Il rafle la mise : Nathan Roche "Drink up, rainforest Sinatra"

Nathan Roche - Gallery Visit © The PassengerISDEAD

J’ai beau habiter à une station de métro de distance, c’est la première fois que j'emprunte la ligne 7 jusqu’au terminus Villejuif Underground, le groupe dont Nathan Roche est le chanteur : à l’écoute de la classe bordélique et racée de son quatrième disque en solo "Drink up, rainforest Sinatra", je me dis que j’aurais dû faire le voyage plus tôt.

Tout semble être un terrain de jeu pour l’Australien, installé en France depuis quelques années. La géographie des titres s’éparpille entre le quartier parisien de "Brocante à Belleville", "La Ciotat" ou "Deep shit in Dieppe" (jeu de mots qui rappelle "So nice in Nice" des Stranglers)… A l’éclatage géographique répond la dispersion stylistique – un vol à l’étalage de toutes les chapelles rock, jusqu’au free-jazz. Ces chansons-cartes postales sont fagotées comme des fanzines : parfois foutraques, mais elles transpirent la passion.

Avec sa fausse désinvolture de branleur doué, une morgue digne de Lou Reed et l’ironie mordante de Lawrence Hayward (Felt) ou bien Hugh Cornwell (The Stranglers), Nathan Roche rafle la mise. Le genre de gars insupportable mais au charme irrésistible, auquel on passe tout.

nathan-roche

Nathan Roche - Drink up, rainforest Sinatra      Australie/France  2021

Pop Rock    Note 8.0

Un CD   Gone with the Weed

Une chronique SEFRONIA de  Jérôme Heff

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