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Billet de blog 24 juil. 2019

Optimiste, même sous une pluie battante : Vampire Weekend "Father of the bride"

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Vampire Weekend - Harmony Hall (Official Video) © VampireWeekendVEVO

Après un silence de six années depuis "Modern vampires of the city" (Grammy Award du "meilleur album de musique alternative"), Vampire Weekend n’est plus tout à fait le groupe d’étudiants modèles apparu en 2008 ; leur pop ligne claire, mâtinée de sono mondiale, était assez rafraîchissante dans une décennie estampillée "retour du rock". Après le départ du multi-instrumentiste Rostman Batmanglij en 2016, ce quatrième et double LP "Father of the bride" est clairement le fait d’Ezra Koenig, déjà principal chanteur et compositeur du groupe. 
L’écriture et l’enregistrement se sont étalés sur trois ans, en partie pour absorber des bouleversements dans la vie personnelle d’Ezra ; la multiplicité des invités semble compenser le départ de Batmanglij - le producteur Mark Ronson, Haruomi Hosono du Yellow Magic Orchestra, Danielle Haim sur trois titres (harmonies vocales country), le guitariste de The Internet Steve Lacy...
A l’image des nombreux guests, le paysage musical est éclaté façon collage, mais sans coutures apparentes. Sonorités africaines, espagnoles, latino avec vocoder ("Bambina"), échantillonages variés (voix, chœurs, toujours dans un but rythmique), un bout de quatuor à cordes ("Rich man") : Ezra Koenig est tellement doué pour bourrer chaque titre de hooks entêtants (dans la mélodie du chant notamment), que cela en paraît presque obsessionnel ("Unbearably white"). Au risque de faire ressembler les chansons à des choses découpables en bouts de quelques secondes pour servir de sonnerie à votre téléphone ("How long"). 
La meilleure veine est celle classiquement pop, qui occupe le premier tiers du disque : "This life", ou bien le piano et la rythmique très Happy Mondays de l’accrocheuse (mais trop longue) "Harmony hall". Le tiers central est moins emballant, malgré les chaloupées "Sunflower" et "Flower moon" emmenées par la guitare au son sans effets de Steve Lacy : on touche là un paradoxe, l’éclatage stylistique produisant une sensation monotone, comme une auberge espagnole où tout serait parfaitement à sa place.
"Father of the bride" a beau être un double LP, il demeure digeste et léger : Ezra Koenig semble cultiver en permanence l’optimisme de celui qui chante sous une pluie battante. Sa voix de tête (tendance Paul Simon / John Lennon / Josh Rouse) et ses bonnes manières lissent un ensemble tout à la fois séduisant et tout de même formaté.

Vampire Weekend - Father of the bride       Etats-Unis 2019

Pop Rock    Note 6.5

Un CD Columbia

Une chronique SEFRONIA de  Jérôme Heff

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