Pour une école de la confiance (décrétée)

Quand on nous imposait la confiance... il fallait comprendre le sens caché.

Mesdames et messieurs les professeurs,

 La confiance (feinte) est un état d’esprit indispensable (à faire admettre) si nous voulons transmettre à nos enfants l’essentiel (rentable), la confiance en leur réussite (économique) et en leur avenir (sans croissance). Or, nous devons avoir à l’esprit (d'entreprise) que notre École ne réduit pas encore suffisamment les inégalités sociales (parce que c’est trop cher). 20 % des élèves (pauvres) à l’école primaire ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux, 22 % des jeunes (pauvres) de 20 à 24 ans sont ni en emploi, ni en enseignement, ni en formation. […]

Comme vous le savez (amèrement), le projet de loi pour une École de la confiance est actuellement en (prétendue) discussion au Parlement. Il a été adopté (docilement) en première lecture par l’Assemblée nationale le 19 février 2019 et sera (vaguement) examiné par le Sénat à partir de la mi-mai. Comme je l’ai indiqué, il s’agit de donner plusieurs leviers nouveaux à notre action (contre la volonté) collective (,) au service de l’élévation du niveau général (des mécontentements) et de la justice sociale (à deux vitesses). […]

 Une réponse pédagogique plus personnalisée est une des clés de la réussite de tous. Nous avons mis à votre disposition (sans consultation préalable) des outils d’évaluation (abscons) nourris du meilleur de nos (pseudo) connaissances pédagogiques et vous offrant des points de repères nationaux (illisibles). Je veux vous remercier pour votre engagement (obligatoire) dans leur mise en œuvre. Nous continuerons à les améliorer grâce à vos contributions comme nous avons déjà commencé à le faire (sans vous impliquer). […]

 Vous êtes les premiers acteurs (tragiques) des politiques scolaires qui se situent (soi-disant) à l’avant-garde du (prétendu) progrès social. À ce titre, tous les Français (inquiets) vous doivent gratitude et respect (à défaut de confiance). L’article 1er du projet de loi, qui ne crée aucune obligation nouvelle pour les professeurs, je tiens à le préciser (car le texte est volontairement ambigu), rappelle ce principe sur lequel je ne transigerai pas (en apparence) : le respect par les parents et les élèves de l’institution scolaire et de ses personnels.

 Cette confiance dans les professeurs se traduira concrètement par (rien de tangible sinon) le (vague) renforcement de votre (inexistante) formation initiale et continue (sans moyens financiers) et par votre droit à l’expérimentation pédagogique (bénévole). […] Nous avons souhaité donner un cadre juridique plus solide (et contraint) à ces expérimentations en offrant (par amendement, sans consultation ni étude d’impact) la possibilité de créer un établissement public local d’enseignement des savoirs fondamentaux.

 La création de cet établissement repose sur l’accord (exigé) de tous les acteurs locaux, c’est-à-dire de la communauté éducative (désorientée) et des élus (contraints). Il représente une liberté nouvelle (de privatiser un service public) et non une obligation (sauf budgétaire). En aucun cas, il n’a vocation à faire disparaître des écoles (pauvres) et encore moins leurs directeurs (surmenés), contrairement à ce qui peut être écrit ici ou là (par les médias, les syndicats, les élus, les parents d’élèves et les enseignants). C’est tout l’inverse (que vous devez croire). Avec ces nouvelles dispositions, les directeurs seront davantage encore les acteurs locaux (impuissants) de l’école (abandonnée).

 La politique menée depuis deux ans, approfondie (telle une tombe) par ce projet de loi, va nous permettre de mieux accompagner (dans leur chute) les élèves entre 3 et 18 ans. Durant cette première étape de la vie, il est en effet important de transmettre des connaissances (lucides) et des valeurs (de révolte), de susciter de l’envie (de résister) et de l’engagement (dans la lutte), et de donner à tous nos élèves cette confiance (combattive) en eux-mêmes qui leur permettra d’être pleinement acteurs de leur vie (confisquée).

 Je sais que je peux compter sur (la culpabilisation pour obtenir) votre engagement et sur cette conviction commune que notre École, à la fois exigeante (envers son personnel) et bienveillante (envers ses saboteurs), est le levier principal (de la destruction) du progrès individuel et collectif dans notre pays. 

 Avec toute ma confiance (en moi),

 (Presque) Jean-Michel BLANQUER, Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse

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