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Billet de blog 1 févr. 2021

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Jeune migrant en détresse: aidez-nous à garder Madama, menacé d'explusion

Eric a entamé une grève de la faim pour soutenir Madama face à l'obstination de la préfecture depuis ce samedi 30 janvier. Apportez vous aussi votre soutien à Madama face à la Préfecture qui veut faire de lui un clandestin, alors que tout est réuni pour qu'il puisse travailler et vivre en France (lien pour la pétition à la fin du texte).

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Ce message a pour but d'alerter sur la manière dont sont traités les jeunes migrants alors qu'ils ont tous les éléments pour être en règle et poursuivre une vie sereine parmi nous.

Il y a plus de deux ans nous avons décidé d'accueillir deux jeunes Maliens mineurs rescapés d'une traversée en Méditerranée. La Juge pour Enfants a reconnu leur minorité et nous les a confiés en tant que TDC (Tiers Dignes de Confiance) jusqu'à leur majorité. Aujourd'hui, ils font partie de notre vie quotidienne puisqu'ils vivent avec nous.

Après les épreuves endurées lors d'un parcours chaotique depuis le Mali, ils avaient été dans un premier temps pris en charge par l'ASE ( Aide Sociale à l'Enfance) de Haute-Loire. Là, premier obstacle : tout est mis en place pour refuser de reconnaître leur minorité avec des interrogatoires qui les dépassent ( nous avons les documents et les compte-rendu qui sont parfois loufoques mais la préfecture s'appuie dessus) et dont l'objectif est de ne pas les prendre en charge.

Ensuite, il y a la scolarisation. L'un deux a pu entamer rapidement un apprentissage, pour le deuxième ce fut plus long à cause de troubles cognitifs liés à une probable dyslexie. Aujourd'hui, grâce à ses efforts, son investissement il a pu trouver sa voie en souhaitant préparer un CAP d'ouvrier agricole en apprentissage. Depuis maintenant un an nous sommes face à une politique de la préfecture qui refuse de le régulariser. Ce jeune homme est inscrit à l'école, il a une promesse d'apprentissage chez une agricultrice chez qui il fait des stages en attendant une autorisation de travail de la préfecture. Son employeur est très content de lui et n'attend qu'une décision de la préfecture. Il est dans un type d'exploitation ( bio, non mécanisée) qui n'arrive pas à trouver d'apprenti! Il a aidé l'agriculteur chez qui il était en stage au moment du confinement et n'a eu aucun retour en échange malgré les promesses de l'Etat. En fait la politique de la préfecture est de tout faire pour qu'il abandonne ( et nous aussi ) en le décourageant, le plaçant de fait dans la plus totale illégalité, et en le laissant tout au long de ces mois d'attente sans aucune ressource.

Nous vivons la manière dont l'Etat fabrique des clandestins ! Ainsi, en novembre 2020 les autorités nous disent que nous allons avoir en décembre une réponse.... que nous n'avons pas eue ! En décembre 2020, les autorités nous disent que nous allons avoir une réponse début janvier 2021, réponse que nous n'avons toujours pas à cette date (1/2) ! Les entretiens avec le jeune homme et la préfecture sont biaisés, pour le piéger ! Ce jeune homme est soutenu par des courriers ou des appels par son employeur, le directeur et les enseignants de son école, des élus locaux, des syndicats de l'Education Nationale et même l'évêque du Puy. L'attitude de la préfecture lui a déjà fait perdre une année scolaire, et en février son employeur n'aura plus droit à l'aide exceptionnelle à l'apprentissage promise l'an dernier avec le confinement.

La semaine dernière, enfin, la presse locale s'est fait l'écho de nos préoccupations. Et c'est à la presse, avant même d'en informer l'intéressé, que le préfet a annoncé que Madama allait être expulsé... Le prétexte : les papiers d'identité fournis n'auraient pas la qualité requise. La préfecture cherche surtout à se dédouaner et à justifier... l'injustifiable.

Ce message n'est qu'un cours résumé de cette situation et des procédés de l'ASE et surtout de la préfecture . Jusqu'à présent nous n'avons pas médiatisé l'histoire de ce jeune homme qui vit toujours avec nous et supporte avec une force étonnante ces pratiques. 

Nous espérons que le fait de faire connaître ce cas peut permettre à Madama et à d'autres jeunes migrants comme lui d'obtenir le droit de travailler et de vivre en France. Sinon, il ne restera à Madama rien d'autre que la clandestinité, ou le désespoir...

D'avance merci de votre aide.

Véronique de Marconnay et Eric Durupt

Contact : soutienmadama@gmail.com

Pétition pour soutenir Madama

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