Saul Santangelo

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Billet de blog 20 mars 2023

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Sur un Air de Campagne (385)

PER OS - 2/4 - environ 35 pages

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Chapitre VI

Nous ne serions pas trop de deux pour mener cette histoire à bien. Sois tu montes dans le train en marche, soit tu restes à quai... C'est toi qui vois ! Laissa-t-il échapper, de son for intérieur, s'adressant à qui voulait l'entendre, en plein travail réflexif. Le père était songeur, au milieu du champ d'artichauts, au pied desquels il enlevait les drageons, afin d'en planter dans le champ du voisin. À deux on est plus fort ! C'est toi qui vois... Quand, soudain, des cris indéterminés le tirèrent de sa rêverie, et lui firent reprendre le fil du roman personnel, qu'il écrivait, chaque jour, en effectuant sa pénible tâche ; il retrouva le juste cours de son récit intime, et se souvint qu'on lui avait promis une journée pleine de surprises. Il avait cru discerner, émergeant du flot flou et un peu irréel de sa conscience, la voix du docteur – qu'ils avaient élu au rang de médecin de famille, après qu'il eut soulagé le rhume de sa femme, avec des inhalations d'huiles essentielles, à base d'eucalyptus – qui disait, à l'encan : Y en a deux ! Y en a deux ! Il comprit que quelque chose d'important pour lui venait de se passer, et se mit en marche, d'un pas décidé, vers le manoir - un pas rapide fait de pas de plus de un mètre cinquante, plus rapide que bien des courses, un pas de grand marcheur, que les grandes bottes en caoutchouc transformaient en pas de géant. Sur le perron de l'auguste demeure, abrité par l'imposante marquise, Quentin, lui-aussi, paraissait absorbé dans une réflexion profonde, le regard fixe, assis en tailleur, dans un babygros trop grand pour lui mais trop petit pour son âge, dans le panier en osier de la chienne (qui s'était suicidée, à bout d'agaceries, en se jetant sous les roues d'un camion) tenant dans ses mains encore débiles, la coquille de l'oeuf qui venait de lui tomber sur la tête – œuf de moineau ou œuf de merle, probablement lâché depuis le firmament, par une pie qui avait eu le bec plus gros que le ventre. Le fils toisa le père. Le père resta interdit, devant la coquille à jamais brisée, refusant d'y voir un signe, interloqué par cette nouvelle démonstration de pouvoir du petit. Tu es avec moi, ou pas ? Le visage à la fois austère et jovial du docteur apparut dans l'encadrement de la lourde porte en bois. C'est un fils ? Non. Une fille ? Non, mieux encore... Deux filles, d'un coup ! De quoi vous donner des ailes ! Dans sa fausse innocence de garnement, en regardant le docteur dans le blanc des yeux, qu'il avait d'un bleu océanique profond, comme un homme, il comprit que les choses risquaient de prendre un tour plus difficile, à l'avenir , et qu'il lui faudrait dorénavant partager la vedette avec d'autres créatures, plus ou moins semblables ; rien qu'en jaugeant l'accoucheur improvisé, comme s'il connaissait les hommes aussi bien que les bêtes, il devina qu'il venait d'avoir deux sœurs, d'un seul coup, une grande et une petite. Malgré son caractère de cochon, Quentin n'avait jamais fait montre d'envie, ni de jalousie, mais ses parents jugèrent bon, pour l'occasion, de lui faire un gros cadeau, qui viendrait apaiser son déclassement, d'un baume de fierté, tout en lui offrant une liberté nouvelle, une simili-indépendance, qui l'aiderait à trouver une place dans le monde, un coin de ciel bleu bien à lui, un peu de soleil à l'abri, hors du manoir qui, à présent, serait le domaine réservé de ses femmes – aire de jeu individuelle transformée, par la seule vertu du Saint-Esprit, en gynécée grouillant d'activités, qui l'excluraient d'entrée de jeu. Un vélo. Un vrai vélo, tout rouge. Mieux qu'un cheval pour courir la campagne. Une bicyclette flambant neuve, tout droit sortie de chez le marchand de cycles du bourg, dont l'échoppe était magnifiée par une vitrine féerique, devant laquelle, avec sa mère, à l'occasion de sorties dominicales, il s'était arrêté à plusieurs reprises, pour faire le plein d'évasion, et imaginer une herbe plus verte, ailleurs. Pour marquer le coup et, d'un seul geste, restaurer son autorité et exprimer sa fierté, son père installa le tricycle, devenu obsolète, au sommet d'un mât, fait d'un long piquet de noisetier, sur la pelouse, devant les fenêtres de la cuisine, tel un totem qui allait l'accompagner toute sa vie. Et, afin qu'il s'exerçât à la liberté, et qu'il fît ses vaccins – variole, rubéole, oreillons, varicelle et BCG – il lui montra le chemin de la petite école du hameau, dont il espérait, en sus des services de garderie, des bases pour la construction d'une conscience citoyenne et (qui sait ?) une amélioration de son état général, et vers laquelle, durant plusieurs années, il pédalerait, tous les matins, pour en revenir en fin d'après-midi, en chantonnant la Ballade des Gens Heureux. Mais, une grande famille, c'est aussi beaucoup de soucis. Et, le soir, autour de la grande table ronde en bois massif, lorsqu'il s'agissait de faire le bilan de la journée de travail, agricole autant que domestique, l'humeur n'était pas toujours à la démonstration guillerette. Tous les deux, le père comme la mère, sombrèrent peu à peu, emportés par une nature aride comme leur terre, dans une potomanie chronique sévère, qui allait laisser des traces dans l'éducation de Quentin, d'Eulalie et de Sigismonde. Pour supporter le quotidien, fait, comme chacun le sait, de hauts et de bas, et pour oublier les problèmes qui, tout le monde le dit, surviennent par vagues, ils buvaient de l'eau, par litres entiers. Et, suivant ces ingurgitations massives, des crises de silence éclataient, sans bruit, trouant le vacarme des enfants, les cris de la cadette, les pleurs de la benjamine, et les turbulences savantes et incontrôlées de l'aîné. Pour satisfaire leur nouveau vice, ils se servaient à la source de leurs ennuis – une installation sophistiquée, faite de tuyaux en pvc, de gouttières en zinc et de cuves en inox, qui récupérait l'eau de la dernière averse. Je t'avais prévenu qu'il faudrait bien s'accrocher ! Pensait-elle, dans le silence addictif de sa potomanie. Au temps pour moi... se disait-il. Et, une fois la marmaille nourrie, douchée, couchée, fictionnée et endormie, il allumait un gros cigare – un de ces habanos tordus en leur milieu, qu'il avait vus à la bouche de Lacan, dans des magazines féminins, - et levait la tête au plafond, où les traces d'humidité avaient fait place à des toiles d'araignées. Elle mettait son châle en cachemire sur les épaules, s'asseyait dans un fauteuil, et reprenait son tricot. Et, plusieurs fois dans la soirée, comme d'autres égrènent un chapelet, ils se resservaient en eau de pluie, fraîche et limpide, pour observer la lune monter sur l'horizon, dans le silence essentiellement diurétique, qui leur tenait désormais lieu de compagnie conjugale. Et si on arrêtait les frais ?

Chapitre VII

Par peur des dommages collatéraux, qui risquaient de compromettre le bien-être d'Eulalie et de Sigismonde, sa grande et sa petite sœur, si les colères perverses de Quentin se répétaient avec la même fréquence et autant de brutalité – contrairement à son mari, elle avait compris ce qui était advenu de la chienne Saint-Bernard – sa mère, quant à elle, espérait surtout de sa scolarisation, un apprentissage, même basique, de la vie sociale et des civilités, qui aurait rendu plus douce la vie de toute la famille. Ainsi, c'est empreinte d'un sentiment de crainte et d'espérance mêlées, qu'elle conduisit son fils jusqu'au portail de la petite école, dans la chaleur étouffante et orageuse de septembre, en ce jour de rentrée des classes – puisqu'il fait toujours beau pour la rentrée des classes – et qu'elle laissa échapper, de ses yeux qui piquaient, une petite larme mélodramatique de consolation. L'instituteur était de la vieille école et la classe unique. Sous son égide, ils étaient treize, petits et grands, petits-grands et grands-petits, de la maternelle aux cours moyens, dans une seule pièce chauffée au bois, les premiers se délassant d'aise sur des matelas en mousse, au fond, les derniers s'escrimant sur des problèmes complexes d'arithmétique et de grammaire, devant, et ceux du milieu partagés, choix cornélien, entre le repos complet et les mouvements de l'esprit. Il arborait une longue barbe blanche, si longue qu'elle cachait un embonpoint naissant, portait une blouse grise et se chaussait de sabots en bois. Son autorité était naturelle et son charisme impressionnant. Dès qu'il vit Quentin, il sut qu'il n'avait encore jamais eu à faire avec un cas de cette nature, une nature si casuistique, tout au long de sa longue carrière dans l'enseignement et la garderie. Partagé entre curiosité, refus et dédain, il attendrait de voir, en lui laissant sa chance. Après avoir accroché son manteau sur la patère idoine, surmontée d'une étiquette sur laquelle était inscrit d'une écriture appliquée et transparente son prénom, dans le petit couloir, Quentin était venu s'asseoir au dernier rang, et était resté sage et muet, le pouce dans la bouche, se composant, instinctivement, un comportement adéquat, pour affronter cette situation, qui offrait tous les charmes de la nouveauté, mais présentait aussi les risques inhérents à l'innovation, de laquelle il pouvait résulter du bon comme du moins bon. Le hussard noir se faisait fort de cultiver la sauvagerie de ces petits paysans, et s'enorgueillissait d'en avoir amenés des charrettes entières jusqu'au lycée, pléthore au baccalauréat, et deux ou trois à l'IUFM, qui l'avaient admiré au point de lui ressembler, à l'âge adulte, la barbe en moins. Ne pouvant se résoudre à partager l'attention du vénérable enseignant avec sa douzaine de condisciples, qu'un simple coup d'oeil avait suffi à classer dans la catégorie des crétins des Alpes (bien qu'on fût bel et bien perdus dans une plaine d'une platitude à peine troublée par quelques misérables collines) il s'était manifesté en se levant de sa petite chaise beige aux montants colorés en vert, et s'était promené dans la classe, dans une attitude mi-provocatrice, mi-erratique. L'instituteur, d'une seule voix, avait haussé le ton, et Quentin s'était assis, à sa place, sans un mot. Avait-il déjà, à peine sorti de la prime enfance, trouvé son maître ? Les premiers jours se déroulèrent, sans accroc ni anicroche, dans la quiétude ouatée et la chaleur du poêle. Les vapeurs d'alcool du vieux photocopieur manuel embaumaient l'atmosphère d'un parfum de mystère, et faisaient légèrement tourner les chères têtes blondes et brunes. L'ambiance était studieuse ; les mots choisis ; l'attente interminable.

Peu avant les vacances de la Toussaint, Quentin, prostré depuis la rentrée, émit le souhait de prendre connaissance des ouvrages rangés dans la bibliothèque fournie. En sus des manuels scolaires et des contes pour enfants, le maître avait réuni là sa propre collection – il habitait un grand appartement sis au-dessus de la classe – afin de susciter, chez ses élèves, la curiosité qui, seule, ne mène qu'aux commérages, mais qui, associée à la raison, permet d'accéder au savoir. Plusieurs jours durant, il admira sans relâche la tranche des livres – classiques pour la plupart – fasciné par la diversité des formes, des couleurs et des polices de caractère, et totalement charmé par l'unité qui s'en dégageait : tout ça, essais, romans, histoires et légendes, c'étaient des livres !

Le maître, attentif au moindre changement de comportement de ses petits protégés, crut remarquer, dans l'oeil de ce jeune sphinx, qui pouvait aussi bien cacher un petit diable, une lumière nouvelle, qui avait jusque-là échappé à son examen. Il proposa à Quentin de revenir, durant les vacances, regarder tous ces livres, dont l'aspect et le classement lui plaisaient tant, jusqu'à ce qu'il fît un choix, qui l'aiderait, pensa-t-il, à comprendre la personnalité et la nature profonde de cet enfant, rétif à toute analyse sommaire. Quentin le prit au mot. Il revint, tous les matins, à bicyclette, depuis le manoir, durant deux semaines, et poursuivit son travail d'investigation et de décryptage des secrets de cette imposante bibliothèque, sans toucher aux ouvrages. Comme, en France, par convention, la très grande majorité des titres et des noms d'auteurs sont inscrits, en particulier sur les livres de poche, du bas vers le haut, et que les livres sont classés de la gauche vers la droite, quand la fin des vacances arriva, sans en avoir choisi un seul, Quentin avait désormais la tête fortement penchée vers la gauche, au point qu'il en avait du mal à maintenir son équilibre sur le beau vélo rouge, et à porter les cuillerées de soupe à sa bouche. Ses parents s'inquiétèrent de cette fâcheuse habitude, qui le handicapait sérieusement, mais, ils notèrent aussi, dans son attitude générale, autrefois insupportable, un mieux sensible, une amélioration certaine. Autant Quentin affichait, par cette position fortement inclinée de la tête, un engagement drastique et radical, autant ses parents ne savaient plus sur quel pied danser. Tout heureux que la malignité de leur fils ait cessé de faire régner la terreur, à la maison, en particulier lorsqu'il était avec ses sœurs, ils ne cherchèrent pas à connaître le détail de ses agissements scolaires, lui laissant le champ libre, comme dans un jardin secret, en échange d'un peu de courtoisie. Ils présumèrent qu'il passait ses nerfs sur ses camarades de primaire, et se gardèrent bien de s'enquérir de l'avis du représentant de l'institution. Jusqu'aux vacances de Noël, Quentin passa toutes ses journées à observer la tranche des livres de la belle bibliothèque, la tête reposée sur l'épaule gauche. Mais, par une après-midi pluvieuse – il pleuvait tant et tant que l'on n'avait pas pu sortir en récréation – alors qu'il exhortait ses élèves au silence et au calme, le maître sentit un changement dans la disposition de son unique classe, à tous points de vue. Son regard se porta immédiatement sur Quentin qui, abîmé dans la contemplation, avait trouvé, sur les rayonnages, un livre dont le titre et nom de l'auteur, étaient inscrits de haut en bas, sur la tranche, l'obligeant à pencher la tête vers la droite, et l'avait pris dans ses mains, manifestant un choix délibéré dans la plus grande patience. Il cherchait ; il fallait qu'il cherchât. Qu'as-tu donc trouvé de si intéressant, Quentin ? Il s'approcha et nota que la préférence de l'enfant s'était portée sur une biographie de Lou Reed, intitulée Electric Dandy. Saurais-tu me dire pourquoi tu as choisi celui-là, Quentin ? Et le discret et curieux enfant de lire, à haute et intelligible voix, et sans manifester le moindre accent, les paroles de Rock'N'Roll – une chanson du Velvet Underground datant de 1969.

Jenny said when she was just five years old

There was nothing happening at all

Every time she puts on a radio

There was a nothi' goin' down at all, not at all

The one fine mornin' she puts on a New York station

You know, she could'nt believe what she heard at all

She started shakin' to that fine fine music

You know her life was saved by Rock'n'Roll'

On en resta bouche béebée. Le souffle coupé-pé. Il aurait pu tomber sur Bob Dylan, dont le talent littéraire devait être reconnu au plus haut niveau, des années après, mais, question poésie contemporaine, Lou Reed c'était déjà pas mal, pour commencer. L'instituteur, qui suivait l'actualité dans les gazettes, se dit, à par lui, que sa patience avait fini par porter ses fruits, conclut qu'il avait affaire à un haut potentiel, un surdoué, un de ces enfants précoces qui passent leur doctorat à seize ans, sans aucun doute, et il décida, sur le champ, de l'aider à se forger une éducation, qui le ravirait à sa petite vie paysanne, morne, triste et terne. Mais la mauvaise habitude était prise ; Quentin se montrerait, en toutes occasions, durant les années qui suivirent, la tête fortement inclinée sur la gauche, même lorsque sa mère devait l'épouiller, le jeudi, au retour de la piscine où, handicapé par son drôle de port de tête, il ne pouvait apprendre à nager qu'en battant l'eau de la main droite – ce qui le faisait tourner en rond, en cercles concentriques dont il demeurait l'unique centre de gravité. Le pli était pris.

Chapitre VIII

Lorsque l'on dit « bonjour l'angoisse », le plus souvent, personne ne répond. Lorsqu'on salue d'un « bonjour chez vous », on a tendance à rester bien au chaud, chez soi. Et quand on lit « Bonjour Tristesse » à sept ans, il faut se préparer aux ennuis. Pourtant, après une lecture en diagonale du premier roman de Françoise Sagan, Quentin avait pris l'habitude de saluer l'auteur, à chaque fois qu'il commençait un nouveau livre, ou qu'il en reprenait un, qui avait échappé à une lecture continue, de bout en bout, d'une seule traite. Comme tant d'autres enfants lecteurs, il ne s'identifiait pas aux personnages, mais discutait, d'homme à homme, avec l'écrivain, en un dialogue qui se voulait fécond, et enfantait d'autres envies de lecture, d'autres idées de dépaysement, d'un désir jamais assouvi de nouvelles découvertes passionnées. Il cherchait. Il ne savait pas quoi, mais depuis que le maître lui avait concocté un programme draconien, il ne faisait plus que ça : chercher – lire ! À l'école, il avait entrepris d'engranger toute sa culture littéraire, il s'attaquait, comme s'il se fût agi d'un projet de vie, à l'ensemble de l'histoire de la littérature et, le soir, dans sa petite chambre, aux murs de laquelle étaient accrochées des reproductions de Titis dans des poses provocatrices, après que sa mère eut éteint la lumière, il sortait une lampe de poche, de sous son oreiller, pour déchiffrer, sous les draps, d'autres histoires merveilleuses. Après Sagan, il avait tenté de défricher Proust, puis Céline, et, suite à l'incompréhension de sa mère, qui s'était demandée si il s'agissait vraiment là de lectures de son âge, il se passionnait pour le magazine hebdomadaire auquel elle l'avait abonné : « Perlimpinpin, le petit Lutin. » Chaque soir, la même cérémonie, le même rituel maniaque, les saine habitudes, c'est toujours les mêmes gestes. D'abord passer le pyjama. Bras gauche, d'abord, toujours. Puis le bras droit, en tirant sur la manche et sur le col. Ensuite, un baiser sur le front. La lumière. Et puis, le silence. Toujours. L'attente angoissée, en observant la clarté nocturne qui pénétrait par la fenêtre sans volet. Pour finir par sortir la lampe de poche et le numéro de la semaine de Perlimpinpin. Une gorgée d'eau de pluie, encore ; la tête à gauche, toujours. Pour ses parents, qui mimaient la duperie et singeaient l'innocence, c'était une avancée inespérée, après un premier âge infernal, une amélioration quasi-miraculeuse, un progrès énorme, il était donc vraiment surdoué ? Depuis le début ? Et si, de leur côté, ils avaient abandonné la lecture il y avait belle lurette, et qu'ils la considéraient à présent presque comme un vice ou, tout au moins, un péché véniel, il aurait fallu être fou pour le dissuader de pratiquer sa nouvelle passion, pour l'empêcher d'exercer son droit de lecteur, lui qui, hier encore, faisait état d'un potentiel digne d'un futur tueur en série. Un peu de poudre de Perlimpinpin et le sommeil, le corps tourné vers la gauche, la tête sur l'épaule, le pouce dans la bouche, sous la grosse couverture, après un dernier verre d'eau de pluie. Toujours. Alors, dans la pièce en-dessous, la discussion s'animait, entre les époux, qui avaient repris espoir pour leurs enfants et confiance en l'avenir, qui croyaient à nouveau en la méritocratie républicaine et se projetaient dans le système éducatif à la française. Et s'il devenait quelqu'un ? Malgré tout ça ? Et si nous n'étions pas au bout de nos surprises ? Tout de même, Proust et Céline, même à considérer qu'il fût surdoué, ça semblait des lectures peu adaptées à son âge ! Alors, ils éteignaient leurs lampes de chevet, et se couchaient de tout leur long, dos à dos, non sans avoir avalé une gorgée d'eau, qui avait coulé du toit jusqu'à la carafe. Puis, après quelques minutes d'immobilité, une fois assurée que le silence était total, elle se retournait, sur sa gauche, encore, caressait légèrement le ventre de son mari, de la main droite, légèrement surélevée. La droite, toujours. Jusqu'à ce qu'il se retournât vers elle, à gauche, toujours. Ils faisaient l'amour avec moins d'ardeur qu'autrefois mais avec plus de science, avant de s'endormir, chacun de son côté, et une dernière gorgée d'eau., encore. Alors, à l'étage, l'étrange ballet nocturne familial reprenait. Eulalie se réveillait, après avoir fait pipi dans son petit lit, ayant abusé d'eau, encore, lors du repas, elle se retournait dans sa couche souillée, et se mettait à pleurer doucement, dans le demi-sommeil de l'énurésie. Puis, Sigismonde, la petite, qui partageait la même chambre, se réveillait à son tour. Et elle se mettait à crier, en appelant sa mère. Les parents se réveillaient. La mère posait le pied droit au sol, puis le gauche, toujours. Et, après s'être occupée du confort de ses filles, qui se rendormaient, elle descendait faire le café, bien noir le café, de la même eau, pour une journée de labeur qui s'annonçait chargée. Elle prêtait un œil au journal local, et allait réveiller son mari, d'un bécot sur la joue, la gauche, encore. Il devenait urgent de mettre un peu de sirop dans leur eau. Il fallait envisager sérieusement de faire l'acquisition d'un poste de télévision. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonjour ! Le foot, la guerre, l'argent. La gauche, encore... La droite, toujours... c'est toujours les mêmes gestes.

Chapitre IX

La saison des légumes d'hiver avait été bonne. La météo s'était montrée très favorable, le hasard de leur côté, et les prix s'étaient envolés, sur les marchés. Une harmonie, que l'on espérait aussi durable que l'agriculture raisonnée, régnait sur la sainte famille, et la bonne humeur retrouvée de la Grande-Duchesse, suite aux progrès de son fils, en matière de sociabilité, et de sa fille, en fait de mictions nocturnes, rayonnait jusque sur le moral du PDG, que l'on appellerait désormais « le Grand Chef Yaka. » Bien qu'il se fût souvent prononcé sur la question, balayant d'un revers de main toutes velléités de repos et de paresse ostentatoires, et qu'il avait proclamé, à qui voulait l'entendre, qu'il était en vacances toute l'année, puisqu'il faisait ce qui lui plaisait, on envisagea, pour la première fois, au plus haut niveau, la possibilité de prendre des congés, ensemble. Aussi rétif fût-on à l'étalage de l'inactivité, comme à celui des corps dénudés, l'été, sur les plages bondées de la côte sauvage – sans que cela relevât, le moins du monde, de la pudibonderie, puisque, à la même époque, il portait le short et elle le bikini, dans les champs – cette côte si précieuse pour le micro-climat qu'elle générait, on se dit qu'il serait bon, pour les enfants, de prendre quelques vacances, ensemble. Pour l'occasion, on leur offrit la faculté d'émettre un avis, et c'est à cinq qu'on devisa longuement sur la tournure que prendrait cette période de relâche. Peu averties en matière de modes touristiques, dans le sabir qui leur tenait lieu de babillage puéril, les filles suggérèrent la haute montagne, parce qu'elles n'avaient jamais vu de neige ; toujours la première pour hausser le niveau, la Grande-Duchesse voulut que l'on visitât des musées et des réserves naturelles ; le Grand Chef Yaka attendait de consulter tous les avis ; et Quentin se serait bien imaginé dans une suite d'un grand hôtel de Manhattan, au sommet d'une tour new-yorkaise. Y a qu'à voter à bulletins secrets, proposa le Grand Chef. Seule Eulalie opina, de son propre chef. Ou, alors, y a qu'à organiser des vacances à la campagne. On a des caravanes plein le hangar, qui ne servent à rien ni à personne, et un environnement exceptionnel, auquel on ne prête pas attention, à longueur d'année, en raison de l'habitude. Une semaine de camping, chez nous, nous permettrait de considérer la situation avec un œil neuf, de voir l'existence sous un autre angle. Il suffit d'un petit décalage, par rapport au quotidien, pour que les choses changent. On fera la vaisselle à la main, c'est à dire sans éponge ni lavette, et on pratiquera la pêche à pied, en marchant, avec nos gaules, jusqu'à la rivière. Y a qu'à choisir la plus jolie des caravanes, parmi celles que nous abritons, et de planter une tente, à côté, dans le verger, devant le manoir. Dépaysement garanti pour un investissement minimum – ça le turlupinait toujours, les investissements. Tous les avantages du tourisme vert, sans les inconvénients provoqués par une mauvaise connaissance du terrain et des milieux. Et, surtout, pas de gêneurs ! Il en serait ainsi, puisque le Grande Chef Yaka était toujours le chef. Faute de crochet, à l'arrière de la petite voiture, on manœuvra l'Avto, pour tracter une grande caravane de luxe, du hangar jusqu'à la pelouse, et on planta une canadienne, sous un grand chêne, en prenant soin de ne pas égarer les sardines. Les repas seraient pris dans le auvent en toile, les nuits parentales à l'intérieur du logis mobile, celles des enfants dans la tente : y a plus qu'à ! Il suffirait, par ailleurs, de ne pas trop salir l'intérieur, et de prendre soin des équipements, pour que personne ne mouftât.

Pour la première fois, on fut réveillé par le coq, qui chantait pourtant, chaque matin, depuis des années, dans la cour de la ferme voisine ; on s'étonna de la fraîcheur et de de la gaieté exprimées dans le gazouillis des oiseaux, à l'aube ; on observa les constellations dans le ciel étoilé – la Grande Ourse c'est celle avec les sept étoiles en forme de casserole – on s'allongea sur l'herbe ; et on but de l'eau en bouteille, agrémentée de sirop de grenadine. L'ambiance était joyeuse et sereine ; les enfants s'excitaient et se chamaillaient sans que ça finisse en pleurs, comme à l'ordinaire ; et leur mère goûtait aux plaisirs du service minimum en matière de corvées domestiques. Lors des barbecues, improvisés dans un vieux bidon d'huile de vidange, coupé en deux par le milieu, les parents se souvenaient, avec une émotion aussi forte que contenue, de leur vieil arbre à saucisses, et les tablettes de chocolat n'avaient pas le temps de fondre, sous le soleil radieux. On ne se levait pas avant dix heures ; on faisait craquer les chips à l'ancienne sous le palais chatouillé par le sel ; et on laissait le jus des brugnons couler sur la poitrine, lorsque l'on croquait dedans à pleines dents. Y a qu'à dire que c'est ça, le paradis ! On n'irait pas jusque-là. Pour s'amuser, l'après-midi, pendant la sieste parentale, qu'ils prenaient dans la suite, les enfants descendaient depuis le haut de la pelouse pentue, en se laissant rouler sur eux-mêmes, drôles de descentes à pic et en trombes, et se relevaient, en bas, ivres, titubant et de chancelant jusqu'à tomber. À l'exception de ce jeu de roulés-boulés kamikazes, qu'il avait inventé pour ses sœurs, Quentin passait la plupart de ses journées à lire, assis le dos contre le tronc du grand chêne, la tête penchée en une concentration profonde, tout entier abîmé dans se réflexion métaphysique. Pour sa part, il avait décidé de ne manger, à tous les repas, que des sandwiches au saucisson à l'ail, avec du pain de mie - sandwiches que l'on aurait pu qualifier de club – et, habitude qui allait le suivre, en même temps que son rot de satiété, il prononçait, en guise de formule de politesse : « aime-doux-l'ail ! » Sans que personne n'y vît à redire, les vacances à la ferme se déroulaient encore mieux que prévu. La famille ressortirait plus soudée et unie de ces moments de partage communautaire et de communion avec la nature sauvage. Le septième jour, alors que tout le monde se reposait, comme il se doit, pendant les vacances et, même en période de pleine activité, le ciel se couvrit, devint nuageux, l'horizon s'obscurcit, les prévisionnistes du journal avaient vu juste, l'orage allait éclater. Y a qu'à attendre, à l'abri, que ça se passe ! En une vingtaine de minutes, l'emplacement idéal fut noyé sous des trombes d'eau, la tente fut à terre, les enfants furent trempés des pieds à la tête, les denrées alimentaires mouillées, et l'intérieur cosy de la caravane de luxe, tout en merisier et toiles tendues, foutu. S'il n'est pas conseillé de chercher protection sous un arbre, lorsque l'orage gronde et que la foudre menace, il n'est pas non plus recommandé de faire cuire du riz, dans un grand faitout, sur un petit camping-gaz. Alors qu'ils craignaient que ce soit l'effet d'un éclair plus pernicieux que les autres, ce fut le petit appareil bleu roi qui déclencha l'incendie. Et, réunis comme les cinq doigts de la main, abrités par la marquise, à l'entrée du manoir, ils regardèrent les flammes qui léchaient les parois de la caravane, jusqu'à ce qu'il n'en restât plus que quelques cendres, comme après un feu de camp, qu'il suffit d'oublier en remuant un peu les braises encore actives. La congés prenaient fin en feu de joie. Il allait falloir travailler dur pour payer les frais annexes à ces vacances de rêve. Le Grand Chef Yaka se tenait penché vers l'avant, les mains sur les hanches, sous l'effet d'un lumbago sévère, qui deviendrait arthrite généralisée. Ce que le travail des bras n'avait pas produit, c'était les vacances qui l'apportaient : la douleur aiguë, à travers la cuirasse. Elle devait devenir chronique et il allait en souffrir jusque la fin de sa vie. On se promit toutefois de remettre ça l'année prochaine. Et chacun regagna ses pénates. On est tout de même mieux dans un bon lit. Une bonne nuit complète et tout sera comme avant. Demain, il fera jour. Y a qu'à dormir !

Chapitre X

Quentin ? Tu m'écoutes ? Encore un peu d'attention, s'il te plaît ! Oui, monsieur. Peux-tu répéter ce que je vais dire ? Peux-tu répéter ce que je vais dire. Mais, non, pas ça. Peux-tu répéter ce que je vais dire après ça ? Peux-tu répéter ce que je vais dire. Après ça ? Quelle est la question, Quentin ? Quentin est-il la question ? Mais non ! Fais un effort ! Je fais un nez fort : ça pue ! Bon, je crois qu'on peut s'arrêter là. Quentin ? Oui, monsieur. Je penche pour un trouble du spectre autistique. Un TSA. Oh, non, pas ça ! Fallait pas répéter ! Mais, j'ai rien dit, moi... Ne t'inquiète pas ; ça touche une personne sur cent dans le monde. Quelques petits cachets de vitaline et de nitaline – un bleu, un rose, matin, midi, soir – et ça finira bien par passer. Comme le reste. Le psychiatre scolaire de garde remit le DSM dans sa sacoche en cuir, reprit son air de méchant de cinéma et, transformant ses Méphistos en bottes de sept lieues, enjamba, d'un seul pas, le corps de Quentin, qui se faisait petit, en se ratatinant, toujours assis sur sa chaise bicolore, et traversa la cour de l'école, en quatre ou cinq grandes foulées, manquant renverser plusieurs enfants, qui jouaient à la marelle, comme s'il faisait Terre-Ciel d'un seul saut. TSA. Trouble du Spectre Autistique. Tu m'écoutes ? Encore un peu d'attention, s'il te plaît !

Plus tôt, dans la journée, Quentin avait repris ses déambulations erratiques, en classe, pendant les cours simultanés de l'unique enseignant, en accomplissant, tous les dix pas environ, trois petits tours complets sur lui-même. Il avait pris cette mauvaise habitude deux semaines auparavant, après que son meilleur ennemi intime eut jeté, du haut du toit du préau, une demi-brique en ciment, qui l'avait atteint sur le crâne, provoquant une hémorragie spectaculaire (mais quand ça saigne beaucoup, ce n'est pas forcément grave...) - ce qu'il appela, en rentrant à la maison, un trou dans la tête. Pour se remettre de ses lectures exigeantes et de plus en plus pointues, Quentin avait développé, au fil des mois, un comportement contemplatif, en se réservant, dans la journée, et en particulier durant les temps de récréation, de longs moments de vide intérieur, qui le poussaient à l'observation après un trop-plein d'introspection. Alors que sa douzaine de camarades s'amusaient au ballon-prisonnier ou au football, manifestant leur enthousiasme par toutes sortes de cris, il examinait les alentours avec, comme à son habitude, une préférence pour les marges, les non-dits, les tiers-lieux – le talus, le jardin contigu à l'école, l'orée du petit bois, ou encore la réserve de la cantine, dont il ne percevait que les ombres, à travers les interstices de la porte, fermée à double-tour. Ainsi, il questionnait le maître à la moindre occasion, sur la nomenclature des végétaux en présence, ou celle des choses inanimées, du chèvrefeuille aux glands, des primevères aux outils de jardinage. Il en retirait un savoir pratique, qui le délassait, sans qu'il empiétât sur ses motivations premières : se constituer un puissant savoir livresque. Mais ces petites attentions particulières de l'instituteur avaient fait des jaloux. Et, le premier d'entre-eux, une brute épaisse d'au moins dix ans, qui occupait la seule place de CM2, qui s'était mis en tête de lui faire des misères. (Misères !) La situation, jusque-là sous contrôle, avait dégénéré, on en était venus aux mains, et puis aux cailloux ; et la brique... c'était trop ! Vraiment trop ! À la suite de l'incident, Quentin, qui admirait les chouettes et les hiboux, plus que tout autre animal de ses campagnes, et dont il avait appris les us et coutumes dans « la Petite Hulotte », avait voulu développer une vision panoramique, à 360 degrés, il était sur ses gardes, afin de faire face aux attaques sournoises de son ennemi, il s'était fabriqué des yeux derrière la tête. Ainsi, tous les dix pas environ, il entreprenait une triple rotation sur lui-même, tel la vigie en haut du mât de misaine ou un gardien dans son mirador, ce qui, cumulé avec sa tête de traviole, lui conférait une place à part, et une démarche pour le moins originale. C'est pourquoi le vénérable instituteur avait fini par alerter le psychiatre de garde qui, comme lui, lisait les journaux. Ils avaient tous les deux conclu à un TSA, sans évoquer Asperger. Quentin, tu n'es pas un simple enfant précoce et surdoué : tu es aspie ! Ça aurait pu être pire ! Aspire ! Du haut de sa culture métaphysique, l'enfant avait accueilli le diagnostic, pour le moins rapide et brutal, avec philosophie et, s'il suffisait d'être anormal pour être bien intégré, ça valait peut-être le coup d'essayer. En tous cas, ne pas chercher de coupable, et ne pas trop jouer les victimes. Aspie... As-per-guerre ? Respire ! Aspire !

En rentrant, ce soir-là, au manoir, après avoir déposé son vélo dans le débarras, où Eulalie était enfermée depuis une bonne heure, dans le noir – c'était sa punition pour avoir, une fois de plus, refusé de manger des légumes – il aurait bien voulu dissimuler son trouble mais, d'un seul regard, sa mère comprit que quelque chose d'anormal venait de se passer. Tu t'es encore battu avec cette brute du CM2 ? Quentin allait mentir, quand il exécuta trois petits tours sur lui-même et, après ce temps de réflexion giratoire, plutôt que de garder ça pour lui, décida de cracher sa Valda. Elle finirait bien par l'apprendre, un jour ou l'autre. Il sortit le carnet de correspondances du cartable à dos, après l'avoir fait choir de son épaule droite, à laquelle il tenait pas une seule bretelle et le tendit, en silence, à sa mère. Le mot du maître était laconique, comme il se doit dans ces cas-là. « Malgré de bons résultats, nous sommes d'avis qu'un changement d'environnement ne pourrait qu'être bénéfique à la santé mentale de Quentin » Point. Qu'est ce qu'il s'est passé encore ? J'ai vu le psy... Tu vas bien me répéter tout ce qu'il t'a dit. Répète-moi tout ce que t'a dit le psy ! Peux-tu répéter ce que je vais dire ? Alors ? Ben, c'est ça qu'il m'a dit... Peux-tu répéter ce que je vais dire ? Et c'est tout ? Ben oui, c'est tout. Le père, qui était resté en retrait, dans une attitude d'écoute, comme à son habitude, sortit de son mutisme, pour tenter d'apporter de l'eau au moulin de sa femme : Y a qu'à porter plainte ! Pourquoi pas ? Pourquoi papa ? Mais pour harcèlement, voyons ! Regardons d'abord dans notre DSM IV. Tu n'as toujours pas acheté le V ? Où tu l'as rangé ? Que l'on sache de quoi l'on parle. Il faut être de son temps... Création de néologismes. Hum. Hypersensibilité. Hum. Langage monocorde. Han han... écholalies. Hum hum. Pas de jeux de mots. Mouais... Attitudes d'écoute. Ha. Autisme de Kranner. Thérapies comportementales ou relationnelles. Voyons, voyons... C'est quoi une disease mongering ? Y a qu'à demander à ton psy ! Écholalies ? Le fait de répéter en écho les mots ou les dernières phrases de son interlocuteur. Et si on l'inscrivait dans le privé ? On a les moyens à présent. Non mais tu penses à l'avenir des filles ?! Est-ce qu'on peut décrocher un BTA avec un TSA ? En-co-re ! Quoi encore ? Qui a parlé ? Mais c'est Sigismonde ! Elle a fini ses légumes. Ce sont ses premières paroles. C'est son premier mot ! Tu peux répéter ma petite chérie ? Tu peux répéter ma petite chérie ? Encore... EN-CO-RE !

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