Saul Santangelo

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Billet de blog 16 avril 2023

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Sur un Air de Campagne (392)

Qu'est-ce que vous voulez, encore ? Je l'ai déjà dit : il n'y a pas "d'affaire Santangelo" !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le Container © Santangelo

Depuis que l'on apprend la mort des gens par Internet, on n'arrive plus vraiment à y croire ; comme s'ils partageaient toujours notre monde - devenu cimetière pour l'éternité.

Ah ! Vous l'aviez remarqué aussi ? Les chauves ont tendance à disparaître.

Dans mes campagnes, beaucoup de gens choisissent de finir en cendres, pour achever leurs vies. Ils réunissent autour de leurs dépouilles - dans des salles dédiées, où la pierre et le verre ont chacun leur rôle - leurs familles, leurs amis, leurs entourages, qui se recueillent en silence, chantent des chansons, baissent la tête et lisent de petits discours solennels, griffonnés dans l'urgence de la perte, pour rendre hommage aux mérites du défunt – le tout avec l'esprit de sérieux qui convient à la situation. Carnavals d'enterrement ? Simulacre ? Ou soif de spiritualité empêchée par le nihilisme ambiant ? Les mêmes sont persuadés que l'euthanasie est du côté de la vie, et non de la mort. Tous haïssent les images de mort, diffusées à l'envi, sur les écrans, mais en viennent à la chérir, devant l'obstacle. Et certains seraient même prêts à tuer, pour défendre leurs positions « pro-vie. »

Alors que l'on signale, dans le journal, depuis quelques mois, le grand retour des loups, dans nos campagnes, c'est fou le nombre d'individus qui se croient investis de la mission de ramener les brebis égarées dans le droit chemin... Mais, alors que ceux-là prospèrent, il n'y a plus personne pour observer qu'il n'y a plus de bergerie.

À l'instar du verdict du tribunal, du « je vous déclare mari et femme » du maire lors du mariage, ou du diagnostic du psychiatre, qui, tous trois, font d'une parole une vérité tangible et l'inscrivent, simultanément, dans le réel, on est en droit de se demander si le coming-out est, lui aussi, performatif...

Par goût de la fantaisie, je ne commence jamais à manger à la même heure, chaque soir. Mais, puisqu'il faut bien faire preuve d'un peu de discipline, dans une vie de célibataire, je finis mon dîner, tous les jours, à 19 h 28. Pétantes !

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, je ne peux m'enlever de l'esprit, que le vol vibrionnant de celles que j'ai aperçues hier, autour de la fontaine, annonçait, réellement, un futur radieux.

Santangelo

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