La politique d'immigration "du pays des droits de l'homme", du moins ce qu'il en reste.

Signataire de la pétition lancée par Médiapart « Nous ne débattrons pas », Mr Peillon a refusé de venir débattre hier soir sur le plateau de « A vous de juger », avec Mr Besson du débat sur l’identité nationale. Par cet acte, le responsable socialiste semble vouloir montrer que le PS comme beaucoup de forces de gauche est prêt à se mobiliser et à s’engager pour s’opposer à ce débat. Disparitions, lui aussi, refuse ce débat et continue à œuvrer par ses témoignages pour révéler la réalité de la politique de Mr Besson dans notre pays.

Tout commence le 20 avril 2008 a 19h30 un coup de fil sur mon téléphone c'est le commissaire de saintes, il m'annonce que C mon compagnon a été arrête a la suite d'un contrôle routier a Nantes ou il était allé cherché une nouvelle voiture ,et qu'il passerai la nuit en garde a vue car sa carte de séjour est périmé ,mais a l'entendre ce n'est pas ça le plus important ,il me dit que dés le lendemain lundi il vérifierai l'assurance de la voiture et que C pourrai rentrer à la maison. Je n'ai pas pu parler directement a C , donc je raccroche assez perturbée mais confiante car pour moi, c'est juste un problème d'assurance, et C rentrerai le lendemain car je suis enceinte de 4 mois et il a avec lui la reconnaissance anticipée que la préfecture nous a demandé de montrer en cas de contrôle.

Le lendemain lundi matin le commissaire me rappelle pour soit disant me demander quelques informations sur nous et sur mon identité .Je lui explique que nous habitons ensemble et que nous sommes ensemble depuis bientôt 4 ans et que j suis enceinte donc lui il me dit je vous cache pas que si je vous demande tout ça c'est que ça peut l'aider. Je raccroche et la je commence a un peu flipper, je comprenais pas, je me dis l'aider à quoi, pourquoi..??? Sur le coup je voulais pas vraiment croire qu'il parlait d'expulsion. Mais quelques heures plus tard je suis bien obligés d'admettre la réalité car cette fois monsieur le commissaire m'annonce que C sera conduit dans la soirée au centre de rétention de Toulouse, j'ai fondu en larmes et la il me dit :"ça va aller ,je vous comprend moi aussi j'ai des enfants ,mais bon il reviendra quand son enfant sera né" A l'écouter ,je comprenais plutôt " bon arrêter de pleurnicher ce n'est pas bien grave, vous allez vous en remettre" je raccroche et la c'est l'effondrement total.

Jeudi 24 c'est le jours de l'appel au Tribunal Administratif à Toulouse je décide de prendre le train et d'y aller pour pouvoir expliquer encore qu'on es bien ensemble et que je suis enceinte de lui et que moi et ma fille nous avons besoin de lui, j'avais promis à ma fille que je lui ramènerai C le soir même. Promesse que je n'ai malheureusement pas pu tenir; car Monsieur le juge a rejeté l'appel. j'ai repris le train les larmes pleins les yeux, et dans ma tête la décisions du juge qui résonnait encore. Et la je me dit que tout est fini, jusqu'à que mon téléphone sonne c'est Les amoureux au ban qui me contacte a la suite de mon témoignages que j'ai laissé sur le site. Une petite lueur d'espoir revient et pendant les 2 jours qu'ils restent avant l'expulsion de C, nous remueront ciel et terre pour bloquer l'expulsion, mais rien n'y fera le 30 avril 2008, l'avion a décollé a destination du Bénin en emportant celui que j'aime. Aujourd'hui, j'ai un petit garçon qui n'a jamais vu son papa et une petite fille qui me demande tout les jours quand C reviendra. Et je lui réponds que bientôt il sera la, car je ne baisserai jamais les bras, car l'amour gagne toujours. Et je tiens à préciser que tout cette histoire se passe dans "le pays des droits de l'homme".

http://www.disparitions.eu/

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