Dans mes campagnes, on pourrait croire, au nombre de salons de coiffure apparus ces derniers mois, que le Covid a drôlement accéléré la pousse des cheveux. Et chacun de chercher la meilleure méthode pour attirer les têtes blondes et les boucles brunes. Après le massage ayurvédique du cuir chevelu proposé en grosses lettres d'or sur la vitrine d'un salon, près de chez moi, dans le même bourg, j'ai trouvé, l'autre jour, un merlan qui offrait en devanture des colorations « veganes. » Faut-il croire que ce coiffeur a délaissé la viande et toutes les protéines animales dans le seul but d'attirer les fausses blondes des environs ? Je ne saurai le dire. Moi, je me coiffe à domicile, après avoir pris un shampoing dans mon lavabo. Et je ne néglige pas les steaks hachés et le jambon. Mais je ne suis pas une fausse blonde....
Dans mes campagnes, où le sentiment écologique a chaviré les cœurs et pénétré les âmes depuis longtemps, le sujet le plus brûlant reste le devenir des ordures ménagères et des déchets de toutes sortes. Tri sélectif, poubelles colorées, ramassage bihebdomadaire, containers enterrés : chaque saison apporte son lot de nouveautés, et chaque commune cherche l'originalité pour convaincre. Pourtant, il faut noter que les poubelles pour le verre se trouvent, le plus souvent, dans des endroits à l'écart, voire carrément cachés. Ainsi, le consommateur de bouteilles peut aisément vider son coffre à l'abri des curieux et des mauvaises langues, dans un boucan de scènes de ménage à l'ancienne. Ce qui ne veut pas dire que, dans mes campagnes, il y ait plus d'alcooliques honteux que d'écologistes revendiqués. Moi qui suis un ex-alcoolique revendiqué et un écologiste honteux, je fais le vide tous les six mois, au vu et au su de tous, pour tenter de faire croire que la fête est finie. Mais ils continuent à me prendre pour une épave...
Santangelo