus de pouvoir et l'insolent sentiment d'impunitéaffiché par des dirigeants, écrasées par la précarité et frustrées par la panne de l'ascenseursocial », que les classesmoyennes « ne cèdent aux « aux sirènes d'un anti-élitisme parfois primaire » ? Nous nesommes pas pour notre part dans le « populisme », au sens où celui-ciserait l’exploitation des frustrations et des pulsions.

Dominique Reynié[58], a fait de Ségolène royal l’archétype dudiscours populiste ! C’est tout au contraire en sortant de l’Affaire Woerth « par le haut »,selon les mots de Corinne Lepage[59], qu’on évitera de nourrir le« populisme » ainsi défini. Une telle issue, enfin honorable, supposerait de nouvelles règles definancement politique, la définition en droit des conflits d'intérêt et lerenforcement de l'indépendance de la justice. Ainsi, ne sort-on du « du soupçon que par laclarté » ; C’est alorsque non seulement « le populisme ne sortira pas gagnant de cette affaire,mais (que) la démocratie en sera renforcée ».

QuandGuillaume Mazeau écrit que les années 2010 s'ouvrent sur un climat qui rappelleles crises les plus graves de notre histoire (Crise économique et sociale,haine des élites, chasse des populations ">.

c) Respect du peuple

- Respect de la paroleet de la volonté populaires

L’article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 désigne le titulaire de la souveraineté : en effet, « la souveraineté nationaleappartient au peuple ». Il convientcertes de rappeler l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme et ducitoyen du 26 août 1789, selon lequel « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans lanation » mais plus encore sonarticle 6 qui proclame, d’inspiration rousseauiste, que « la loi estl'expression de la volonté générale » - tout enajoutant que « tous lescitoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à saformation ». La tentative de concilier une doctrine de la liberté politique, héritée de Montesquieu, etune doctrine de la souveraineté démocratique,rousseauiste, est intéressante en tant que« construction juridique » puisque la souveraineté qui appartient au peuple est la souveraineténationale, ce qui implique qu'elle n'est pas une qualité naturelle[62]. Ainsi outre que la loi doive (article 6de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen) : être la « la même pour tous, soitqu’elle protège, soit qu’elle punisse » (voir infra), il est fondamentalque soit assuré le respect du peuple et de sa parole. L’article 3 de laConstitution poursuit en ces termes à propos de la souveraineté : « aucunesection du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice».

Or, que penser du Traitéde Lisbonne, dont le texte ne diffère pas fondamentalement du Traitéconstitutionnel rejeté par référendum en France en 2005, et néanmoins adopté par voieparlementaire en 2008 ? Unnouveau référendum n’eût-il pas dû être organisé ? Pourreprendre les mots de Bastien François[63] :« Force est alors de constater que, de nos jours, il ne reste rien de larelation consubstantielle entre responsabilité politique et confiance. Mêmel'expression du suffrage universel - pensons au référendum européen du 29 mai2005 - s'avère impuissante àinfléchir, ne serait-ce qu'à la marge, les modes d'occupation dupouvoir ».

Durant la campagneprésidentielle de 2007, Ségolène Royal avait souhaité que le peuple français soit à nouveau saisi par référendumà l’horizon 2009. Elle s’étaitengagée à organiser un vote des Français sur lesinstitutions de l'Union européenne sans exclure une renégociation plusprofonde en vue de l’adjonction d’un volet social[64].Le peuple seul peut (re)faire ce que le peuple a défait, ditl’adage ! Obligation éthique,si ce n’est juridique, respect du suffrage et de l’expression populaires, ordrejuste ?

Demême le « respect du peuple » a pu être la thématique d’unatelier-débat de la Troisième Fête de la Fraternité (18 septembre 2010) visantà demander l’organisation d’un référendum sur la réforme gouvernementaledes retraites ; sachant, nous l’avons dit, que le Président de la République avait à plusieurs reprises indiqué qu’il ne reviendraitpas sur l’âge légal de départ à la retraite, et que dès lors les Français nelui avaient pas confié de mandat pour ce faire. S’agissant de la réforme des retraites, l’attitude dugouvernement face à la mobilisation croissante des Français au cours del’automne 2010 est elle aussi particulièrement révélatrice. Absence denégociation, autisme, surdité, mépris, les mots ne manquent pas[65]. Nicolas Domenach évoquait dans Marianne, le 16 octobre 2010,la montée du sentiment d’injustice, l’exaspération face au manque d’écoute, la suffisance du gouvernement face à desmanifestations qui ne seraient« que l’expression du folklore protestataire français »[66], « ce gouffre d’incompréhensionradicale entre un chef d’Etat et ses concitoyens ». Le respect du peuple, supposerait de comprendreque « le peuple français ne se résumepas en une équation publicitaire ni à des soldats de plomb que (l’on) feraitmanœuvrer à sa guise » … Jean-Luc Mélenchon, présent à cedébat de la Fête de la Fraternité, devait publier peu après un livre appelant àla « révolution citoyenne ». Insistant sur le fait qu’il est « républicain », il y exprime son attachement à la démocratie participative et àl'élection. Devaientnotamment débattre sur cettethématique du « respect du peuple » Emile Bréjeon, délégué CFDTHeuliez, et Guy Eyermann, ex-délégué CGT New Fabris, tous deux conseillersrégionaux de Poitou-Charentes. Ainsi, pourSégolène Royal, instaurer et mettre en œuvre le « respect du peuple »permet de rassembler très largement - alter-mondialistes, extrême gauche, socialistes, en passant par les centristes humanistes,et tous les républicains. Nous pouvons y voir un élément crucial de refondation de la gaucheelle-même.

L’article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et ducitoyen du 26 août 1789 qui dispose que « la loi … doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’ellepunisse » apparaît gravementbafoué par les dysfonctionnement de la justice que nous avons évoqués plushaut. La colère monte face àune justice accommodantepour les «puissants » etsans pitié pour les « faibles » ou les « modestes ». Ségolène Royal a pu choisir ainsi dedévelopper le thème de labanlieue et du respect de ses habitants parmi lesateliers-débats organisés au sein de la troisième fête de la Fraternité (18 septembre 2010 à Arcueil), afinde refuser la relégation organisée et la création de sous-catégories decitoyens. Le respect suppose en effet de reconnaître la dignité de l’autre, etplus encore, son égale dignité.

Un nouveau palier a été franchi qui exige le « respect de la République ». Dans son article daté du 12 août 2010,Edwy Plénel [67] noteque le discours de Grenoble du 30 juillet 2010 par lequel Nicolas Sarkozy appelle à la déchéancede nationalité des personnes d’origine étrangère[68] s’attaque au fondement même de la souveraineté : le peuple. « Le peuple,c’est-à-dire tous les citoyens qui le composent, tous ces Français égaux devantla loi quels que soient leur passéet leurs ancêtres, tous ces individus dont la somme fait une nationrépublicaine parce qu’assemblée sans distinction d’origine ». Il apparaîtclairement que constituer deux catégories de Français contrevient gravement àl’article 1er de notre Constitution selon lequel la République « assure l'égalitédevant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou dereligion », voire en annihile la substance. C’est bien notre Nationrépublicaine qu’il faut défendre à présent. C’est sans doute pourquoi SégolèneRoyal a lancé, le 18 septembre 2010, « un appel àrésister[69] et àcontribuer au redressement de la France ».


[1] - voir supra, axe premier, B

[2] - Alain Touraine : la double mort du social– fev . 2010, conférence ERNEST

[3] - voir (extraits): Nicolas Antenat,« Respect et vulnérabilité chez Levinas », Le Portique [En ligne], 11 | 2003, mis en ligne le 15décembre 2005, Consulté le 07 octobre 2010. URL :http://leportique.revues.org/index558.html

[4]- Ce respect entendu comme« non-indifférence à la présence traumatisante de l’autre dans sa radicalealtérité » pose un enjeuéthique : « parvenir à dessiner, esquisserles limites toujours fluctuantes d’un espace dans lequel autrui puissetroubler, rompre notre quant à soi toujours emprunt de raison théorique, desoif identitaire, de Même ». Quel serait le fondement d’une éthique fondée sur le respect del’autre ? L’impératif catégorique kantien suppose de respecter l’humanitédans chaque individu.

[5]- quand l’on joue avec l’égalité républicaine àdes fins électorales : cf. Jean-François Kahn , le voyou de la République,Marianne, le 11 août 2010 : à propos de Nicolas Sarkozy : « aucun interdit d’ordre idéologique ou éthique nele bride, aucun principe transcendant ou aucun impératif moral ne l’affecte,aucun « surmoi » ne l’arrête. Pour conquérir et conserver le pouvoir,il est capable de tout. Absolument de tout ».

[6] - Un Ministre de l’Intérieur peut ainsiaffirmer ne rien connaître d’un fichier ethnique illégal établi par lagendarmerie sur les Roms -Voir : Brice Hortefeux dit n'avoir pas connaissance d'un fichier illégalsur les Roms, Le Monde.fr, 7 octobre 2010

[7]- quand tarde la désignation d’un juge d’instruction pour mener de nouvelles investigationsconcernant d’éventuelles infractions du ministre du Travail Eric Woerth - malgré la recommandation du procureur général près la Cour de cassation

[8]- Jonas propose une nouvelle conceptionde la responsabilité, la responsabilité prospective, qui dit que nous sommesresponsables de nos actions futures- cf. D. Desroches, CVM, 2004

[9] - BernardSève, Hans Jonas et l'éthique de la responsabilité, revue Esprit, octobre 1990.

[10] - En effet, pour Lévinas, « laresponsabilité, sans laquelle aucun respect n’est possible, s’éprouveantérieurement à tout choix, car l’éthique est une exigence infinie » , cf. Nicolas Antenat, op.cit.

[11] - D. Desroches, CVM, 2004

[12] - abordés au travers d’ateliers-débats de la troisièmefête de la fraternité : respect de la banlieue, respect de la République, respect du peuple

[13] - Nous rappelant en fait le scandale des décorations qui sous la IIIème Républiqueéclaboussa le Président Jules Grévy avant de le contraindre à la démission ,elle évoque , au-delà même de l’ impunité totale des plus riches « protégés par un ministre du budget qui est de plus trésorier del’UMP » , « ce qu’on peut appeler un trafic de Légion d’honneurparce que les fraudeurs sont en plus récompensés par la Légion d’honneur».

[14] - dès le 23 juin 2010, lettre aux adhérents de Désirsd’avenir

[15] - Le Nouvel Observateur, 7 juillet 2010

[16] - PhilippeBaumel - Tribune , 25Juillet 2010

[17] - Céline Spector, «Corruption», Dictionnaireélectronique Montesquieu[En ligne], mis à jour le : 14/02/2008, URL :http://dictionnaire-montesquieu.ens-lsh.fr/index.php?id=233.

[18] - Le Parisien.fr, 23 août 2010

[19] - 23 juin 2010, ibid

[20] - cf. Jean-François Copé : "Cela rappelle les propos haineux de Marine Le Pen »

[21] - cf. Réponse à Simone Veil et Michel Rocard, par EdwyPlenel, 6 juillet 2010 :« Quand j’ai vu le titre, «Halte au feu !» , de votre tribune du Mondesur l’affaire Bettencourt, puis lu sa conclusion invoquant «l’intérêt général,principe supérieur à tous les autres» , que recouvre la res publica latine àl’origine de notre mot «république», je me suis dit que vous vous insurgiezcontre la dégradation de l’esprit public qui, aux yeux de tous, sous cetteprésidence, ruine ce bien commun ».

[22]- cf.Philippe Allard, Ségolène Royal condamnele retour à l'Ancien Régime, Le Post, 30juin 2010

[23]- Philippe Chanial, La délicate essence dusocialisme, l’association, l’individu et la République, Editions du Bord del’eau, 2009, page 153

[24] - « contre le retrait dans la shère privée,l’exclusive préoccupation pour l’intérêt personnel »

[25]- Philippe Chanial, La délicate essence dusocialisme…, op.cit., page 155

[26] - Réponse à SimoneVeil et Michel Rocard, EdwyPlenel, 6 juillet 2010, op.cit.

[27] - Les scandales de la République, Nouveau mondeéditions, 2010

[28] - 11 juillet 2010, Sud Ouest.fr

[29] - Pourquoil’affaire Bettencourt est un révélateur national , Edwy Plenel,Mediapart.fr, 27 juillet 2010

[30] - « Refus de toute information judiciaire,multiplication des enquêtes préliminaires, perquisitions et auditions selon sonseul bon vouloir, fuite de procès verbaux vers l’Elysée … » (Pourquoi l’affaire Bettencourt est unrévélateur national , Edwy Plenel, Mediapart.fr, 27 juillet 2010)

[31] - « Si le pouvoir réussit à la faire tairejudiciairement ou à la faire oublier politiquement, l’affaire Bettencourtrestera comme une leçon de choses civique permettant à chaque citoyen demesurer la distance qui sépare notre ordinaire politique des grands principesrépublicains. A l’inverse, si l’affaire Bettencourt réussit à prospérerjudiciairement et politiquement, elle pourrait être la scène inaugurale d’une refondationoù la devise républicaine reprendrait force et vie : liberté, égalité,fraternité... » (Pourquoil’affaire Bettencourt est un révélateur national , Edwy Plenel, Mediapart.fr,27 juillet 2010)

[32] - cf.Jean-Marc Ayrault, nouvelobs.com

[33] - Son blog, 7 octobre 2010

[34]- « C'est le culte du silence et desmanoeuvres qui sont perçus malheureusement souvent comme la marquetraditionnelle et fatale du pouvoir ».

[35] - Son blog , 30 septembre 2010, Marianne.fr

[36] - cf. EdwyPlenel citant à nouveau Jean Garrigues : « Au ressort desindignations populaires face au spectacle de la corruption ou de l’affairisme,on trouve toujours la même réalité soudain mise à nu : «Le goût de l’argent, laconfusion des genres, le mélange des intérêts. » Loin d’être malsaine, lacuriosité qu’ils suscitent recouvre le souhait, parfois sinon souvent déçu,d’un sursaut qui élève et relève la République ( Pourquoi l’affaire Bettencourt est un révélateur national , EdwyPlenel, Mediapart.fr, 27 juillet 2010)

[37] - Philippe Baumel, Tribune , Marianne.fr, 25 Juillet 2010

[38]- Entretien à Contretemps / Radio libertaire, in La double pensée (Flammarion Coll. Champsessais, p. 156-161), http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=753

[39]- « C’est un point sur lequel il … paraît important de s’arrêter uninstant, car la stratégie habituelle des libéraux — surtout à gauche — est detransformer immédiatement toute référence à des valeurs morales en un appel àrestaurer l’ "ordre moral" ou à instituer une sociététotalitaire » - ce que nous avons signalé d’entrée de jeu à propos de l’ « ordrejuste » prôné par Ségolène Royal qui aussitôt fut caricaturé en « ordre moral ».

[40]- En reprenant les termes de Rousseau, onpourrait dire ainsi que dans une société décente « nul citoyen n’est assezopulent pour pouvoir en acheter un autre, et nul n’est assez pauvre pour êtrecontraint de se vendre (Le Contrat social, Livre II, chap. XI) ».

[41]- Il apparaît que l’évocation répétée dans l’actualité desommes exprimées en milliards, montants abstraits s’il en est, lamultiplication des scandales impliquant tel ou tel ministre, en terme de rémunération ou d’avantages indus,la question des « retraites-chapeau », des bonus, du devenir desbanques , mais aussi l’amplitudedes écarts de rémunération mènentà la désagrégation de la possibilité même d’une société commune - celle-cilaissant place à des bullesétanches, des mondes situés aux antipodes les uns des autres, qui ne comprennent plus guère le sensd’un appel à se réunir à l’occasion des élections.

[42] - « Mauss en a d’ailleurs dégagé les conditionsanthropologiques universelles : le principe de toute moralité (comme detoute coutume ou de tout sens de l’honneur) c’est toujours — observe-t-il — dese montrer capable, quand les circonstances l’exigent, de « donner, derecevoir et de rendre ».

[43]-Catherine Chalier, "LaFraternité, un espoir en clair-obscur" , Buchet-Chastel, 2004, Analyse par SophieBouchet-Petersen, , Désirs d’avenir , 17 août 2009

[44] - ibid

[45] - Bastien François, Le préoccupant déclin de laresponsabilité politique dans nos démocraties, Le Monde.fr, 21 juillet 2010

[46]- cf. nos paragraphes : « Il nes’agit pas de développer la démagogie du « n’importe qui peut prendre unedécision» et « Ladémocratie participative entend donner la parole aucitoyen , elle n’exclut pas pour autant le politique ou l’expertise »

[47]- Pour Jean-Yves Camus, le populisme est un système politique dans lequel la démocratiereprésentative est remplacée par la démocratie directe (soumettant toutes lesquestions de société à votation populaire , affaiblissantle pouvoir du Parlement et livrant la loi suivant auxfluctuations de l’opinion et à ses passions (in : La classe politiquefrançaise cède-t-elle au populisme ? , interview, Dominique Reynié etJean-Yves Camus, Nouvelobs.com , 17 juillet 2010)

[48]- Nous avons vu dans notre première partie , à travers les dispositifspicto-charentais, le formidable travail réalisé en amont et au fil du temps : mise à disposition d’outils de réflexion, aide àl’appropriation de la documentation, etc …

[49] - « Mais dans quels termes la poser dans sarelation à la confiance ? », écrit-il, op.cit.

[50]- Justice en douce, le triomphe del'officieux, Philippe Bilger,son blog (7 octobre 2010, précité) et Marianne.fr, 14 Octobre 2010

[51] - « C'est un immense chantier auquel nous sommesdès lors confrontés : celui des mécanismes assurant - et permettant de vérifier- que le pouvoir s'exerce bien conformément à la volonté populaire ».

[52]- Legouvernement devrait se souvenir que la responsabilité politique impose de nepas faire reporter sur autrui les conséquences de ses actes.

[53]- Philippe Chanial, La délicate essence dusocialisme, l’association, l’individu et la République, Editions du Bord del’eau, 2009, pp 138-139

[54] - de la République desassociations proudhonienne

[55] - Marcel Gauchet, "L'affaire Bettencourtréactive le contentieux entre le peuple et les élites", Le Monde. Le17 juillet 2010

[56] - Le Monde.fr, Point de vue , Des leçons deSaint-Aignan, 24 juillet 2010

[57] - « Des caprices des Bleus à l'affaire Woerth-Bettencourten passant par les cigares de Christian Blanc et le jet privé d'Alain Joyandet,les dernières semaines ont été émaillées d'incidents aussitôt convertis en"affaires" aussi accidentelles que révélatrices d'un profond passifentre le peuple et les élites qu'a noté le philosophe Marcel Gauchet »

[58]- La classe politiquefrançaise cède-t-elle au populisme ? , interview, Dominique Reynié etJean-Yves Camus, Nouvelobs.com , 17 juillet 2010

[59] - Médiapart, 2 juillet 2010

[60] - cf. Marcel Gauchet : à propos de ces« élites » : elles « ont une haute opinion d'elles-mêmes et ne se rendent pas comptedu fossé qui les sépare de la population. Elles entretiennent à son égard unmépris bienveillant. Elles veulent son bien, mais elles estiment que leursmérites éminents doivent être récompensés ».

[61]- Fête de la Rose de Frangy enBresse, 20 août 2006 : « Ce que je vous propose, c’est unevéritable révolution démocratique pour construire ensemble la République durespect. »

[62]- cf. Comment la constitution de 1958 definitla souverainete nationale ? par Michel TROPER, http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/documentation-publications/dossiersthematiques/2008-cinquantenaire-la-constitution-en-20-questions/la-constitution-en-20-questions-question-n-5.17354.html

[63] - Bastien François, Le préoccupant déclin de laresponsabilité politique dans nos démocraties, Le Monde.fr, 21 juillet 2010

[64]- « pour que les droits destravailleurs soient pris en considération dans cette nouvelle Europe »(remise en cause statuts de la BCE, salaire minimum européen, etc … ).

[65] - Les manifs vu du bunker de l'Elysée…, NicolasDomenach , Marianne, 16 Octobre 2010 : « sourdset aveugles à ce flux vital de protestation d’abord, puis de rébellion plusvaste encore qui monte des entrailles de ce pays. Mais peu leur chaud ! Fi lesmanants, hi-fi les maroufles et leur jacquerie printanière en automne, forcerestera, veulent-ils croire, à ce qu’ils ont une fois pour toute appelé laraison d’Etat ou encore« l’exigenceimplacable de la réalité des grands équilibres », ce qu’en d’autres temps on appelait la penséeunique et qu’aujourd’hui les masses en mouvement ont rebaptisé « pensée inique».

[66]- « C’est ulcérant à la fin d’entendre répéterd’abord par toutes les belles personnes du gouvernement qu’on vous écoute, etque… rien ne sera modifié. C’est exaspérant d’entendre ces« excellences » ressasser que vous n’êtes que l’expression dufolklore protestataire français, un moment obligé du rituel national «

[67] - Sarkozy contre la République : un président horsla loi, par Edwy Plenel,Médiapart.fr 12 août 2010

[68] - Nicolas Sarkozy,30 juillet 2010 : « la nationalité doit pouvoir être retirée à toutepersonne d’origine étrangère qui aurait volontairementporté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police, d’un militaire de lagendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique »

[69] - Salim Abdelmadjid, Face à l'inacceptable, résister,Le Monde, 4 septembre 2010

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