Le FN persévère dans ses attaques contre le journaliste toulousain Pascal Pallas

Le Front National vient de se pourvoir en cassation, suite à l’arrêt de la Cour d’appel de Toulouse qui a relaxé le 8 juin le journaliste Pascal Pallas - rédacteur en chef de « Voix du Midi » - ainsi que les époux Portheault, des accusations de diffamation portées par ce parti.

La Cour d’Appel a confirmé la relaxe déjà prononcée par le Tribunal correctionnel de Toulouse le 25 février, mais a supprimé les intérêts civils qui avaient été accordés aux mis en cause.

Rappelons que suite à un article paru dans « La Voix du Midi » le 24 novembre 2014, le FN avait porté plainte en diffamation contre Pascal Pallas, l’auteur de l’article, et contre les époux Portheault. Ceux-ci, anciens militants frontistes, avaient expliqué dans un entretien à « Voix du Midi » les raisons de leur départ de ce parti ; ils dénonçaient en particulier des propos racistes et homophobes prononcés par des membres du FN de la Haute –Garonne (ici).

Puisqu’il n’a pas gagné sur le fond et n’a pas réussi à faire condamner pour diffamation Pascal Pallas et les époux Portheault, le FN emploie l’arme économique en allant devant la Cour de Cassation. Cette procédure va entraîner pour Pascal Pallas et son journal, ainsi que pour les époux Portheault, des frais d’avocat conséquents, alors que les précédents frais ont déjà été entièrement à leur charge. Il est évident qu’il s’agit de mettre en difficulté financière un journal et un journaliste qui font leur travail et des citoyens qui exercent leur liberté d’expression.

Nous sommes convaincus que la Cour de Cassation ne reviendra pas sur la relaxe prononcée par la Cour d’Appel, mais nous demeurons vigilants sur cette procédure. Car le prix est lourd à payer dans tous les sens du terme. Il serait temps de nous interroger sur la solidarité et le soutien concrets à apporter aux journalistes et à tous les citoyens mis en difficulté par des méthodes - dont le FN n’a d’ailleurs pas le monopole - et qui visent à dissuader de rendre publics certains faits.

Sylviane Baudois, présidente de l’Association des Journalistes de Toulouse et de Midi-Pyrénées

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