3 MAI 2017 - PAR YOUCEF BENZATAT
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Lorsque le verdict tombera ce soir du quatre mai, l’assemblée d’hier aura disparu pour laisser place à celle d’aujourd’hui, une assemblée qui aura fini avec sa schizophrénie.
Ce soir-là, l’assemblée se scindera en deux entités, celle du Ghachi et celle des mal élus, dans l’indifférence et l’insouciance des fausses voix grinçantes, sans impact et sans résonance.
Une assemblée triomphante et l’autre absente. Celle qui fait commerce des voix et celle qui est sans voix. Celle qui appartient aux votants et ceux qui ont fait semblant de ne pas avoir voté, et l’autre aux abstentionnistes.
Celle de ceux qui continuent à entretenir l’illusion d’une représentation debout et ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.
L’une exclue, barricadée, abasourdie, épandue et l’autre fictive, haut la main, unie et corrompue. Une assemblée scindée en deux entités : l’une enfourchant son épopée de témérités donquichottesques et l’autre voyeuriste, sans prétentions, mais fatiguée d’être résignée.
Celle de fakhamatou, ornée des lauriers de l’imposture et celle des sans atouts. Celle de l’assemblée des semblables et l’autre à l’angoisse accentuée, les rêves d’embarcations, maintes fois ressuscités, tombés en désuétude.
Celle qui dandine de siège en siège et celle qui fait le siège aux coins des rues. Celle qui ne jure que par les Martyrs du haut de sa magistrature et celle qui vaque à l’ajustement du tir. Celle qui compte les barils et celle qui scrute les cars des gorilles.
Dès ce soir-là, le fossé entre les deux assemblées ne cessera de se creuser : d’un côté les fossoyeurs, acharnés à creuser avec férocité et de l’autre El-Ghachi terrifié.
Ce soir-là, les chauves-souris voleront le jour et les barricadés déferleront sur les espaces alentour. Ce soir-là, nous nous scinderons en deux entités : celle qui aiguisera les matraques et celle qui compte les bosses reçues en vrac.