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Billet de blog 7 octobre 2015

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Syrie, Barack & fantômes - PandoraTv

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6.10.15 - Avec les images de la destruction de Palmyre on joue encore une fois la carte de la spéctacularisation de l'Isis et de la désinformation par la distraction de masse. Il y a un an les vidéos des exécutions en style hollywoodien auront servi au lancement mondial de Daech et à justifier l'intervention américaine en Syrie, administrées avec une cadence presque quotidienne puis mystérieusement arrêtées du jour au lendemain.

L'explosion de l'arc de Triomphe à Palmyre est présenté par les médias occidentaux comme la réponse de Daech aux raids aériens russes qui en seraient, par un saut logique rendu possible par l'abandon à l'émotivité devant un tel saccage, co-responsables. Non seulement. "Malheureusement Daech n'est pas le seul à détruire le patrimoine syrien, les bombes russes sont tombées sur Kafran Bel un ancien site byzantin lui aussi patrimoine de l'humanité", déclare l'expert du jour, un fantomatique archéologue syrien dont le nom ne mérite même pas d'être mentionné, au quotidien La Repubblica. ll est autorisé de douter des images spectaculaires du supplémént de destruction infligé à l'ancienne ville romaine de Palmyre parviennent au bon moment et qu'elles servent à faire oublier le massacre de Kunduz où l'armée américaine n'a pas hésité à bombarder un hôpital tuant 22 personnes et en en blessant 37.

L'enjeu est ailleurs. À Washington se consomme l'affrontement très violent entre Obama et les faucons républicains, l'embrouillamini du Pentagone en Syrie est souligné par plusieurs parties, le ministre des Affaires Etrangères Lavrov déclare "les rebelles modérés soutenus par Obama ? ce sont des fantômes, personne ne sait rien d'eux". Bluff après bluff le château de cartes s'effondre, les campagnes virales de Daech du début, les faux bombardements des Etats-Unis contre le califat, les soi-disant rebelles modérés formés par la CIA, les cinq guerrilleros entraînés à Washington en dépensant 500 millions de dollars, des fables qui se dissolvent dans le vide. L'intervention russe a causé un soudain retour à la réalité, Moscou n'est pas arrivée en Syrie la semaine dernière, mais en 1971 sur la base aérienne de Lattaquié et celle navale de Tartous. Maintenant, selon le NYT, on prépare une offensive terrestre contre Raqqa, conduite par les peshmergas kurdes, les seuls qui combattent véritablement l'Etat Islamique et qui sont à leur tour bombardés par la Turquie de Erdogan qui est le pays membre de l'OTAN.

À Atlanta a été approuvé hier le TPP, une signature historique après dix ans de négociations.

Le Trans-Pacific Partnership est l'accord de libre échange entre les Etats-Unis et 11 pays parmi lesquels le Canada, le Japon, le Mexique et l'Australie, une région qui inclut 40% du PIB mondial, négocié dans des conditions de sécurité maximale directement par les grandes multi-nationales, le TPP est le plus grand accord commercial de tous les temps. "Nous ne pouvons pas permettre que ce soient des pays comme la Chine, à dicter les règles de l'économie globale" a dit Barack Obama qui a fait du TPP un succès personnel qu'il devra défendre maintenant devant le Congrès.

Si elle n'est pas précisément une pente descendante, la route vers le TIPP a été grandement facilitée, l'accord entre les Etats-Unis et l'Europe en cours de négociation à Bruxelles, lui aussi à portes fermées et avec l'implication directe des grandes multi-nationales. Même le TIPP comme son homologue pour l'aire du Pacifique qui vient d'être signé, prévoit l'institution des infâmes tribunaux arbitraux, de fait privés et payés par les entreprises elles-mêmes qui pourront ainsi envoyer aux procès les Etats individuellement tout en contournant la justice ordinaire. Nombreuses les protestations que le TIPP a soulevé et soulève en Europe, de fortes craintes sur la tutelle des droits des travailleurs, pour la santé des citoyens, pour la propriété intellectuelle, pour la liberté des citoyens européens en somme qui, dans un nouveau Moyen Âge, risquent d'être gouvernés par des normes dont ils ignorent le contenu.

https://www.youtube.com/watch?v=m5N_TXZF02Q

Afghanistan : à Kunduz, un massacre prémédité

5.10.15 - 22 morts parmi lesquels 3 enfants victimes des bombardements américains à Kunduz, en Afghanistan sur l'hôpital de Médecins Sans Frontières, fermé après le massacre. 

Il y a les excuses de Obama qui ne suffisent pas à Bernard Kushner, le fondateur de MSF en 1971, et ministre avec Mitterand et Sarkozy. Il n'est pas tendre avec les USA, "le monde occidental a perdu toutes les guerres des dernières années", dit-il dans un entretien paru sur le quotidien La Repubblica, et sur la Syrie il dit qu'à la fin "on devra se mettre autour d'une table avec Poutine et Assad". 

C'est l'échec de la politique étrangère des Etats-Unis, du président prix Nobel pour la paix et des faucons républicains, qui au Pentagone font la loi. Comme toujours, le NYT dicte la ligne, il pointe le doigt contre Obama, président Hamlet, canard boîteux mis en solde, et indique les faiseurs de guerre républicains majoritaires au Congrès. 

Sur un point il faut être précis : le massacre de l'hôpital à Kunduz n'est pas une erreur, depuis le Pentagone on parle de "dommages collatéraux", le terme technique utilisé lorsqu'on sacrifie des innocents à condition de frapper une cible considérée indispensable. Car selon les Etats-Unis les Talibans auraient utilisé 400 patients de l'hôpital comme bouclier humain, encore une expression utilisée pour justifier les crimes de guerre, un massacre décidé par l'armée américaine et porté à son terme. Des sources de l'armée américaine elle-même, révèle le NYT, parlent d'un Lockheed C-130 en patrouille dans l'aire de l'hôpital ; il s'agit d'un avion pour l'attaque au sol à distance rapprochée avec la cabine non pressurisée depuis laquelle on tire à vue, en tenant le regard fixe sur la cible. Selon les témoins l'avion volait en faisant des cercles sur l'hôpital et a frappé une première et puis une deuxième fois après une pause. En plus des 22 victimes les blessés montent à 37, et un nombre non établi de personnes dispersées, dans l'attente que Washington révèle le prénom et le nom des assassins.

https://www.youtube.com/watch?v=RbfWUgzjwzg

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