Quand Copé invite un député communiste à son Forum sur la croissance économique

Mardi soir, Jean-François Copé réunissait chefs d'entreprises, étudiants, députés et ministres pour son quatrième Forum de Génération France sur le thème de la croissance économique. Vice-présidente de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, Laure de la Raudière explique ce qui lui plait dans la démarche du patron des députés UMP et revient sur la présence "presque extrême" du député communiste Jean-Pierre Brard au forum du cercle de réflexion "copéiste".

Mardi soir, Jean-François Copé réunissait chefs d'entreprises, étudiants, députés et ministres pour son quatrième Forum de Génération France sur le thème de la croissance économique. Vice-présidente de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, Laure de la Raudière explique ce qui lui plait dans la démarche du patron des députés UMP et revient sur la présence "presque extrême" du député communiste Jean-Pierre Brard au forum du cercle de réflexion "copéiste".

 

Jean-François Copé peut se réjouir. Son quatrième Forum de réflexion de Génération France, dédié à la « Nouvelle croissance », a été un succès en terme d'affluence. Ils étaient plus de 600 venus pour discuter d'une « nouvelle stratégie économique » pour la période 2012-2017. Une manière pour le patron des députés UMP de se rendre un peu plus indispensable à la majorité. Parmi les invités de ce débat voulu « contradictoire », principalement des patrons de banques, de PME mais aussi Laurence Parisot du MEDEF, des députés de la majorité ou des membres du gouvernement. Au premier rang tout au long des discussions, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel s'est fait remarqué, tout comme la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac. Pour le contradictoire, seul le député Jean-Pierre Brard, du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, avait fait le déplacement.

Invitée pour son expertise des questions économiques, la députée d'Eure-et-Loir et vice-Présidente de la commission des Affaires économiques, de l’environnement et du Territoire de l’Assemblée Nationale, Laure de La Raudière se montre enthousiaste des débats engagés « dans ce lieu d'échanges ouvert » et esquisse une critique voilée de la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy.


Qu'avez-vous pensé de ce quatrième Forum de Génération France ?
Laure de la Raudière.
J'ai été très intéressée, d'autant plus que ces questions économiques et de croissance sont les sujets sur lesquels je travaille en tant que vice-présidente de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. On a pu discuter de tout ce qui pèse sur les entreprises, des freins aux PME... J'ai apprécié l'envie d'établir une action politique pédagogique. Il y avait des patrons étrangers et je trouve cela bien. Il faut arrêter de raisonner toujours franco-français. C'est un changement radical dans la manière de faire de la politique.

Etes-vous une habituée des réunions de Génération France ?
J'y vais assez régulièrement, surtout sur les thèmes qui me concernent. J'apprécie que Jean-François Copé mettent autour du même débat des acteurs très différents. Pas comme dans un parti politique. Mardi soir, il y avait des étudiants, des banques, des PME, le MEDEF, des députés et des ministres. On a besoin de s'enrichir des gens qui ont des idées.

Il y avait également le député communiste Jean-Pierre Brard.
Oui, il était là. C'était presque extrême (rires). Mais il manie son idéologie communiste avec beaucoup d'humour. Le débat est plus intéressant lorsqu'il n'y a pas que des idées monocordes. Philippe Meunier (député UMP du Rhône, animateur de l'atelier Equilibre de Génération France.fr, ndlr) a par exemple vanté la nécessité de créer un nouveau contrat social. Il n'a pas le même discours qu'un député UMP plus libéral. C'était un débat riche d'idées.

Pouvez-vous avoir ce même type d'échanges dans l'Hémicycle ?
Bien entendu, ces débats nous les avons dans le travail parlementaire, le travail en commissions lorsque nous auditionnons des experts. Mais il est vrai que nous débattons rarement dans ce format ouvert de table-ronde. C'est un lieu d'échanges plus ouvert. A l'Assemblée, les discours se placent bien plus dans une logique de posture politique et politicienne.

La présence de Jean-Pierre Brard reflète-t-elle une « ouverture » à la sauce Jean-François Copé ?
Non, ce n'est pas une politique « d'ouverture ». Ce sont simplement des débats. Quand on travaille sur les sujets économiques, il faut écouter tout le monde. On s'enrichit de la pensée de chacun. La politique « d'ouverture » telle que la mène Nicolas Sarkozy est différente. Je ne dis pas que c'est mal. C'est juste différent car là, nous ne sommes pas dans l'action politique mais dans le débat. L'ouverture de Nicolas Sarkozy est plutôt une volonté d'aller chercher les meilleurs talents. Où qu'ils soient. Ce qui est une idée intéressante, dans l'absolu.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.