Des lycéens bien sages...

Quand le ministre nous écrivait pour calmer la fougue lycéenne... il fallait lire entre les lignes.

Mesdames et messieurs les Professeurs,

Notre pays est confronté à une situation exceptionnelle (et prévisible).

 Au cours des jours derniers et dans certains de nos territoires (appauvris et fragilisés), des violences (d'Etat) particulièrement intenses sont apparues dans (le but de briser) des cortèges composés en partie de lycéens (et de réfractaires).

 Dans ce contexte, la protection des personnes (méprisées) et la sécurité (inadaptée) des établissements (vétustes) doivent être notre première priorité.

 C’est pourquoi, au regard du degré de violence qui émaille certaines manifestations (réprimées sans discernement), il est indispensable d’appeler à la sérénité (feinte), au calme (précaire) et au respect (condescendant) des personnes et (surtout) des biens. C’est une exigence démocratique au cœur (malade) de notre école (divisée).

 Dans ces circonstances, j’en appelle à la responsabilité (soumise) de chacun et à un discours de sérénité (obligatoire) adressé aux élèves. Ce message a également vocation à être partagé avec les familles (méfiantes) pour qu’elles soient pleinement conscientes (et puissent vous rendre responsable) des risques que courent leurs enfants en se joignant à des attroupements qui ne sont ni organisés ni encadrés (puisque préparées hors de l’enceinte et du temps scolaires via réseaux et smartphones librement utilisés). Appeler des élèves (absents) à se mêler aux désordres urbains revient à leur faire courir un danger grave (en raison de fréquentes violences policières et de casseurs non-lycéens).

 Pour faire (semblant de faire) face à cette situation, vous pouvez (peu) compter sur l’institution tout entière (épuisée aux tâches courantes et aux réformes non concertées) et en particulier sur les équipes de direction (en sous-effectif), qui sont à vos côtés pour protéger (sans moyens supplémentaires) les élèves (inquiets) et l’ensemble des personnels (désabusés).

Nous avons (uniquement) confiance dans l’avenir (économique) de notre jeunesse (précarisée). Je vous remercie donc de contribuer (sans crédibilité) à l’apaisement (illusoire) dont nos lycéens ont besoin pour se construire et réussir (malgré la baisse programmée des moyens humains).

En transmettant connaissances (indigestes) et valeurs (bafouées) à tous les élèves (désespérés), les professeurs (en souffrance) sont au cœur de la République (en crise). Aussi, je tiens à vous assurer de mon profond (et obséquieux) soutien pour l’accomplissement (sacrificiel) de votre mission (impossible).

 

Avec toute ma confiance (en moi),

(presque) Jean-Michel BLANQUER

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