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Billet de blog 22 janvier 2022

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Sur un Air de Campagne (283)

Longtemps, j'ai eu pour voisin un homme que ma mère appelait « Monsieur Chien-Chien » Je n'ai jamais su pourquoi elle le surnommait ainsi. À présent, il est mort...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Leçon de Savate © Santangelo

L'hiver dernier, en me promenant en ville, j'ai assisté à une scène drolatique. Près du parking où j'étais garé, un homme entre deux âges marchait avec son bichon en laisse, à l'heure de le faire pisser - dans l'oeil la fierté du maître et une légère fatigue. Quand soudain, il s'arrêta au milieu de la voie, attacha la laisse du toutou au poteau priorité, et s'engouffra précipitamment dans les toilettes publiques. Il en ressortit quelques courtes minutes plus tard, visiblement satisfait, et repartit sans attendre la miction de son chien. C'était l'hiver dernier. Depuis lors, on peut facilement imaginer que cet ami des bêtes a abandonné à son compagnon à quatre pattes la commande de la télévision, et a réservé à son usage canin unique un des chiottes de la maison. Je n'ai jamais aimé les maîtres-chiens. Mais je ne sais pas que penser des chiens-maîtres...

Lorsque Quentin sortit des jupes de sa mère, ce fut pour être confié, durant le travail, à la vigilance de la chienne de la maison. Elle s'appelait Diane et supportait tous ses caprices. Alors que son sadisme d'enfant s'exprimait de mille manières à travers gestes et paroles, la chienne ne perdait jamais la placidité, la bienveillance et la tolérance de sa race envers les enfants. Il pouvait lui marcher sur la queue, lui tirer les oreilles ou lui envoyer des coups-de-poing, elle restait stoïque, calme, soumise. Pourtant, à l'âge adulte, célibataire et sans enfant, Quentin n'a jamais eu de chien. C'est peut-être que son sadisme d'enfant ne s'est jamais mué en ce masochisme adulte, déguisé sous un drôle d'autoritarisme, qui anime nombre de possesseurs d'animaux domestiques. « Et si je prenais un chien ? » se disent-ils face au vide. Et ils vieillissent à quatre pattes...

Dans les campagnes, pour se moquer de l'étalage de richesses, on dit aisément du parvenu : « il n'attache pas son chien avec des saucisses ! »

Moi, je n'ai pas les moyens matériels de m'occuper d'un ami canin. Pourtant, j'ai souvent l'impression, en marchant en rond, toute la journée, dans mon appartement, de chercher à me mordre la queue...

Les chiens aboient ; la caravane passe....

Santangelo

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