10 ans de scolarité en France pour une expulsion expresse: L'autonomie des universités bafouée par l'autoritarisme policier

Au jeu des réflexions xénophobes, voire raciste, l’UMP domine les débats. Après Nadine Morano, c’est au tour de Jean Claude Gauguin de faire honte à notre pays : « "Nous nous réjouissons que les musulmans soient heureux du match, sauf que quand après ils déferlent à 15 000 ou à 20 000 sur la Canebière, il n'y a que le drapeau algérien et il n'y a pas le drapeau français, cela ne nous plaît pas" a-t-il déclaré lors d’un débat sur l’identité nationale, en présence de Mr Besson. Disparitions est scandalisé par ce genre de déclarations émanant de responsables de partis politiques républicains et démocratiques. Malheureusement ils ne font que collaborés une politique d’immigration toujours plus dure face aux sans-papiers, comme le rappelle ce nouveau témoignage.

Jean, étudiant camerounais à l’université Paris 8, a été arrêté suite à un contrôle d’identité à la gare d’Annemasse en août 2008. Au terme d’un enfermement en centre de rétention de quatre semaines, Jean a été emmené la nuit du 11 septembre à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, puis attaché à son siège d’avion, et expulsé vers un pays autoritaire qu’il n’avait pas revu depuis dix ans. Jean était arrivé en France il y a dix ans, à l’âge de 14 ans. Depuis son arrivée, il a toujours été scolarisé ; d’abord dans le secondaire, dans la région nantaise, puis à l’université Paris 8. Il obtient en 2003 un baccalauréat série Sciences économiques et sociales avec mention. Bachelier, il commence une licence Eco-gestion à l’université Paris 8. Il était, avant son expulsion, en troisième année (L3), titulaire d’un titre mention « étudiant » que la préfecture a décidé ne pas renouveler en novembre 2007. Ce faisant, la Préfecture s’est opposée à l’Université qui avait accordé à Jean le droit de poursuivre ses études. En quelque sorte, la Préfecture se substitue aux professeurs pour juger de la qualité de leurs élèves. L’autonomie des universités ne pèse pas lourd face à l’arbitraire policier.

Témoignage recueilli sur le site de RESF : http://www.educationsansfrontieres.org/?article15377

http://www.disparitions.eu/

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.