Bienvenue dans un disque où tout est deux fois plus beau. Sept années séparent le premier disque de la mannequin de profession de ce "Double roses" sur lequel tout a été fait pour noyer l'auditeur dans la soie – suavité des harpes, cordes, instruments à vent.
Comparé à "The ghost who walks" (2010), produit et arrangé par son ex Jack White (faut-il le présenter ?), l'écriture de Karen Elson s'est affirmée et ses compositions sont d'un classicisme inattaquable. Elles sont remarquablement servies par des musiciens de choix (Father John Misty, Patrick Carney des Black Keys, Laura Marling, des membres de Wilco, Bright Eyes…) et une production à la rondeur pleine et profonde signée Jonathan Wilson, rénovateur doué d'un son néo-seventies. Karen Elson, au chant, soutient autant la comparaison avec les grandes sœurs (Joni Mitchell) qu'avec ses contemporaines (Laura Veirs, Hope Sandoval)
Tout est donc parfait ; mais quelque chose du côté "fun" s'est envolé – fini la défroque gothico-country, Karen revêt avec un naturel presque vexant des habits hors de prix, follement bien coupés, que des légions de chanteuses ne pourront jamais s'offrir. On la regarde passer, admiratifs, sans être sûrs de récolter un regard en retour.
Angleterre 2017
Pop Rock Note 6.5
Un CD 1965 Records
Une chronique SEFRONIA de Jérôme Heff