Soros souffle sur les braises de la guerre entre l'Union Européenne et la Russie - par Sergio Cararo

30.12.14 - Qu'un spéculateur financier ait à coeur le bénévolat et la démocratie est un oxymoron sanglant. L'intervention de George Soros publiée sur La Stampa* en est la confirmation. Le fameux financier, souvent deus ex machina d'interventions et ingérences lourdes dans la vie politique de beaucoup de pays, rompt les hésitations sur l'Ukraine. Il y a dix ans, il avait financé la révolte orange du pays, aujourd'hui il fait pression afin que l'intervention résolutoire soit réalisée par la puissance militaire de l'Otan et par l'argent de l'Union Européenne. Et c'est vraiment à cette dernière que Soros s'adresse en lui demandant de se saigner d'abord avec les sanctions envers la Russie puis en finançant l'Ukraine en se portant garante pour elle auprès du Fond Monétaire International. Le risque ? Un conflit avec la Russie mais c'est cela même que Soros souhaite. Un apprenti sorcier patenté et qui a beaucoup de squelettes et de dommages à faire vomir dans son placard. Voyons ce que Soros soutient.

Soros soffia sulla guerra tra Unione Europea e Russia 

Tout d'abord, l'Union Européenne doit cesser d'hésiter. Selon Soros "en envahissant l'Ukraine en 2014, la Russie a lancé un défi épocal aux valeurs et aux principes de l'UE et au système de règles qui a maintenu la paix en Europe depuis 1945. Ni les leaders ni les citoyens européens sont pleinement conscients de la portée de ce défi, et ils savent encore moins comment l'affronter".

 

Le réarmement de l'Ukraine est décisif selon Soros : "L'Occident, malheureusement, a fourni à l'Ukraine sous attaque un support seulement de façade. Tout autant préoccupante a paru la constante hésitation des leaders internationaux à fournir de nouveaux engagements financiers pour l'Ukraine. Par conséquent, la simple menace d'une action militaire peut être suffisante à provoquer le collapsus économique de l'Ukraine".

 

Soros, comme beaucoup de va-t-en-guerre états-uniens, craint que Obama n'accepte un accord avec la Russie : "Poutine semble garder en réserve la perspective d'un grand pacte, la Russie joue son rôle dans la lutte contre l'Etat Islamique - par exemple, en ne fournissant pas les missiles S300 à la Syrie (préservant ainsi la domination aérienne états-unienne) - en échange les USA laissent à la Russie le contrôle sur son soi-disant "étranger proche". Si Obama devait accepter un tel accord, l'entière structure des relations internationales serait dangereusement altérée en faveur de l'usage de la force. Ce serait une erreur tragique".

 

Les Etats adhérents à l'Union Européenne, selon Soros, ont l'occasion d'indiquer un ennemi, et même "l'ennemi", capable de lui faire mettre de côté les contrastes internes sur la rigueur du bilan. C'est l'occasion en or pour résoudre les divergences et concentrer les efforts contre l'ennemi commun - la Russie - même en risquant de mettre au rouge les bilans et les politiques d'austérité adoptées jusqu'ici par l'UE. "La menace pour la cohésion politique de l'UE est même plus grave que le risque militaire. La crise de l'euro a transformé une union de plus en plus étroite d'Etats souverains égaux en une association de Pays créditeurs et débiteurs, avec les débiteurs qui luttent pour satisfaire les conditions posées par les créditeurs. C'est cette faiblesse interne à avoir permis à la Russie d'émerger en tant que puissante rivale de l'UE. Et il n'est pas opportun pour un Pays, ou pour une association de Pays, de se faire la guerre pour poursuivre l'austérité fiscale, comme continue de le faire l'Union Européenne. Toutes les ressources disponibles doivent être consacrées à l'entreprise commune, même si cela devait signifier fermer les bilans en passif".

 

Ce qui est particulièrement intéressant dans l'analyse de Soros, c'est que la politique de Merkel et de l'Allemagne sur l'austérité courent le risque de faire obstacle à cette opération de concentration des tirs sur l'ennemi. Soros dit que "la fortune de l'Europe est que la Chancelière allemande Angela Merkel se soit comportée comme une vrai européenne concernant la menace représentée par la Russie. En tant que premier soutien des sanctions, elle s'est démontrée la plus disponible à défier pour cela l'opinion publique allemande et les intérêts commerciaux. Mais l'Allemagne est aussi le Pays qui plus que tout autre soutient la nécessité de l'austérité fiscale, et Merkel doit comprendre le caractère contradictoire de ces positions".

 

Non seulement, mais la guerre contre la Russie - bien qu'elle soit évoquée à travers la formule du "soutien à l'Ukraine" - aurait, selon Soros, un effet bénéfique sur l'économie de l'Union Européenne : "les sanctions contre la Russie sont nécessaires, mais elle ne vont pas sans conséquences : l'impact dépressif des sanctions aggrave les forces récessives et déflationnistes déjà en acte. Au contraire, aider l'Ukraine à se défendre contre l'agression russe aurait un effet stimulant sur l'Ukraine et sur l'Europe".

 

Pour cette raison, selon le fameux spéculateur financier, l'Union Européenne devrait ouvrir le porte-monnaie qu'elle garde aujourd'hui fermé : "L'Ukraine a besoin d'une immédiate injection de liquidités, disons de 20 milliards d'euros, avec la promesse d'en avoir plus en cas de nécessité, afin d'éviter le collapsus financier. Le Fond Monétaire International pourrait fournir ces fonds, si l'UE promettait de verser sa contribution. Les dépenses réelles resteraient sous le contrôle du FMI et subordonnées à la réalisation de profondes réformes structurelles".

 

Enfin il y a la mission finale que l'Union Européenne devrait prendre en main : "La 'nouvelle Ukraine' est résolument pro-européenne et prête à défendre l'Europe en se défendant elle-même. Mais ses ennemis - non seulement la Russie poutinienne, mais aussi sa bureaucratie et son oligarchie financière - sont incroyablement fortes, et elle ne peut y arriver toute seule. Soutenir en 2015 la nouvelle Ukraine est de loin l'investissement le plus rentable que l'UE puisse faire. Elle pourrait aussi aider l'UE à retrouver l'esprit d'unité et de prospérité partagée qui a mené à sa création. En sauvant l'Ukraine, l'UE pourrait aussi se sauver elle-même".

 

Cette conclusion contient en soi l'essence de la question. Selon l'un des majeurs spéculateurs financiers de toute la planète, les contradictions internes de l'Union Européenne tireraient un bénéfice du conflit avec la Russie, un conflit évidemment toujours décliné comme "aide à l'Ukraine", mais c'est lumineux même à l'oeil nu qu'un plan d'aides à l'Ukraine n'aurait pas le poids et les retours positifs suffisants comme contre-partie aux dommages des sanctions à la Russie et des financements sortants. A l'Union Européenne servirait donc quelque chose de plus consistant pour "se sauver elle-même", une grosse cible, un ennemi… un conflit.

 

On comprend de ces argumentations que ceux comme Soros et les leaders européens qui en suivent les indications, sont à arrêter le plus tôt possible et par toute sorte d'initiative nécessaire.

 

 

Sergio Cararo

 

 

http://contropiano.org/politica/item/28344-soros-soffia-sulla-guerra-tra-unione-europea-e-russia

 

* "Perché aiutare l’Ucraina", George Soros, La Stampa, 29 décembre 2014

http://www3.lastampa.it/fileadmin/mobile/editoriali.php?articolo=6

 

articles liés :

 

"Fondamentale: George Soros vomita tutto il suo odio, e intanto gli USA, ehm gli ucraini, lo mettono tra i candidati allla guida della banca centrale di Kiev."

Di Nuke The Whales , 29.12.14 - 24 commenti

 

http://www.rischiocalcolato.it/2014/12/fondamentale-george-soros-vomita-tutto-il-suo-odio-e-intanto-gli-usa-ehm-gli-ucraini-lo-mettono-tra-i-candidati-allla-guida-della-banca-centrale-di-kiev.html

 

"Nuovi ministri stranieri, oro vaporizzato, fracking: Ucraina protettorato USA?"

Maria Grazia Bruzzone, La Stampa, 5.12.14

 

http://www.lastampa.it/2014/12/05/blogs/underblog/nuovi-ministri-stranieri-oro-vaporizzato-fracking-ucraina-protettorato-usa-4W8JHbdJX7ctn3krpLeAzK/pagina.html

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Biélorussie. Loukachenko remanie le gouvernement, économie en difficulté

 

30.12.14 - Vladimir Poutine a réduit au minimum les vacances de fin d'année de l'élite politique à Moscou : Aleksandr Loukachenko a décidé faire le ménage dans l'équipe du gouvernement biélorusse. Kiev a interrompu les liens ferroviaires avec la Crimée : Minsk fait de même à distance de moins de vingt-quatre heures. La Biélorussie a donné tout de suite, depuis septembre dernier, sa propre disponibilité pour faire la médiation dans les colloques entre le gouvernement ukrainien et les Républiques du Donbass, accueillant ainsi les desiderata soit de Kiev soit de Moscou ; mais maintenant elle ne rate pas l'occasion de monter le ton sur la question de la monnaie à utiliser dans les transactions entre Minsk et Moscou : pas de monnaie commune, mais des euros et des dollars sonnants et trébuchants.

 Bielorussia. Lukashenko rimpasta il governo, economia in difficoltà

En somme, Aleksandr Loukachenko, le président pérenne (mais il n'est pas le seul, parmi les leaders des ex Républiques soviétiques : le kazakh Nazarbaev le dépasse amplement) de la Biélorussie depuis 1994 fait entendre sa voix de chef et remanie le gouvernement à trois jours de l'année des élections présidentielles et afin qu'on sabre le champagne, a-t-il dit, avec une pensée déjà attelée aux tâches de 2015, il est nécessaire que dès maintenant, qui sera ministre sache ce qu'il doit faire et commence à le faire "sans hésitations", cela à partir du président du conseil.

 

Donc, le vieux Premier ministre Mikhail Mjasnikovic saute et est remplacé par le chef de l'administration présidentielle Andrej Kobjakov, qui n'est pas précisément un novice : né à Moscou il y a 24 ans, ingénieur aéronautique, ex vice premier ministre, ex ministre de l'économie, ex ambassadeur à Moscou, ex représentant aux préparatifs pour l'Union économique eurasiatique, la structure qui justement, partira le 1 janvier. L'accord signé en mai dernier sur l'Union eurasiatique entre Russie, Biélorussie et Kazakhstan va dans la direction d'une partielle intégration dans l'aire post-soviétique qui, suivant plusieurs étapes, avance depuis 1995. En janvier est prévue aussi l'adhésion de l'Arménie - à l'Union économique comme à l'Union douanière - et puis du Kirghizistan.

 

Mais pour revenir à Minsk, il y a aussi le changement au sommet de la Banque d'état de quelques ministères et des gouvernorats régionaux : le tout, dit-on aussi à Moscou, pour faire face à une situation économique pas vraiment brillante. Loukachenko a dit être prêt à travailler avec la nouvelle équipe gouvernementale aussi après les élections présidentielles de 2015, donnant ainsi pour sûre sa permanence au pouvoir, "même si tout le monde sera contraire", comme il l'a déclaré. Et même s'il a dit avoir encore "plusieurs hommes en réserve, qu'il pourrait faire descendre dans l'arène après les présidentielles, pour renforcer l'équipe qui passera l'examen devant le peuple". Il n'y a rien "d'exceptionnel dans le remaniement actuel" a-t-il dit; "pour tradition, dans l'année des présidentielles, il est usuel de procéder à de nouvelles nominations, rotations, substitutions de cadres à tous les niveaux : le peuple doit connaître avant les présidentielles l'équipe qui gouvernera par la suite, si le peuple nous soutiendra encore".

 

Parce que les risques de mécontentement ne sont pas peu nombreux. Des observateurs russes ont fait remarquer que si le rouble ne jouit pas d'une très bonne santé, l'économie biélorusse non plus ne marche pas très bien, justement en raison de la discrète dépendance de l'export biélorusse du marché du grand voisin. A tel point que l'obligation de vente de la value obtenue grâce aux exportations a été montée de 30 à 50%, avec la perspective, annoncée par les économistes de Minsk, d'un 2015 pas vraiment rose.

 

Donc,, les autres remaniements en plus de celui du premier ministre concernent le vieux ministre de l'économie Nokolaj Snopkov, qui devient maintenant vice chef de l'administration présidentielle ; à sa place est arrivé Vladimir Zinovkij. Des remaniements aussi dans les ministères de l'industrie, de l'instruction, des finances et au Comité étatique pour le domaine public, qui s'ajoutent aux précédents remplacements aux sommets de l'économie, de la défense, du logement, de l'information et du Comité pour le contrôle de l'Etat. Remplacés aussi les gouverneurs des régions de Brest, de Vitebsk et de Mogilëv (la première frontalière avec la Pologne et les deuxièmes avec la Russie) et le Maire de Minsk.

 

Et pour ne faire du tort à personne, après que Kiev a fermé le trafic ferroviaire avec la Crimée (sur la question de la péninsule qui, avec un referendum, a décidé l'union avec la Russie, les positions biélorusse et ukrainienne ne se différencient plus tellement), Minsk a suspendu les trains en direction de Simferopol, officiellement pour des "raisons de sécurité" : les convois au départ de la capitale biélorusse s'arrêtent à Gomel, environ 70 km au nord de la frontière ukrainienne et ne vont pas au-delà. Comme si l'express Rome-Berlin arrivait jusqu'à la frontière italienne et qu'il s'arrêtait là…

 

 

Marat Grassini

 

 

http://contropiano.org/internazionale/item/28340-bielorussia-lukashenko-rimpasta-il-governo-economia-in-difficolta 

 

 

 

South Stream. Gazprom reprend toutes les participations

 

30.12.14 - Eni a stipulé un accord pour la cession de son quota de participation de 20% dans le projet South Stream Transport à Gazprom, qui serait en train de racheter à tous les associés leurs quotas respectifs. Selon une note du groupe italien, Eni "récupérera le capital investi dans le projet, calculé de manière cohérente avec les accords existants".

 SouthSream. Gazprom si riprende tutte le quote

Le groupe italien avait signé un accord pour la cession de sa participation de 20% à Gazprom, qui est en train de réabsorber aussi 15% respectivement de Wintershall et Edf.

 

En réalité Gazprom est donc en train de reprendre sous son propre contrôle tous les quotas du projet, après que Poutine en personne avait déclaré clos le projet qui devait acheminer le gaz en Europe en passant par la Mer Noire (tout en excluant donc l'Ukraine) et aussi à travers l'Italie. Un projet contré par les Usa, craignant l'accroissement de la dépendance énergétique européenne de la Russie.

 

Etant donné que n'aurait aucun sens de "racheter" des quotas d'un projet mort, l'hypothèse la plus réaliste est que South Stream ressurgira en mettant le cap vers une autre direction. Avec le amen de l'Italie et de la stupide Union Européenne.

 

 

Rédaction Contropiano

 

 

http://contropiano.org/in-breve/esteri/item/28338-southsream-gazprom-si-riprende-tutte-le-quote  

 

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