Cristallin, diaphane, aérien : Haco "Qoosui"

Haco - Shooting Stars in Your Eyes (from Qoosui) © ROOM40

 

Si son nom ne dit pas grand chose, Haco est une artiste japonaise très productive depuis le début des années quatre-vingt dix, participant à de nombreux projets musicaux, souvent avec des pontes de l'échantillonnage comme la Québécoise Diane Labrosse. En permanente évolution musicale, elle est passée d'une électro assez classique mais toujours bien "travaillée" (ses deux premiers albums "Haco" et "Happiness proof") à une musique plus pointue dans ce dernier album. On se risquerait presque à en faire une Björk japonaise tant la recherche musicale esthétisante les rassemble, seule sa voix douce la distinguant de l'écorchée islandaise.

Tout est dit où presque dans le design de la pochette. C'est un album troublant. Musique minimaliste, voix aigüe, typiquement japonaise, volontairement noyée dans la musique. Ajouts de sons de rivières, pas de rythmique. Voilà un album zen très bien ouvragé où l'on sent que la fille a de la suite dans les idées quant à la construction des ses morceaux, qui durent tous au minimum six minutes.
C'est cristallin, diaphane, aérien, c'est l'Air et l'Eau. avec la permanente volonté de mêler sérénité traditionnelle et bourdonnement de la modernité.

Presque trop parfait, l'album en devient un peu répétitif, et l'on aimerait un peu plus que les quelques dissonances inquiétantes entendues sur certains morceaux. "Qoosui" donne néanmoins l'envie de se poser sous un cerisier en fleurs au bord d'une rivière, loin du tumulte de la vie.



haco-qoosui


Haco - Qoosui       Japon 2017

Musique Nouvelle    Note 6.5

Un CD Import  Someone Good

Une chronique SEFRONIA de  Cédric Antoine

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