Quand je pense au corps social, je pense à la construction humaine. Sa société, sa structure, ses textes, ses lois, ses codes. Et ensuite, à sa culture. Mais est ce que ce ne serait pas plutôt l’inverse qu’il faudrait penser ? D’abord à sa culture et ensuite, et seulement ensuite, à tout ce que l’on a structuré. La culture, c’est un mot valise. On peut y mettre les traditions, la religion, les spécificités locales. C’est un mot bien pratique. Et quand on pense à la culture du monde, on est un peu étourdi, voir aveuglé par le tourbillon de déclinaisons que les humains ont pu faire.
Il n’y a pas une culture terrestre aujourd’hui. Il y a toute une arborescence. Et cela va continuer avec l’arrivée des extraterrestres. Alors non, pas les petits bonhommes verts que l’on a pas vu arrivé, mais bien ceux que l’on va créer nous même. Nos explorations spatiales ne seront pas sans conséquences pour les plus téméraire d’entre nous. Ils vivront sur une planète différente, avec des rotations différentes et donc des cycles différents. Ils vont créer leur propre culture, leur société : un nouveau corps social.
Un corps social qui se baserait sur des choses essentielles de la vie de tous les jours : les paroles et les actes. Comme nos ancêtres. La parole fait société. Remettre une discipline dans nos mots, pour éviter l’écart, la blessure permettrait de construire cette culture. Porter attention à ce que l’on dit, retravailler toutes critiques qui nous viendrait à l’esprit, appliquer les « il faut » ou les « je dois » que l’on se donne à soi même. Cette discipline déboucherait sur un corps social qui porterait attention à toute chose, de la plus subtile des paroles aux petits gestes d’attentions. Nous en sommes loin, nous sommes plutôt parties dans la réécriture des histoires, ses inversions, ses scandales, ses ombres. Travailler l’énergie de l’Amour nous ennuie, nous préférons allègrement alimenter nos caprices. Et tant pis pour la planète.
Et pourtant, si on se le permettait, quel monde souhaiterions nous ? Pour ma part, une culture qui considérerait la Terre comme son égal. Une culture qui admettrait que les arbres sont des catalyseurs de la pensée. Une culture qui refuserait de brûler les arbres pour se chauffer. Enfin, un culture avec une spiritualité: celle de l’Amour de la Terre. Et s’il y a spiritualité, pourquoi pas un petit mantra ?
Notre mère qui est à terre,
Que ton nom soit préservée
Que ta vérité apparaisse
Que ta sensibilité se révèle dans le monde comme dans l’univers
Donne nous aujourd’hui notre nourriture du jour
Pardonne nous notre prédation
Car nous apprenons aussi à ne pas être prédateur
Ne nous soumet pas à ta colère
Mais délivre nous de la déconnexion