C'est un enfant qui apprend à faire du vélo. Regarde, maman, je fais du vélo sans les pieds. Regarde, maman, je fais du vélo sans les mains. BOUM ! BADA-BOUM ! Regarde, maman, je fais du vélo sans les dents.
À l'approche des JO de Paris, j'ai demandé à Quentin ce qu'il comptait faire, cet été, pour en profiter tout en évitant la cohue. Il m'a répondu que, pour se faire un peu d'argent, il allait louer son appartement HLM dans la campagne bretonne à des mordus de sport. Et quand je me suis enquis de sa destination de repli, il a souri : Ben, je vais me la couler douce... dans un grand hôtel, à Paris, bien sûr !
Il n'a pas fallu plus d'une semaine pour que je reçoive mes chaussures de Taï-Chi en provenance de Chine. Dix euros pour arriver à pieds par la Chine : ça c'est un tour de force !
Je crois que je vais me mettre au sport. Quelle discipline ? Ben, le tetrathlon. C'est nouveau ? C'est quoi les épreuves ? Apnée du sommeil, ronds dans l'eau, vélo sans selle et tir de pétards....
De la même façon que certains homosexuels cherchent, parfois, à séduire des hétéros de leur sexe, comme s'il s'agissait d'un challenge ou d'un défi, un bon nombre de psychiatres ne prennent du plaisir à exercer leur art que pour soigner des patients tout à fait sains d'esprit.
À défaut de laisser mon empreinte dans l'histoire littéraire, et d'accéder à la postérité, comme j'en rêvais en commençant à écrire, il y a déjà très longtemps, et résigné depuis toujours, ne comprenant rien à l'argent et me fichant pas mal de ma réputation, à faire sans la prospérité, je crois que je vais me contenter, puisque je m'y suis bien habitué, de cette stricte et rigoureuse austérité, qui me tient lieu, à la fois, de mode de vie et d'art de vivre.
Santangelo