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Billet de blog 22 déc. 2020

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Loi «Sécurité globale» et loi «Séparatisme»: restons mobilisé·e·s!

Que reste-t-il de la bataille engagée pour le retrait de la loi « Sécurité globale » et du nouveau schéma national de maintien de l’ordre ? Il faut, en janvier, recommencer, partout où la bataille doit être portée. Toujours déterminé·e·s, toujours nombreux et nombreuses.

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Que reste-t-il de la bataille engagée pour le retrait de la loi « Sécurité globale » et du nouveau schéma national de maintien de l’ordre ? Mi-novembre, les défenseur·seuse·s des libertés publiques, et parmi elles et eux de nombreux médias, ont enclenché une série de mobilisations pour faire respecter le droit de la presse, la liberté d’informer et la liberté d’expression. Point d’orgue le 28 novembre, avec des dizaines de milliers de personnes mobilisées dans toute la France, et un front inédit de soutiens dans la sphère médiatique. 

Ce souffle est malheureusement retombé. Le parlement, sous la férule de l’exécutif, a laissé entendre qu’il mettrait au placard l’article 24, l’un des plus décriés. Et le piège s’est refermé : beaucoup de journalistes ont plié les gaules, laissant les citoyen·ne·s seul·e·s pour mener la bataille. Les manifestations qui ont suivi, surtout à Paris, se sont rabougries, décrites par de trop nombreux confrères comme des batailles rangées entre police et black bloc, alors qu’elles étaient la parfaite illustration des dérives du maintien de l’ordre à la française. 

Or il reste presque tout à faire. La proposition de loi de sécurité globale sera examinée en janvier 2021 par le Sénat, et elle demeure un « patchwork sécuritaire » inquiétant. En vérité, nul ne sait encore quel visage aura le texte de loi final. Les inquiétudes ne sont pas moins légères face à la future loi sur le « respect des principes de la République » (dite loi « sur le séparatisme »), qui porte son lot de menaces sur les libertés fondamentales.

Outre le retrait définitif de l’article 24 de la loi « Sécurité globale », nous exigeons toujours la suppression des articles 21 et 22, qui accroissent les capacités de surveillance généralisée de la population par l’usage de drones et l’usage des caméras piétons des policiers, tout en renforçant le pouvoir des polices municipales et des sociétés de sécurité privées. 

Ces pratiques constituent des violations du droit international, et portent une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée, à la liberté d'expression et à la liberté de manifestation, comme l’ont rappelés les experts de l'ONU. Mi-décembre, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe demandait à son tour au Sénat de modifier les parties de la loi portant « atteinte à la liberté d’expression ». 

Ce n’est pas tout. Un journal est un écosystème, Mediapart peut-être plus que d’autres. De la même manière que nous avons soutenu les chercheur·euse·s en lutte, nous considérons que les atteintes aux libertés que porte le projet de loi sur le « respect des principes de la République » menacent nos lecteur·trice·s, commentateur·trice·s et contributeur·trice·s de notre espace participatif. Mal rédigés ou redondants, les articles instituant le contrôle plus strict des associations (et de leur parole), le renforcement de la « neutralité » des agents du service public, le nouveau délit de la mise en danger de la vie d’autrui par diffusion d’informations sur la vie privée, assorti d’une nouvelle procédure de comparution immédiate pour les propos haineux en ligne, sont autant de coups potentiels portés à notre démocratie. 

Enfin, pour lutter contre les atteintes à la « sûreté de l’État » et non plus seulement les menaces « à l’ordre public », le gouvernement vient de prendre trois nouveaux décrets qui accroissent le fichage de la population, en incluant de nouvelles informations mobilisables par les services de renseignements, notamment celles relatives « à des opinions politiques, des convictions philosophiques, religieuses ou une appartenance syndicale ». Nous l’avons écrit sur la banderole derrière laquelle nous nous sommes regroupés lors des manifestations parisiennes : la démocratie meurt dans l’obscurité. Elle risque de mourir aussi lorsque l’État saura tout de nous. 

Rien n’est perdu d’avance : si le gouvernement a fléchi sur l’article 24, c’est bien grâce à l’énorme mobilisation que nous avons menée. Il faut, en janvier, recommencer, partout où la bataille doit être portée. Toujours déterminé·e·s, toujours nombreux et nombreuses.

Il faut rediscuter des mobilisations à venir, de leur format, de la sécurité nécessaire des manifestant·e·s, dans un esprit de collégialité mais surtout de solidarité. Il n’y a pas les citoyen·ne·s d’un côté, et les journalistes de l’autre. A ce titre, la section SNJ-CGT de Mediapart, qui syndique les salarié·e·s de notre entreprise sans distinction de métiers ou de statuts, veut appliquer dans la rue ce qu’elle défend en interne. 

Il reste encore bien des choses à gagner, pour ne pas qu’à la crise sanitaire, écologique, économique et sociale, s’ajoute l’évaporation toujours plus rapide de nos libertés. 

Restons mobilisé·e·s, toutes et tous ensemble !

Section SNJ-CGT de Mediapart

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