E : Voyez-vous ça... Il y en a qui se croient vraiment tout permis !
A : Pardon ? C'est à moi que vous vous adressez ?
E : Tu ne sais pas qu'il faut porter un masque ?
A : Vous n'aimez pas mon beau visage ?
E : Mais t'es un teubé !
A : C'est quoi un teubé ?
E : C'est quelqu'un qui a une bite à la place du cerveau.
A : Je préférerais avoir ton cerveau sur ma teub...
E : Dans tes rêves !
A : Ce qui tendrait à prouver que j'ai un cerveau et que je suis libre...
E : On le connaît le discours des gens comme toi... ça ne veut rien dire du tout !
A : ça ça tendrait à démontrer que c'est toi qui n'a pas de cerveau...
E : ???
A : Tu veux ma teub à la place ?
E : Pourquoi ? Je te fais bander ?
A : J'aime les femmes intelligentes...
E : Moi aussi...
A : On a les mêmes goûts... Ce serait dommage de se fâcher... Repartons d'un bon pied !
E : Tu te crois au début d'un film américain !
A : Mais tu pleures ?
E : J'ai une poussière dans l'oeil...
A : Mon œil !
E : Non, le mien !
A : T'es une fée...
E : C'est quoi une fée ?
A : C'est quelqu'un qui a des étoiles dans les yeux...
E : Ne me regarde pas ! Et baisse la tête !
A : Je ne vois rien d'inquiétant...
E : Tu ne sais même pas que les yeux sont les fenêtres de l'âme ?!
A : C'est quoi l'âme ?
E : Achète des mots !
A : On ne peut plus rien dire...
E : Ne me regarde pas !
A : je ne vois toujours rien, madame...
E : T'es vraiment un teubé !
A : C'est toi qui vois...
E : Tu me laisses le dernier mot ?
A : J'ai la gorge sèche...
E : Et bien vas-y ! Crache-la ta Valda !
A : Non, ce n'est pas ça... J'ai juste envie d'une bonne bière...
E : ça existe encore des gens comme ça ?!
A : Des gens comment ?
E : Mais des gens qui n'ont que des couilles, et c'est tout ! Pauvre teubé !
A : Et oui, pauvre... J'ai jamais gagné ma vie avec mon cul...
E : Mon cul !
A : Mais non, je vous assure...
E : Tout le monde vend son cul, un jour ou l'autre...
A : Combien tu veux ?
E : Trop cher pour toi !
A : De toutes façons j'ai pas envie... Je la remets dans mon cerveau. C'est là qu'elle a le plus chaud...
E : Teubé !
A : Connasse !
E : C'est que ça serait méchant, ces bêtes-là... Manquerait plus que ça morde !
A : Tu mériterais des baffes !
E : Cette fois j'appelle la police ! À moi ! Il y a un fou qui m'agresse !
A : Je m'en vais...
E : N'oublie pas ton cerveau !
A : Oublie ma teub ! Tu ne pourrais rien en faire...
E : Je n'en ai jamais voulue...
A : Adieu !
E : Pourquoi pas : « à Déesse » ?
A : Pourquoi vous avez voulu me parler ?
E : Je me sentais seule... Mais ça va mieux...
A : Salut !
E : Tu ne voudrais pas me laisser ta teub, un jour ou deux ? Tu me donnes envie de m'amuser toute seule...
A : Pourquoi pas un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires ?!
E : Encore un qui croit que les femmes sont justes bonnes à faire des enfants...
A : Je n'en ai jamais voulus...
E : Tu iras au paradis des teubés !
A : Vous voulez ma mort ?!
E : Ta vie ne vaut rien !
A : Tu veux un tour de magie ?
E : Quoi encore ?
A : Je te baise et tu disparais...
E : Complètement teubé ce mec !
Il s'en va en sifflotant l'air de la Bohème de Carmen.
Après deux pas, son mégot de cigarette tombe parterre.
Il se retourne. Sur le t-shirt de la femme, une inscription qu'il n'avait pas remarquée : « Je suis une femme libre ! »
Santangelo