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Billet de blog 5 mai 2016

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Ukraine: entre diktats du FMI et aides de l'Otan

Grâce à la énième augmentation des prix de l'énergie, dictée à Kiev par le FMI, la moitié de la population ukrainienne sera bientôt au-dessous du seuil de pauvreté.

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5 MAI 2016 - PAR FABRIZIO POGGI (Contropiano.org) 

Illustration 1
UkrainaFMI © Contropiano.org

Depuis le 1er mai, le tarif du gaz ne fournit plus de remises spéciales pour les familles défavorisées : le prix du marché est unique et a augmenté en moyenne de 60-80%, contre l'augmentation de 5% des salaires et des pensions. En divulguant les chiffres, la députée du Conseil national de la DNR, Marina Zeynova a défini la nouvelle mesure prise par le gouvernement ukrainien - comme condition pour recevoir la prochaine tranche de prêts du FMI - comme une "expérience de survie pour la population." 

Mais cela n'inquiète pas le président Petro Porochenko, qui "a célébré" l'occasion en décorant l'ancien commandant en chef des forces réunies dans l'OTAN en Europe, le général américain Philip Breedlove, de l'ordre national ukrainien du  Sage Iaroslav, pour la "contribution significative donnée  personnellement au développement des relations entre l'Ukraine et l'OTAN, à la défense de la souveraineté de l'Etat et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine." 

L'ordre de Iaroslav le Sage est accordé pour des mérites exceptionnels à l'égard de l'Etat ukrainien, pour le renforcement de l'autorité internationale de l'Ukraine, le développement de l'économie, de la science, de l'éducation, de la culture, de l'art, de la santé, de la bienfaisance, et des activités sociales. Sans surprise, parmi les autres étrangers décorés des ordres ukrainiens, on compte le financier d'Euromaïdan, George Soros, qui en novembre dernier avait été décoré de l'ordre de la Liberté "pour sa contribution significative au renforcement de l'autorité internationale de l'Ukraine et la mise en œuvre des réformes socio-économiques." La même charge honorifique avait été attribuée au mois de mars à la mémoire de Boris Nemtsov, pour sa contribution aux "réformes" de l'après Maïdan, qu'il avait apporté dans le même esprit avec lequel, vingt ans plus tôt, il avait exhorté Boris Eltsine à frapper sans pitié les défenseurs du parlement russe, pris à canonnades sur conseil de Soros et consorts. 

La cérémonie en l'honneur de Breedlove a eu lieu le jour de l'entrée en fonction du nouveau commandant de l'OTAN en Europe, le général yankee Curtis Scaparrotti (ancien commandant des forces américaines en Corée du Sud), qui n'a pas tardé à s'insérer dans le sillon ouvert par son prédécesseur, tout en ajoutant la Russie au nombre des nouveaux défis à la sécurité de l'Alliance atlantique. Il l'a fait hier à Mons, en Belgique, au Grand quartier général des puissances alliées en Europe (Supreme Headquarters Allied Powers Europe), pendant le discours d'installation en tant que dix-huitième Commandant (Commander) suprême allié de l'Europe : un commandant "allié" qui vient en fait depuis toujours des degrés supérieurs américains. 

"Après la Seconde Guerre mondiale," a dit Scaparrotti "l'Alliance a contenu la menace d'agression soviétique et la renaissance du militarisme en Europe. Aujourd'hui, 66 ans après la création de l'OTAN et après la guerre froide, nous sommes confrontés à de nouveaux défis. Outre les opérations en Afghanistan et les menaces terroristes en Afrique du Nord et en Asie, nous faisons face à la Russie, qui cherche à se repositionner en tant que puissance mondiale." En outre, sur les traces de Breedlove, qui avait déploré "le refus de Moscou de serrer la main tendue par l'OTAN", Scaparrotti a versé une larme pour le fait que les intentions "anti-agressives et anti-miltaristes" de l'OTAN, seraient selon lui entravées par la "limitation des contacts avec la Russie, si celle-ci ne commencera à se conformer aux normes internationales", bien sûr dictées par les États-Unis. Pour cela, il a promis de "poursuivre activement les actions militaires pour l'endiguement de la Russie", y compris l'augmentation sensible des "exercices", qui a déjà commencé à partir de Breedlove. A l'est, a tonné Scaparrotti, désireux de gagner son ordre Iaroslav le Sage, l'OTAN doit soutenir l'Ukraine dans tout ce dont elle a besoin pour défendre sa souveraineté ; avant même son installation, il avait demandé la fourniture d'armes létales à Kiev, à partir des roquettes antichars "Javelin". 

Évidemment Scaparrotti juge insuffisant le soutien que les Etats-Unis et leurs alliés européens sont en train de fournir à Kiev, en véhicules militaires et en hommes : non seulement les officiers qui s'occupent de la formation de la Garde nationale ukrainienne, mais aussi les mercenaires qui combattent directement dans le Donbass, encadrés dans les unités néo-nazies de Kiev. Parmi ces derniers, il y a aussi les snipers qui continuent de faire des victimes soit parmi les civils soit parmi les miliciens des républiques populaires ; il y a les saboteurs et uniforme noir avec l'accent yankee qui, selon les habitants, ces derniers jours ont pris position dans le village de Zovanka (près de Gorlovka), sous contrôle ukrainien. Il y a des tireurs d'élite et les artilleurs qui le 27 avril dernier ont tué six civils et grièvement blessé une douzaine d'autres, au point de contrôle d'Elenovka. Il y a, malheureusement, aussi les observateurs de l'OSCE qui prennent de plus en plus position en faveur de Kiev, épaulant par exemple les déclarations du Secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien, Aleksandr Turcinov, selon lequel les morts d'Elenovka sont "le résultat de la énième provocation des milices, qui tirent sur leurs propres citoyens." 

Il y a les mêmes observateurs de l'OSCE qui, pendant qu'ils n'observent pas l'absence de l'artillerie lourde ukrainienne des lieux de concentration loin de la ligne de front, tel que requis par les accords de Minsk, parce que re-déployée en proximité du territoire des Républiques populaires, maintenant déclarent qu'ils considéreront comme une violation de ces accords la parade des véhicules blindés à Donetsk le prochain 9 mai pour l'anniversaire de la victoire. Naturellement encouragé par de telles déclarations de l'OSCE, le porte-parole du Conseil de sécurité ukrainien, Andrei Lysenko a proclamé que si l'avertissement de l'OSCE "ne sera pas respecté et les moyens militaires défileront, nous serons obligés de les rendre inoffensifs. Nous disposons de toutes les réserves et les véhicules blindés nécessaires : ceci est un avertissement." Vraiment les nazis sont prêts à "commencer la guerre le jour même de la Victoire ?", se demande la journaliste Elena Latisheva de Novorosinform et répond que, en effet, "pour eux cette commémoration sacrée n'est pas un jour de fête ; ils ont d'autres idoles. Mais dans ce cas, leur agression ne pourrait être couverte même pas par leur obligeante OSCE." Un organisme européen celui-ci qui, en Ukraine, risque trop souvent de valider la comparaison Sovetskaya Rossiya entre le "Grossdeutsches Reich" qui, fort du soutien des pays européens vassaux de l'Allemagne, attaqua l'Union soviétique, et l'actuelle Union européenne en lutte contre la Russie. 

Fabrizio Poggi

source :

http://contropiano.org/news/internazionale-news/2016/05/05/ucraina-dettami-del-fmi-aiuti-nato-078733

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