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Billet de blog 30 mai 2019

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Sur un Air de Campagne (45)

« Si vous viviez dans la rue / La tête nue sur le béton » début de mon premier poème, écrit à l'âge de dix ans dans un petit internat sordide, dont la seule qualité était de proposer dans sa bibliothèque minuscule l'essentiel de « La Comédie humaine » et de la saga des « Rougon-Macquart »...

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Le Tango des Allumés © Santangelo

Ces derniers jours, deux membres de l'Académie Française sont morts. Un Franco-Belge et un Franco-Russe. Ils avaient tous les deux obtenu le Prix Goncourt. Peu de pays peuvent se targuer d'attirer les écrivains étrangers et de les convertir à leur langue. En France, c'est une longue tradition.

La Nation c'est la langue. La République est, avant tout, un rêve littéraire. Elles ont sans cesse besoin de forces vives. Les écrivains français, depuis toujours, viennent de la province et de l'étranger.

Pourtant, dans nos campagnes et nos villes tranquilles, la littérature ne fait plus rêver. Et l'arrière-pays a de plus en plus de mal à former son quota d'auteurs.

A moins que ce ne soit la Capitale qui n'arrive plus à les intégrer.

Montaigne et Erasme correspondaient. Spinoza et Descartes s'éditaient. Voltaire et Rousseau se chamaillaient. Georges Sand et Chopin, Flaubert et Madame Hanska s'aimaient. Miller et Delteil s'admiraient. Senghor et De Gaulle se respectaient. Sollers et Kundera écrivaient dans la même revue.

Aujourd'hui, Pierre Michon vit à Nantes éloigné de la scène littéraire et Gao est oublié en banlieue.

Qu'ils soient provinciaux ou étrangers, les écrivains français pourront-ils continuer à entretenir la lumière s'ils ne peuvent plus se rencontrer ? Se lisent-ils encore entre-eux ? Paris est-elle toujours un phare pour la littérature mondiale ? Si non, à qui la faute ?

Saul Santangelo des Regs

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