Le moment Batman

Ce fut, il y a bientôt longtemps, le passage Joker. Non pas le jus de fruit, mais le personnage DC comics bariolé a eu son temps de gloire, dans la réalité. S"échappant de Gotham pour mieux surgir dans notre société, il s'incarna un temps dans les mouvements contestataires post-modernes (et pourquoi pas, soyons fous, contemporains).

Cela redonna quelques couleurs aux luttes, manifestations, rassemblements et mouvements, en plus d'une certaine humeur quelque peu Dada, voire insensément pataphysicienne. Peut-être ridicule, certain médiront, toujours. Mais auprès des anonymes en noir, des gilets jaunes (qui les portent, au fait ? des hommes invisibles ?), se joignait l'absurde en vert et vilain et il n'aurait plus manquer que les rouges, qui étaient de nouveau en piste (d'un nouveau chef ?), pour que la grande Circé soit réveillée par toute la sarabande. Celle-ci même qui transforme les hommes politiques en cochons et les colchiques dans les prés.

Las !

La chauve-souris est arrivée ! Avec son pangolin de compagnie sous le bras, elle est tapie dans l'ombre, la tête à l'envers. Elle nous confie le confinement, la batcave pour tous. Sous son aile, l'ordre et l'auto-austérité rogneront. A dégager ! Les rues sont vides et les paroles se voilent. On enquête, on s'inquiète. On fait le dos rond.

Alors, on arrête de tourner. Un temps de pause, on attend que ça passe.

Tout n'a qu'un temps et c'est tant mieux.

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