Ça avait débuté par La Plaisanterie, chez ma tante, sur la petite bibliothèque de son F3 de secrétaire de direction, en 1990. Je découvrais la ville plutôt que de suivre des études chaotiques. J'étais bluffé par ce drôle de début ; c'est le commencement de mon histoire avec Milan Kundera. Je tentais de sortir de L'Ignorance, avec Une Rencontre. Mais, à chaque fois, ce n'étaient que Risibles Amours, qui se terminaient toutes en Valse aux Adieux. Toujours la faute de L'Insoutenable Légèreté de l'Être. L'amour était-il possible, derrière l'ironie ? Moi aussi, je voulais l'écrire Le Livre du Rire et de l'Oubli, pour faire de ma vie une œuvre, à défaut de la réussir. À chaque fois, pourtant, le même procédé, à défaut de L'Art du Roman. À chaque fois, Jacques et son Maître ; l'impasse formelle. Je me suis accroché. Durant toutes ces années. À l'ombre du plus français des Tchèques, aussi étranger que lui dans mon pays. Et c'est avec La Lenteur que je rêvais à L'Immortalité. Ce ne fut que Les Testaments Trahis ! Et, tous les jours, tous les soirs, toutes les nuits, durant toutes ces années : La Fête de l'Insignifiance. Où avais-je donc rangé L'Identité ? Peut-être derrière Le Rideau...
Ce qu'il reste de ce grand amour ? Des titres de livres, quelques souvenirs de lecture, de vagues impressions. Mais pas seulement. Sans doute aussi un certain regard sur le monde, une certaine distance, un rire certain. Et, malgré les leçons du maître, comme pour m'en affranchir, sans le renier, la croyance persistante que le lyrisme peut survivre à la lucidité, parce que La Vie Est Ailleurs.
Vais-je finir par sombrer dans le Kitsch absolu ?
Santangelo