En voulant arroser mes plantes, la semaine passée, j'ai remarqué que, dans le fond de la bouteille en verre dévolue à cet effet, qui avait bien besoin d'un coup d'écouvillon, on pouvait observer de la verdure ; à l'odeur, sans hésitation : des algues. Je me suis demandé si la pollution aux algues vertes, qui a fait couler tant d'encre, dans la région, ces dernières années, avait gagné un endroit aussi reculé, dans les terres, que le mien. Et puis, j'ai compris. Je venais d'assister, in vitro, à la naissance de l'univers. Le mien.
La douleur crée-t-elle de la valeur ? Peut-être, avec le temps. Mais, elle n'est aucunement quantifiable, ni opposable, ni susceptible d'être comparée. Et, au final, il faut mieux n'avoir point trop souffert. Sauf à considérer un mieux.
Le régime sous lequel nous vivons, depuis déjà longtemps, pourrait, il me semble, être qualifié de démocratie impopulaire. Tout le monde est, plus ou moins, placé sous la tutelle de l'État, mais ne cesse de réclamer davantage d'aide et d'argent. Chacun sert, au moins par intermittence, d'agent du pouvoir, mais crie en permanence que celui-ci le réprime.
Drôle d'époque où personne ne supporte plus le moindre compliment.
Lorsque, encore enfant, mon père me dit que l'on mourrait le jour où l'on rencontrait son sosie, je suis resté perplexe. À l'adolescence, il me voyait souvent dans des lieux où je n'avais pas pu être. Plus tard, souvent, le matin, dans le journal, il croyait reconnaître des personnes sur les photos des pages locales, jusqu'à ce que ma mère le ramène à la raison. Aujourd'hui, j'aimerais que tout ça prenne sens ; mais j'ai peur d'être devenu un peu comme lui. Et si tout ça n'était qu'une fausse reconnaissance ?
Un Barça va. Deux Barça va. Trois bars : bonjour le Stade Brestois ! La pression était trop forte.
Santangelo