Retraites – Au Sénat, le PS est sur le pied de guerre

Des centaines d'amendements, une motion référendaire. Lors de l'examen de la réforme des retraites à partir de mardi au Sénat, le Parti Socialiste compte jouer son va-tout mais affirme ne pas « avoir de stratégie de blocage ».

Des centaines d'amendements, une motion référendaire. Lors de l'examen de la réforme des retraites à partir de mardi au Sénat, le Parti Socialiste compte jouer son va-tout mais affirme ne pas « avoir de stratégie de blocage ».

Dernière ligne droite pour la réforme des retraites. Alors que la mobilisation de la rue ne faiblit pas, la réforme-phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy passe son deuxième examen. Celui du Sénat, à partir du mardi 5 octobre. « Les Français sont remontés, mobilisés face à un projet mais aussi face au contexte ambiant », jure Raymonde Le Texier, sénatrice PS du Val-d'Oise et vice-présidente de la commission des Affaires sociales du Sénat. Ainsi le Parti Socialiste compte poursuivre son opposition à un texte qu'il juge « mauvais dans sa philosophie, brutal et injuste », selon la sénatrice.

« Prendre nos compatriotes pour des crétins »

Si l'UMP, et notamment François Fillon, a multiplié les effets d'annonces et concède que des « aménagements » sont encore possibles, le PS va lui jouer son va-tout. Plusieurs centaines d'amendements vont être déposés (400 par le Parti de Gauche et 300 par le Parti Socialiste) ainsi qu'une motion référendaire. « Il n'y a aucune stratégie de blocage de notre part », affirme Raymonde Le Texier en réponse aux accusations lancées par la majorité à qui elle reproche de prendre « nos compatriotes pour des crétins ». Le dépôt d'une motion référendaire étant actée, le PS espère y trouver un moyen pour que « chacun donne son avis sur une réforme importante de notre société. A partir de cette motion, on demande un retrait du texte pour repartir sur de nouvelles bases. »

Après les scènes de cohue montrant les députés socialistes poursuivant Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale, lors des débats à la chambre basse, Mme Le Texier prédit que le débat sera plus serein au Sénat. « Ce n'est pas le même règlement, explique-t-elle. Gérard Larcher, le président du Sénat, ne peut pas faire comme Bernard Accoyer, et n'a pas envie de le faire. »

Le PS résigné ?

Dans un Sénat où l'UMP doit rassembler les voix de son propre camp ainsi que celles de l'Union centriste pour établir une majorité, les socialistes peuvent trouver d'inattendus alliés. Tout du moins pour défendre la retraite à 65 ans. « Certains centristes peuvent nous aider puisqu'ils veulent maintenir l'âge légal de 65 ans, assure Le Texier. Ce serait déjà énorme. »

Sur le fond, le parti de Martine Aubry reproche au texte de n'être « qu'un ajustement comptable, rien de plus ». Un projet qui, selon la sénatrice du Val-d'Oise, fait « l'impasse sur l'éventualité d'une réforme systémique, confond pénibilité et invalidité et pénalise essentiellement les femmes ». Remontés, les socialistes promettent donc de « se battre sur tout ».

Suffisant pour faire plier et reculer le gouvernement ? Lucide, Raymonde Le Texier n'y croit pas. « Je sens la droite arc-boutée sur ses positions comme s'il fallait sauver l'honneur en ne reculant pas, lâche-t-elle. Ils feront des concessions sur quelques points qui ne seront que de la poudre aux yeux. Et ils présenteront cela comme des avancées. »

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