En apprenant la mort de Christian Bobin, cette après-midi, dans cette revue de presse continuelle qu'est devenu mon téléphone, j'ai d'abord pensé à « un Bruit de Balançoire », chroniqué sur ce blog, il y a plusieurs mois. Une digression sur Ryokan, moine bouddhiste déshérité, qui tient à la fois du Diogène alcoolique et du curé de village calligraphe, sous forme de courtes lettres. À la suite de cette lecture, je m'étais procuré un ouvrage de petits haïkus dudit moine.
Et puis, en cherchant rapidement, parmi les quatre ou cinq piles de livres, parterre, dans mon salon, sortis de cartons faits il y a dix ans, comme les derniers fruits de ma bibliothèque dilapidée, j'ai trouvé « le Très-Bas. » Une biographie poétique de Saint François d'Assise, qui m'avait beaucoup plu, à sa sortie, en 1992. Le livre avait connu un grand succès et, malgré ma méfiance d'alors envers les succès de librairie, j'avais pleuré de bout en bout. J'avais enquillé, plus tard, sur « une petite Robe de Fête » et « la Part manquante » sans y retrouver le goût salé des larmes de cette découverte. C'est, sans doute, ce pour quoi je l'ai conservé jusqu'à aujourd'hui. Ça méritait bien un petite poème chanté, même profane, pour saluer la mémoire de « l'ermite du Creusot. »
Or, alors que j'écrivais cette petite chanson de rien, j'ai reçu, sur ce même téléphone, un message d'un transporteur, me disant qu'il venait de tenter de me livrer un livre, acheté il y a deux jours, sur Internet. Personne n'a sonné et je crains que ma boîte à lettres ne soit vide. Il me faudra le récupérer, selon le message, dans une agence. Le livre en question, écrit par Antonio Moresco, s'intitule « la petite lumière. »
Santangelo