Réponse à l'article " de Varsovie à Washington, un mai 68 ..." sur le "Monde d."

Bonjour, j’aimerais juste répondre à l’article paru dans le Monde «  de Varsovie à Washington, un mai 68 à l’envers «  par Pierre Rimbert . Je précise que je n’ai aucune dépendance intellectuelle avec ce pays ni financière ou même affective actuelle, tout au plus, des affinités qui restent inclusives si les lecteurs acceptent de les partager.

Je voudrais apporter quelques nuances à cet article, que l’auteur refusera peut-être de comprendre. Je précise que je ne lui demande pas de les accepter, juste de les lire sereinement et en toute conscience.

Pour commencer, quand il  parle de"  l’Allemagne" :

« En Allemagne, pays de la stabilité, il est un domaine réputé encore plus réfractaire au changement que le culte de la monnaie forte et l’amour des comptes équilibrés ":

- Ce terme représente  uniquement une généralité qui, à mon humble avis, ne correspond pas aux capacités décisionnelles de toute une population, qui elle comme la nôtre, a pu plier sous le joug des dictatures ou des autoritarismes politiques, financiers et industriels de l’époque (guerres fameuses avec nos voisins, les moyens technologiques des siècles derniers nous limitant tout de même encore un peu aussi , CRISE mondiale de 1929, et j’en passe…) Il  passe sous silence  une oligarchie aux manettes des décisions qui ont négligé ce qui se passait et ce qui s’ exprimait à la base, pour n’entendre que le son de leur voix guerrière économique ou militaire. Déjà à cette époque-là, les mentalités accordant une importance prépondérante et excessive aux hiérarchies  avaient joué un rôle non anodin au niveau décisionnel, certaines se dissimulant sans doute, et dans les meilleurs des cas, honteusement derrière les extrêmes, n’entrevoyant aucune solution pacifique aux cataclysmes existants.

D’autre part faire de l’Allemagne l’unique vecteur de » l’amour des comptes-équilibrés » me semble excessif mais ce pays devrait effectivement tenir compte de la nécessité élémentaire et primordiale d’échanges équitables et régulés avec les autres pays et privilégier la dette légitime pour laisser tomber la dette illégitime sans porter préjudice à ceux ou celles qui n’y sont pour rien s’ ils/elles n’ont eu que le droit d’obéir à des injonctions et affirmations, d'abord publicitaires, ceci malgré des décisions notamment d’ordre militaires très controversées par cette population (ou ces populations) qui n’ont pas eu son mot direct et collectif à dire sur la question ( militaire) rapporté et respecté dans les  instances officielles.

 

 Vous affirmez d’autre part « Premier client de l’industrie rhénane, les États-Unis contestent de plus en plus ouvertement le mercantilisme et les choix sociétaux de leur partenaire. « 

- je ne conteste pas vos propos mais est-ce l’affaire unique de l’Allemagne ? N’auriez-vous pas tendance à vous en servir de bouc émissaire au lieu d’accepter de résoudre les problèmes de fond des peuples avec eux et rester ferme face à ce type de comportements commerciaux et financiers internationaux abusifs devenus maintenant trop célèbres et presque monnaie courante ( avec un jeu de mots) pour pouvoir les nier ?

 

Vous finissez ainsi : " Premiers fournisseurs de main-d’œuvre sous-traitante pour l’industrie allemande et, à ce titre, architectes méconnus de sa réussite, les pays d’Europe centrale et orientale se rebellent contre les impositions de leur voisin, notamment en matière migratoire. « La situation menace de ranimer un vieux cauchemar allemand,note Gideon Rachman, du Financial Times (7 mars 2017) : la peur d’être une grande puissance isolée au centre de l’Europe. »

Oui , il est bien évident que la sous-traitance ultra-libérale en Allemagne a favorisé sa réussite actuelle , très relative selon différentes échelles de valeurs,  en matière d’économie. Mais si une gestion politique nationale  humaniste appliquée à tous et toutes était mise en place avec un cadre démocratique déontologique connu de tous et toutes, ces excès de pouvoirs centralisateurs dont vous vous plaignez aussi, comme bien d’autres et dont je fait partie, ne seraient -ils pas jugulés rapidement et remis à leur place par une législation indépendante au moins autant préoccupée de légitimité que de légalité financière et commerciale, l’une devant faire pencher la balance de son côté en cas d’excès de l’autre, à moins qu’il ne faille renverser la table des comptes pour repartir à zéro mais sur de bonnes bases, et solides ? Il n’y aurait alors plus besoin de développer un sentiment «  d’amour «  pour les équilibres budgétaires recadrés dans les plus comme dans les moins, car , je vous l’accorde volontiers, cet amour  me paraît aussi carrément excessif !

Cela reste autant d’interrogations auxquelles je ne peux pas être la seule à y répondre en toute honnêteté et de manière démocratique non délégataire  !

 

Cordialement

Schmilblick

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