De Soros comme banquier central de Kiev, et des ridicules lois américaines - par William Engdahl

28.12.14  -  Si ça passera, et malheureusement ça ne peut être exclu, selon les dernières rumeurs des médias le milliardaire naturalisé américain, le spéculateur en fonds de couverture et philosophe George Soros, un vieil homme de 84 ans très fatigué qui continue à tenter d'affaiblir l'économie russe comme il le fit en 1998, pourrait parvenir à la tête de la Banque nationale d'Ukraine à Kiev. Soros à la tête de toute banque centrale, signifie à mon avis mettre le vieux renard à garder le poulailler. Cela compléterait un quatuor de technocrates étrangers qui, manifestement, ne serait pas bon pour l'économie réelle brisée de l'Ukraine, ni à la paix dans le monde. 

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Jusqu'à présent, c'est un rapport réalisé seulement par l'APA, l'agence de presse azérie à Bakou. Ils citent un rapport réalisé par le Canal 112 ukrainien. Ce rapport a cité des sources dans le Parlement ukrainien, la Verkhovna Rada et l'entourage du président ukrainien Petro Porochenko

Le spéculateur milliardaire Soros n'est pas étranger à l'Ukraine. Dans un entretien personnel avec la chaîne de télévision américaine de propagande CNN, Soros a déclaré, "J'ai créé une fondation en Ukraine avant que l'Ukraine ne devienne indépendante de la Russie. Et la fondation a fonctionné depuis et a joué un rôle important dans les événements aujourd'hui." Cette entrevue a été faite après le coup d'état du 21 février 2014 par le Département d'Etat américain.

 

Par l'intermédiaire de son réseau de fondations "de bienfaisance libres d'impôts" , Soros a travaillé avec les ONG américaines financées par le gouvernement comme l'USAID, la National Endowment for Democracy (en train de faire le travail anciennement affecté à la CIA), l'International Republican Institute, l'Institut national démocratique pour les Affaires internationales, Freedom House et l'Institut Albert Einstein pour la formation à la "non-violence comme arme de guerre.

 

Que le bon M. Soros apporte son alchimie financière à Kiev et essaye de gagner des milliards d'euros pour le nouveau ministère des Finances pour leur budget tendu n'a rien d'évident. Il y aurait une liste de cinq candidats, dont Soros. Il comprendrait l'ancien chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn et au moins une personne de la Réserve fédérale américaine. 

 

 

L'Ukraine : nouvelle colonie de Washington 

 

La désignation de Soros ou d'un autre banquier étranger à la tête de la banque centrale de l'Ukraine à ce stade s'inscrirait bien dans ce qui ressort comme stratégie de Washington de diriger le pays - ainsi sur le terrain - simplement par procuration. Plus tôt ce mois-ci, le président ukrainien Petro Porochenko préféré par le Département d'Etat américain s'est engagé dans des manipulations constitutionnelles douteuses, par la tenue d'une cérémonie secrète quelques heures avant le vote du Parlement ukrainien, pour transformer trois ministres du gouvernement de Kiev venant de pays étrangers en citoyens ukrainiens. 

 

Les trois étaient la ministre des Finances Natalia A. Jaresko, une citoyenne américaine qui a travaillé pour le Département d'Etat américain en Ukraine et plus récemment en tant que banquier d'investissement pour les fonds de l'USAID. Comme ministre de l'Economie il y a un banquier d'investissement lituanien qui a managé un fond d'investissement suédois pour l'Ukraine, Aivras Abromavicius. Et le nouveau ministre de la Santé est un attaché US national de l'avoisinante Géorgie, Alexander Kvitashvili dont la femme aurait travaillé avec la CIA

 

Et de nouvelles sanctions américaines ... 

 

Le président américain Barack Obama vient de promulguer une nouvelle série de sanctions économiques contre la Russie. Le président américain le 18 décembre a signé la loi HR 5859, intitulée par euphémisme "Loi d'aide à la liberté de l'Ukraine du 113e Congrès de 2014" (Ukraine Freedom Support Act). Un titre plus honnête aurait été "Loi de 2014 à la provocation de la guerre avec la Russie". 

 

La nouvelle loi prévoit "des sanctions économiques, la diplomatie, l'aide pour le peuple ukrainien, et la fourniture de capacités militaires au gouvernement ukrainien qui permettra d'améliorer la capacité de ce gouvernement de se défendre et de restaurer sa souveraineté et son intégrité territoriale par rapport aux actions illégales du Gouvernement de la Fédération de Russie " (“economic sanctions, diplomacy, assistance for the people of Ukraine, and the provision of military capabilities to the Government of Ukraine that will enhance the ability of that Government to defend itself and to restore its sovereignty and territorial integrity in the face of unlawful actions by the Government of the Russian Federation”). 

 

La nouvelle loi américaine donne au président des États-Unis une nouvelle arme dangereuse. S'il juge que Gazprom, le géant étatique russe du gaz qui fournit une grande partie de l'UE ainsi que l'Ukraine, est en train de  "retenir" une quantité importante de gaz naturel des pays de l'OTAN, ou de l'Ukraine, de la Géorgie ou de la Moldavie, il peut commander de nouvelles sanctions draconiennes contre Gazprom, chose soigneusement évitée par Washington jusqu'à présent. 

 

Cela signifie que toute la C.I.A. ou des néo-conservateurs exécutant (dirigeant) la politique ukrainienne du Département d'État américain ont besoin de convaincre Kiev de prétendre que la Russie refuse le gaz ou bien refuse de payer Gazprom, une épée de Damoclès sur le fournisseur de gaz russe. 

 

Ensuite, la nouvelle loi américaine, HR 5859, SEC. 9. SOUTIEN POUR LA DEMOCRATIE RUSSE ET LES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE, précise que le secrétaire d'État doit, "directement ou à travers des organisations non-gouvernementales ou internationales, comme l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, la National Endowment for Democracy, et organizations liées (1) améliorer la gouvernance démocratique, la transparence, la responsabilité, l'État de droit, et les efforts anti-corruption dans la Fédération de Russie; (2) renforcer les institutions démocratiques et les organisations de la société politique et civile dans la Fédération de Russie; (3) élargir l'accès à Internet non censuré dans la Fédération de Russie ... " 

 

Cette partie remarquable de la nouvelle loi apporte un soutien ouvert à une nouvelle tentative d'une Révolution  Colorée du Département d'État de la CIA pour renverser Poutine, en utilisant le Congrès américain et la Fondation de la National Endowment for Democracy financée par Soros, la même distribution des suspects qui a couru la Révolution de Couleur de l'Euromaidan il y a un an à Kiev. Se cela se lit comme un tentative éhontée de fouler aux pieds la souveraineté russe et d'imposer une version de Washington de «démocratie» dans un autre pays, on peut se demander quel droit absolu les membres du Congrès de Washington et les Présidents auraient-ils d'imposer quoi que ce soit sur qui que ce soit, et encore moins ses propres citoyens? 

 

Pour souligner l'absurdité des néo-conservateurs de  Washington et leur arrogance morale pour décider où et comment ils peuvent imposer la «démocratie», quelqu'un dans la Douma russe, avec le typique humour drôle de Russie, a simulé une image en riposte à la loi HR5859. Imaginez, en tant que citoyen américain normal, comment vous vous sentiriez si ce qui suit était en train de devenir opérationnel : 

 

Loi d'aide à la liberté des États-Unis d'Amérique de 2014

 

Sixième Douma de la Fédération de Russie 

 

À LA VINGT ET UNIÈME SESSION 

 

Loi: 

 

Pour fournir une assistance au développement démocratique des États-Unis d'Amérique et à d'autres fins. Il est décrété par les représentants de la Douma d'Etat et du Conseil de la Fédération de la Fédération de Russie réunis à l'Assemblée de la Fédération ... 

 

Sect. 9. APPUI À LA DÉMOCRATIE AMÉRICAINE ET ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE. 

 

(a) En Général. - Le ministre des Affaires étrangères, directement ou à travers des organisations non gouvernementales ou internationales, comme l'Organisation des États américains (OEA), la FONDATION du PATRIMOINE de l'EURASIE et organisations connexes 

 

(1) améliorer la gouvernance démocratique, la transparence, la responsabilité, la primauté du droit, et les efforts anti-corruption dans les États-Unis; 

 

(2) renforcer les institutions démocratiques et les organisations de la société civile et politiques aux États-Unis; 

 

(3) élargir l'accès libre et sans surveillance d'Internet aux États-Unis; et

 

(4) élargir l'accès libre et sans entraves aux médias indépendants de toutes sortes aux États-Unis, notamment par l'augmentation des activités de radiodiffusion appuyées par le gouvernement russe. 

 

La parodie russe ne fait que souligner la façon dont la politique étrangère des États-Unis est devenue ridicule. Il n'est pas étonnant que les USA jouissent aujourd'hui de si peu de respect dans le monde. Ses élus sont tout simplement ridicules. 

 

 

F. William Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier, il est titulaire d'un diplôme en politique de l'Université de Princeton et est l'auteur de best-seller sur le pétrole et la géopolitique.



Source : 

 

http://journal-neo.org/2014/12/28/soros-as-kiev-s-central-banker-and-ridiculous-us-laws/

 

 

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