Quand un Français condamnait la politique italienne sur les Roms


En juin 2008, l’Italie de Silvio Berlusconi projetait de ficher les empreintes digitales des populations Roms. l’Union européenne avait alors vivement réagi, notamment par la voix du vice-président de la Commission... le Français et personnalité importante de la droite, Jacques Barrot.

En juin 2008, l’Italie de Silvio Berlusconi projetait de ficher les empreintes digitales des populations Roms. l’Union européenne avait alors vivement réagi, notamment par la voix du vice-président de la Commission... le Français et personnalité importante de la droite, Jacques Barrot.

Il y a dans l’escalade verbale entre Paris et Bruxelles sur la politique française à l’égard des Roms comme un air de déjà-vu. Plus encore lorsque Silvio Berlusconi et ses alliés de la Ligue du Nord, parti italien populiste, soutiennent Nicolas Sarkozy, comme l’explique le président du Conseil dans un entretien exclusif au Figaro.

Pourquoi le puissant homme politique transalpin se risque-t-il à soutenir la politique de Paris quand le reste de l'Europe la dénonce ? Sans doute parce que Silvio Berlusconi sait ce que vit le chef de l’Etat français dans sa joute avec la Commission européenne et sa commissaire à la Justice, la luxembourgeoise Viviane Reding. Ironie du sort, lorsque l’Italie était au cœur de la tourmente, son pourfendeur à la Commission était un Français : Jacques Barrot. L’actuel sage du Conseil constitutionnel avait alors tancé le gouvernement transalpin.

Berlusconi campait sur ses positions

C’était il y a à peine deux ans. Le 25 juin 2008, le gouvernement italien annonçait un projet de loi visant à collecter les empreintes digitales de la population rom en Italie, enfants compris. Le ton était monté avec les instances européennes et le 10 juillet, le Parlement européen se saisissait de l’affaire. Jugeant discriminatoire ce recensement des empreintes visant spécifiquement les Roms, le Parlement adoptait une résolution.

L’Italie avait alors campé sur sa position, tentant de retourner la situation en stigmatisant l’UE. « La résolution du Parlement européen d'aujourd'hui est l'un des pires aspects de ces institutions, avait grommelé Andrea Ronchi, ministre italien des affaires européennes. Nous repoussons avec force et indignation les accusations de racisme. » L’extrême-droite italienne, la Ligue du Nord, s’était quant à elle déclarée « indignée par la résolution votée »

« Pas de discrimination en raison de la nationalité »

Les mots de l’Europe à l’encontre de l’Italie avaient été moins virulents que ceux portés aujourd'hui à l'égard de la France. Aucune comparaison avec la Seconde Guerre mondiale n’avait été émise. Mais si Jacques Barrot avait tout d’abord estimé que le projet de loi italien ne contredisait pas les principes de non-discrimination de l’Union, il avait fortement « mis en garde » Silvio Berlusconi. « Je ne tolérerai aucun texte, ni aucune pratique incompatible avec le droit communautaire, que cela soit clair, avait averti l'ancien patron des députés UMP. On ne peut pas avoir de discrimination dans l'Union Européenne en raison de la nationalité. » Peu ou proue les mêmes propos que ceux tenus par celle qui lui a succédé, Viviane Reding.

 

Paru sur francesoir.fr, le 17 septembre 2010

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