Quid du régime spécial des retraites de ceux qui nous gouvernent?

Les régimes spéciaux de retraite sont évoqués comme l'ennemi à faire disparaître, mais je n'ai à aucun moment vu mention du régime spécial dont les membres du gouvernement bénéficient pour eux-mêmes. Aucun système de remise à plat du mode de redistribution des retraites ne me semblera «juste» à moins que cette question ne soit posée.

Grâce aux différents articles documentés explicitant les dessous de la réforme des retraites telle que visée par le gouvernement (et de ce fait sur l'importance de se mobiliser pour la faire capoter) je commence à y comprendre quelque chose...

Merci donc à vous tous qui prenez le temps d'éclairer la lanterne des personnes qui, comme moi, n'ont pas la lecture de l'implicite se cachant derrière les "diplomatiquement corrects" éléments de langage qui nous sont servis par les autorités "bien pensantes" autant que si nous étions des oies à gaver.

Une chose m'étonne toutefois : les régimes spéciaux de retraite sont évoqués par les défenseurs du régime réformé comme l'ennemi à faire disparaître, mais je n'ai à aucun moment vu mention du régime spécial dont ces mêmes défenseurs bénéficient pour eux-mêmes.

Est-ce mon ignorance en la matière qui est à blâmer ?
Ou est-ce parce que 5 années à travailler jour et nuit pour la nation, passant d'un dîner-débat à un voyage de représentation à l'étranger, quand il ne s'agit pas de se retrousser les manches sur la scène d'un grand débat, ou même de remonter les bretelles de ses troupes, le tout avec pour seule destination de congés le lieu de réclusion d'une île coupée du monde par une armada d'officiers de sécurité (si cela se trouve avec toujours pas de piscine pour prendre un minimum soin de soi...), donnent lieu à un tel amoncellement de pénibilités qu'un départ à la retraite à 45 ans est possible sans décote ???

Et le comble à mes yeux dans tout cela, c'est que dans trois ans environ en terme de choix, nous aurons :
- soit celui d'offrir à l'heureux élu une jolie retraite à ne rien faire (c'est-à-dire pour qu'enfin il fasse ce que nous souhaitons qu'il fasse : qu'il arrête de faire ce pour quoi il a reçu mandat par d'autres que nous),
- soit celui de continuer à offrir, pendant cinq années supplémentaires, à ce potentiel heureux réélu une jolie rémunération assortie des avantages en nature d'être logé(s*), nourri(s*), blanchi(s*) pour, soit disant, travailler pour nous...

(*Je me permets d'inclure sa douce et tendre car ce ne serait pas juste qu'il subvienne seul aux besoins de cette dernière au vu des services qu'elle rend à la nation en le soutenant dans son difficile engagement pour promouvoir ce dont personne ne veut et contre lequel tout le monde se braque à tort.)

Mais je m'égare, revenons à nos moutons, combien y aurait-il à gagner si l'on mettait l'argent de ce régime spécial là de retraite dans le pot commun pour que le régime général en bénéficie aussi ? 

Et si l'on y ajoutait aussi les sommes "investies" sur la tête de tous les autres serviteurs de l'Etat (providence comme on le sait bien...) pour leur garantir une fin de vie décente sans qu'ils aient besoin (ni même la tentation d'ailleurs !) de vendre leurs services à des intérêts non-communs qui risqueraient de corrompre leur vision du Bien Commun ?

Si cela se trouve, on y gagnerait une somme presque équivalente à un pourcent du PIB.
Là je parle depuis le sommet de mon ignorance en la matière... non pas toutefois "juste pour parler", mais bien plutôt pour mettre en lumière une manière supplémentaire de gagner de la réserve de trésorerie pour servir notre bien à tous.
Car, quoi qu'il en soit, c'est-à-dire quel que soit le pourcentage exact du PIB qui pourrait ainsi être ajouté au montant alloué au régime général des retraites, cela permettrait de dépasser d'autant les quatorze pourcents du graal universel que notre gouvernement, dans sa grande mansuétude et sans considération aucune du nombre de personnes concernées, accepte d'accorder au paiement des retraites de la totalité de la population ?

D'ailleurs, y a-t-il quelque chose d'écrit, quelque part dans les règles de versement de la retraite de ces "loyaux serviteurs d'état", que les droits à versement sont immédiatement interrompus lorsque des revenus sont perçus dans le cadre d'une activité professionnelle / institutionnelle / paritaire / ... ?
Y compris si cette activité est exercée à titre indépendant et si lesdits revenus ont pour but de dédommager les efforts fournis pour dispenser au gré de conférences les fruits de l'expérience et de la sagesse issus de l'exercice des fonctions suprêmes.

Je m'emballe, je m'emballe, je ne sais pas trop si tout cela a du sens ; peut-être ce fameux sentiment d'être incompétent que l'on nous colle sur le dos en nous faisant croire que ce n'est pas la peine que l'on explique puisque nous ne sommes pas capable de comprendre...

Ce que je sais, quoi qu'il en soit (lorsque je me prends à réfléchir par moi-même, ouf j'y arrive encore...) c'est qu'aucun système de remise à plat du mode de redistribution des retraites ne me semblera "juste" à moins que ces questions ne soient posées et que des réponses équitables y soient apportées.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.