D'aucuns pensent, dans mes campagnes, qu'écrire ce n'est que de la masturbation intellectuelle. Ils croient que je me branle, tout le jour durant, et m'attribuent, par manque d'imagination, ou par excès de puritanisme, des tas de vices inavouables, des tares monstrueuses, des péchés capitaux. Mais, pour écrire quelque chose qui 'tienne la marée', il ne suffit pas de s'astiquer, serait-ce avec une science inouïe, un raffinement de Geisha ; pour faire littérature, et donner à sa propre histoire un caractère digne d'intéresser le lecteur, afin de justifier cette prétention folle qui anime tout écrivain, il faut être capable de se fantastiquer...
Quand il fait soleil, les lunettes sont sales.
Il existe deux manières de manger une crêpe. Deux façons de faire radicalement inconciliables, deux pratiques qui s'excluent l'une l'autre, révélant des modes de vie et des philosophies que tout oppose, mettant à jour des conceptions de l'humanité et, pourquoi le taire, des idées de Dieu et du sacré, qui n'ont rien de commun. Il s'agit de choisir, devant la pliure traditionnelle, face à ce plat d'une simplicité désarmante dans sa triangulation, qui nous vient de la plus lointaine Antiquité, de choisir par quel bout commencer : la pointe ou la partie évasée ? Les premiers sont des gourmands, des jouisseurs, des adeptes des plaisirs, des épicuriens ; dans le groupe des seconds, qui désirent garder le 'meilleur pour la fin', on range les peine à jouir, les rabats-joie, les mesquins, les avares. Ceux qui aiment la fougue de la jeunesse, et capitulent sous l'effet de leurs désirs impérieux, et ceux qui espèrent s'assurer une vieillesse paisible, en récompense de leur austérité. Pour ma part, je ne mange plus de crêpes depuis longtemps. Peur de me faire retourner ?
Prendre du pain / Chercher du tabac / Acheter du saucisson
Prendre une douche / Chercher un slip propre / Acheter une brosse à dents
Prendre froid / Chercher la solution / Acheter un chauffage d'appoint
Prendre la fuite / Chercher refuge / S'acheter une virginité
Cet hiver, malgré une propension au 'cocooning' - quand il fait froid, ou qu'il pleut - qui s'aggrave l'âge venant, j'ai cru remarquer, malgré un sens de l'observation peu développé – qui résulte de la tendre l'enfance – que le poncho, à la mode péruvienne, était de nouveau très 'tendance'. Mais, que peuvent-ils pour m'épauler, dans ma guerre sans merci contre les moulins à vent, tous ces 'Ponchos-Sans-Chat' ?
Santangelo