Jérôme Guedj, la fierté de la gauche

J'ai vu sur le plateau d'On n'est pas couché samedi soir un fiévreux amoureux de la République, de la laïcité; de la justice sociale. Une aspiration inébranlable pour le progrès.  Prêt à résister face aux haussements des épaules ou des regards sous-estimant l'ambition déterminante de continuer à tout faire pour que la vie soit meilleure pour tout le monde. Bref, un homme de gauche.

 

Les lumières plus braquées sur lui ne lui font pas oublier ses convictions profondes de toujours. Elles ne fondent pas au contact des lasers comme les ailes d'Icare. Bien au contraire, Jérôme Guedj  utilise ces lumières pour faire davantage rayonner les boucliers protecteurs contre les injustices et les inégalités que sont les services publics et la protection sociale. Et rappeler à chaque fois que le progrès social ne peut se faire sans la force de l'unité de la gauche.


Chaque lumière, chaque micro tendu, chaque prise de parole est une occasion pour marteler son attachement aux acquis  sociaux dont fait partie le service public.Obsessionnelle? Il y en a bien qui sont obsédés par la réduction du droit de travail. Etrange! ceux là ne sont pas aussi appelés dogmatiques.  On ne peut pas reprocher à un homme se revendiquant fièrement de gauche de défendre bec et ongle les belles réalisations de l'histoire de la gauche. On reproche souvent aux politiques de retourner leur veste.Non lui il ne renonce pas

Les promesses non tenues des élus sont souvent décriées et présentées comme le motif de méfiance envers les politiques. Jérôme Guedj lui le dit, il est le dernier des hollandais, il a fait campagne pour François Hollande. Quand des mesures sont fidèles au programme présidentiel qu'il a défendu devant les électeurs il les soutient. 

Accéder au pouvoir ne doit pas faire oublier ses engagements bien au contraire. Le pouvoir doit être l'aboutissement des engagements.

La gauche au pouvoir n'est pas une simple étiquette ou une jolie rose dans un jardin s'étirant au soleil. La gauche au pouvoir a le devoir de mener le progrès social. C'est pour cela que Jérôme  Guedj a raison d’être exigeant. De porter un regard constant critique. C'est parce qu'il aime la gauche, parce qu'il veut sa réussite qu'il porte des critiques constructifs.

Ses propositions  ne poussent pas sur des nuages flottants mais du contact justement avec la réalité

"Je ne me résigne pas" de Jérôme Guedj fait écho à la phrase de Léon Blum "On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire : « Bah ! c'est l'ordre des choses ; il en a toujours été ainsi, et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce soi-disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité, de solidarité qui vit en nous."

Dans une ambiance de discours où on entend des chiffres et des courbes occultant des personnes vivant dans la précarité, la misère, la détresse sociale, les incertitudes des lendemains, il est bon d'entendre les notions de dignité humaine, d'émancipation.


Ardent défenseur du code du travail, Jérôme Guedj expliquait dans un texte publié sur Médiapart son vote contre l'Ani « ce qui doit constituer la boussole de tout parlementaire socialiste : la protection des salariés et la défense du code du travail. Bref, d’être le législateur de 100% des salariés, garant de l’intérêt général et de notre exigence républicaine qui, si elle respecte la démocratie sociale, demeure fidèle à  la centralité du suffrage universel et du peuple souverain.

Face à Léa Salamé, Aymeric Darmon, Gérard Darmon il ne désarme pas.Il tient un discours constant. Il continue à défendre bec et ongle le modèle social français. Préserver les acquis et toujours continuer l'ambition à aller plus loin dans le progrès social. Ce n'est pas un caprice dans ce bas monde de vouloir créer les conditions de bonheur pour tous.

On reproche à juste titre à la gauche d'oublier la culture. Sur le plateau d'On n'est pas couché;  cocasse d'avoir le politique mettre plus en avant la culture qu'un Gérard Darmon.  Le tout-consommation n'est pas un modèle de société. La richesse n'est pas seulement dans le porte-monnaie mais aussi dans le savoir, la réflexion. Une société ne peut pas seulement être régie de relation d'échange argent contre marchandise mais ce sont aussi les discussion, le rassemblement dans les engagements associatifs, le partage des émotions dans le temps culturel. Apprendre; comprendre, élargir ses connaissances.

La culture et l'éducation ont toujours été le meilleur rempart contre l'obscurantisme. Ici, ailleurs ; hier ; aujourd'hui, c'est un principe indémodable immuable. « L'inégalité d'instruction est une des principales sources de tyrannie. » disait Condorcet. Ailleurs ; on voit une Malala et son amour de l'éducation bien plus efficace contre les talibans que les drones. On le sait, un esprit éclairé et émancipé est la pire crainte des fondamentalistes. Ce n'est pas pour rien si la culture et l'éducation sont les premières victimes de l'action du fascisme.

L'éducation comme priorité et la bibliothèque le dimanche comme nouveau service public sont de belles réponses de Jérôme Guedj face au traumatisme des attentats de Charlie Hebdo et de l'épicerie hypercacher.

Laurent Ruquier sourit quand Jérôme Guedj parle d'échec quand des étudiants doivent travailler pour payer leurs études. Mais oui l'exigence à gauche c'est estimer que l'éducation est un droit pour tous et donc être accessible à tous.

Gerard Darmon parle de bon sens pour défendre le travail du dimanche et de dogme pour critiquer la position de Jérôme Guedj.

C'est la petite musique actuelle qu'on colle aux fidèles des conquêtes sociales, les qualifier de dogmatiques et d'archaïques. Quelles sont les avancées de la loi Macron? 

Est il normal d'instaurer cette nouvelle inégalité entre ceux qui auront les moyens d'avoir leur dimanche tranquille quand d'autres devront travailler. Et pour un résultat pas meilleur car comme le dit Jérôme Guedj le bien acheté le dimanche ne sera pas acheté le lundi. Que des sacrifices du bien humain pour un résultat économique si médiocre. Et il n'y a pas d'économie bonne quand celle-ci transforme l'être humain en son serviteur corvéable.L'économie doit être pour le bien être pas pour le mal être. Elle doit constuire des vies meilleures et non pas les détruire. 

Bienvenue dans l'angle alpha à l'affiche actuellement au theâtre de la manufacture des abbesses mise en scène par Judith Bernard et inspiré par l’essai philosophique «Capitalisme, désir et servitude», de Frédéric Lordon pointe cet opposition entre le droit des consommateur et des salariés et ces derniers sont les perdants de cette opposition. L'esprit républicain suppose l'égalité des droits. Pas de catégorie supérieure à une autre.

Faciliter les embauches en facilitant les licenciements? Logique pas pour tout le monde.

Jérôme Guedj a raison de dénoncer le projet de faciliter les licenciements en période de chômage alors le discours politique passe son temps à faire de lutte contre le chômage sa priorité. Mais la lutte contre le chômage ne doit pas permettre d'avaler la régression sociale. Le droit au travail n'a pas à être opposé au droit du travail.

Selon Léa Salamé, ce ne serait ni de droite ni de gauche la logique de faciliter les embauches en facilitant les licenciements. Non une telle logique n'est pas de gauche. Je revendique ma différence avec cette logique. Quand on est de gauche, on défend la protection des droits des salariés ; leur respect ne sont pas des détails. Une économie marche mieux avec des salariés bien traités et respectés que des salariés stressés et inquiets pour leurs demain. Mais quelle société affreuse où on vous jette du jour au lendemain. Non ce n'est pas mon modèle. Et le respect des êtres humains ne sont pas une caprice même dans le lieu du travail. Le travail doit être un instrument d'émancipation et non d'avilissement. Utopique ? On a toujours traité les idéalistes d'utopiques. Et combien d'utopies se sont révélés réalistes et réalisables

Instituer la République, c'est proclamer que les citoyens des grandes nations modernes, obligés de suffire par un travail constant aux nécessités de la vie privée et domestique, auront cependant assez de temps et de liberté d'esprit pour s'occuper de la chose commune disait Jaurès

Quand Jérôme Guedj critique le travail du dimanche face à Caron et Darmon, il reste fidèle au modèle social porté par la gauche française.

Le progrès comme la régression sociale se fait pas à pas. Et donc Jérôme Guedj a raison de se méfier des érosions de l'édifice du progrès social.

"Quand on commence, je ne sais pas quand on s'arrête". Jérôme Guedj est dans son rôle d'homme de gauche d'être extrêmement prudent à la protection sociale.


Quand à la question du terrorisme, je sais bien que son terme "co-responsable" qu'il a utilisé dans l'émission a fait sursauter.

Jérôme Guedj est signataire de la pétition      Laïcité : il est temps de se ressaisir ! L’appel de « Marianne » avant la sortie critique de Malek Boutih ; Il dénonce les compromis avec la laïcité.

Je ne vois pas quel est le mal de se poser la question que faire à son échelle pour éviter les drames. Dire celà n'est en rien dédouaner les "salopards" assassins. Mais comme il n'y a pas de résignation devant l'injustice, devant l'inégalité, il n'y a pas non plus de résignation dans le terrorisme.  Je préfère un Jérôme Guedj prenant toutes les précautions de se poser de questions que les  aveugles enfermés dans leur certitudes.  Quand des drames arrivent, le minimum à faire c'est de réfléchir sur les défaillances et y répondre. Jérôme Guedj porte bien le mot responsable politique.C'est louable qu'il se pose la question lui en tant que politique que peut-il faire pour éviter de tels drames. 

Dogmatique ? Sectaire ? Langue de bois. Non rien de tout ça Jérôme Guedj choisit la clarté même quand elle est incofortable.  C'est si facile de se contenter de surfer sur le succès de Syriza. Non son exigence est pour tout le monde. Le militant pour l'égalité qu'il est intraitable contre tout ce qui met en scène des idées anti-républicaines comme faire alliance avec un parti de droite. ça serait si simple de rester dans les raccourcis confortables. Pas de caricature chez lui. Toujours la nuance précise apprécier quand il y a lieu, critiquer quand il y a lieu."Les principes ne sont pas monnayables " "C'est important les valeurs en politique".

Il n'est pas dans le triomphe  arrogant. La courtoisie reste de mise. Pas de politique politicienne mais un féru du débat politique, des échanges d'arguments sans attaques de personne. On le voit dans sa réaction de commentaire sur Henri Guaino. Il va même défendre son adversaire politique. C'est la grandeur d'un républicain de respecter les autres même si on ne partage les opinions. Et tant mieux. Le débat est toujours salutaire.

Injonction stérile autour de question lancinante il doit quitter le parti socialiste quand il répète que sa place est au parti socialiste. C'est cohérent qu'il reste au Parti Socialiste lui qui continue à être fidèle au programme présidentiel voté par les militant(e)s socialistes. Question facile, vous avez des critiques, quittez le parti socialiste .Comme si c'était une armée. Non le débat est salutaire dans un parti. Il a raison de défendre l'ancrage à gauche du Parti Socialiste.

On ne peut pas lui reprocher d'être attachée aux fondements de la gauche.  Que la gauche soit à l'opposition ou au pouvoir, il reste constant.  Bizarre que les commentateurs de ce plateau n'ont pas souligné les contradictions de certains qui aujourd'hui sont au pouvoir mènent des réformes qu'ils combattaient à l'opposition. Jérôme Guedj;, lui est fidèle et c'est à son honneur.

Il résiste au discours ambiant voulant rendre archaïque et dépassé ces biens qui sont le service public et le code du travail. Ces conquêtes arrachées au prix des luttes qui font la fierté de l'histoire de la gauche, elle qui a toujours été dans l'histoire l'aboutissement politique des luttes sociales. Une réforme de gauche ne peut être un recul. Elle ne peut qu'être progrès.

Jérôme Guedj, c'est la fierté d'être de gauche. Sa fidélité inébranlable au progrès social, son constant engagement exigent et militant sont la fierté de la gauche française. En tout cas, la mienne.






 


 



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