Entre la neige lundi, le verglas mardi et la tempête jeudi, difficile de profiter comme il aurait fallu des cadeaux de Noël. Mais, le temps de fumer les miettes des fonds de paquets, et de repérer la fenêtre météo, j'ai réussi à avaler les dix kilomètres qui me séparent du bureau de tabac le plus proche, avant de jeter un œil sur les livres que j'avais reçus. C'est comme ça : depuis que je conseille des lectures à tout le monde, on m'offre des livres à Noël. J'ai donc parcouru avec humilité le « Dictionnaire des monts d'Arrée », une énorme somme sur le petit pays où je vis depuis déjà neuf ans. Entre sociologie, histoire, géographie, entre traditions et folklore, un portrait de ce petit territoire qui englobe une quinzaine de communes rurales, entre landes et tourbières, bruyères et ajoncs, au sommet de la Bretagne, et à nul autre pareil. Il est trop tôt pour émettre un avis, mais j'y reviendrai, forcément. D'un autre côté, un petit roman graphique, qui a déjà beaucoup fait parler, mais qui m'avait échappé : « Zaï Zaï Zaï Zaï » de Fabcaro. Un road movie complètement déjanté, qui narre la fuite en avant d'un auteur à travers le pays, traqué par la police (et les journalistes) après avoir voulu acheter un poireau au supermarché, alors qu'il n'avait pas sa carte du magasin. Une idée par case et des éclats de rire à chaque page. Là-aussi c'est le portrait d'un territoire et de ses habitants – la France et les Français en l'occurrence. Les monts d'Arrée ont la réputation d'accueillir, depuis toujours, des marginaux, des originaux, des rêveurs, des artistes. Mais en opérant une première lecture croisée, force est de constater que la France de l'Intérieur est dans un état psychique général encore plus troublé que mon petit coin de montagnes finistériennes. Folie douce ou psychose collective ? À tenter de savoir qui délire le plus, on va vraiment finir par basculer dans le grand n'importe quoi psychiatrique. Mais, à ce petit jeu, j'ai l'expérience pour moi.
Ça veut dire quoi, une croix de Malte sur le bouchon du réservoir d'une break ?
« Tu joueras avec nous, que tu le veuilles ou non ! »
La semaine dernière, en plein cœur de la nuit, je me suis réveillé en pleurs. Dans mon sommeil, j'avais pleuré à chaudes larmes, mais je ne me souvenais pas pourquoi. Juste le temps de m'essuyer dans les draps, et me voilà déjà rendormi. Et, quelques minutes plus tard, à nouveau le réveil arrosé de sanglots. Ai-je le sommeil triste en vieillissant ?
Il existe un moyen simple pour apprendre aux enfants la durée des mois de l'année : 30 ou 31 ? Il suffit de compter sur les os qui forment la jointure des doigts avec la main, et de compter sur les deux mains, en commençant par la phalange de l'auriculaire gauche, dans l'ordre et en omettant les pouces. Une bosse pour un mois de 31 jours, un creux pour un mois de 30 jours. Et on arrive en juillet sur la main gauche, suivi d'août sur la main droite. Deux mois de 31 jours qui se suivent. Mais, je viens de réaliser que ce moyen mnémotechnique, que j'utilise depuis l'enfance, a une faille : que dire de janvier qui suit décembre ?
Lorsqu'un truc, qui d'ordinaire fonctionne, ne marche pas, on peut toujours faire le contraire.
Santangelo