Remaniement – La fin de l'ouverture ?

Ecarté du gouvernement après les régionales, Martin Hirsch s'apprête à rejoindre les équipes du PS. Où en sont ceux qui, comme lui, ont symbolisé la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy ?
Ecarté du gouvernement après les régionales, Martin Hirsch s'apprête à rejoindre les équipes du PS. Où en sont ceux qui, comme lui, ont symbolisé la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy ?

Martin Hirsch – Retour aux sources

Ancien président d'Emmaüs France, Martin Hirsch a été l'une des « prises » sociales de Nicolas Sarkozy en 2007. Nommé alors Haut-Commissaire aux solidarités actives contre la Pauvreté, Hirsch a mis en place le Revenu de Solidarité Active (RSA). Il justife à l'époque son entrée au gouvernement par son désir de « sortir de la dichotomie entre une gauche qui défendrait l'assistanat et une droite qui s'est arrogé le monopole de l'effort ». Progressivement mis de coté, il quitte le gouvernement après la défaite de l'UMP aux élections régionales de 2010. Libre depuis, il vient de sortir un livre, Pour en finir avec les conflits d'intérêts, qui a fait polémique dans les rangs de la droite. Comme l'annonce France-Soir de ce vendredi, il s'apprête désormais à collaborer avec Terra Nova, le laboratoire d'idées du PS. Un retour aux sources en somme.

Eric Besson – A droite toute

Il est l'une des figures de l'ouverture. Ou des polémiques qui en ont découlé. Auteur d'un pamphlet anti-Sarkozy au cœur de la campagne présidentielle où il était en charge des questions économiques pour le PS, il a subitement changé de bord. D'abord nommé Secrétaire d'Etat à la prospective, Besson a pris du grade en devenant le Monsieur Immigration du gouvernement, aux côtés de Brice Hortefeux. Ministre de l'Identité nationale (dont il a lancé le grand débat polémique) depuis janvier 2009, Eric Besson est désormais un homme fort de la droite conservatrice. Le prochain remaniement, prévu en novembre, ne devrait pas remettre en cause sa place au sein de la majorité présidentielle même si son projet de loi sur la déchéance de la nationalité crée des remous dans les rangs de l'UMP. Il a annoncé avoir « pour l'heure, l'envie de rester au gouvernement. »

Jean-Marie Bockel – La « gauche moderne » de l'UMP

Lui aussi issu du Parti socialiste, cet ancien ministre de François Mitterrand et actuel secrétaire d'Etat à la Justice tient un discours contradictoire. Président du parti Gauche Moderne, il estime que l'ouverture est toujours d'actualité, particulièrement à l'approche de l'échéance de 2012. « Mais pour gagner le second tour, nous devrons être rejoints par des électeurs venant du centre et de gauche », explique-t-il, se sentant utile dans cette entreprise. Ce qu'il justifie ainsi : « Pour cet électorat, la Gauche moderne est un signal, un marqueur : on peut être de gauche, ne pas se renier, et se retrouver avec la droite et le centre autour d'un programme auquel on aura contribué. C'est pourquoi notre présence au gouvernement reste d'actualité. »

Bernard Kouchner – Le déserteur ?

Cofondateur de Médecins du monde et Médecins sans frontière et ministre de plusieurs gouvernements de gauche, Bernard Kouchner a surpris sa famille politique en acceptant le poste de ministre des Affaires étrangères que lui a confié Nicolas Sarkozy en 2007. Mis sur la touche en raison de l'omniprésence diplomatique de l'Elysée, il a exprimé ouvertement son ras-le-bol, concédant avoir pensé à démissionner. Ce qu'il n'a, pour l'instant, pas fait car, selon lui, « s'en aller, c'est déserter ». A quel jeu joue-t-il ? Souhaite-t-il poursuivre sa mission auprès de l'UMP ? Rien n'est moins sûr après ses récentes déclarations, rapportées par RTL, où il avouait entretenir des « relations très dures avec Nicolas Sarkozy » : « Je sais que je vais partir ».

Fadela Amara – L'échec à la ville

A l'heure où la droite fait dans la surenchère sécuritaire, Fadela Amara a du mal à cacher son agacement. Comme Bernard Kouchner. Mais elle est toujours là. Femme de gauche, elle a été un « triple coup médiatique » pour Nicolas Sarkozy, selon l'expression d'Eric Zemmour qui pointait là sa triple condition de femme, fille d'immigré et de gauche. Symbole de l'ouverture, l'ancienne présidente de l'association « Ni putes ni soumises » voit ses jours au gouvernement comptés. La faute à ses critiques répétées à l'égard du gouvernement mais aussi à l'échec de sa politique de la Ville et de son plan « Espoir Banlieues ».

 

Paru sur francesoir.fr

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