Segesta3756
Abonné·e de Mediapart

639 Billets

1 Éditions

Billet de blog 9 févr. 2015

Sauvons le refusnik Ruslan qui refuse d'aller tuer dans le Donbass

Segesta3756
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

8.02.15 - Le journaliste ukrainien Ruslan Kotsaba a été arrêté à Ivano-Frankovsk, ville de l'Ukraine occidentale, et risque un procès pour trahison de l'Etat.

par Marinella Correggia 

Vers le 20 janvier dernier, Kotsaba, qui travaille pour la chaîne de télévision ukrainienne 112, avait diffusé une vidéo dans laquelle il déclarait son indisponibilité à être enrôlé dans les troupes gouvernementales et invitait de fait ses concitoyens à la désertion de masse. 

Une déclaration qui a fait du bruit soit à cause de la notoriété du journaliste soit parce que l'Ukraine occidentale est parcourue par un vent chauvin qui parvient à réhabiliter en tant que héros patriotes même les collaborationnistes nazis.

Dans la vidéo, tout en marchant vite dans sa ville natale, Ruslan déclarait : "Je préfère aller en prison que aller combattre contre mes compatriotes dans le Donbass". "J'utilise le fait d'être connu pour dire officiellement que je ne suis pas disposé à recevoir aucun appel aux armes, peu importe si ce sera la troisième, la quatrième ou la cinquième mobilisation. Si j'allais en guerre je pourrais tuer mes propres compatriotes, parce que celle-ci est une guerre civile. La mobilisation générale est légale seulement lorsqu'il y a une déclaration formelle de guerre entre deux pays, mais ce n'est pas ainsi. Il n'y a pas de déclaration de guerre contre la Russie, même si l'Ukraine le dit. Le code pénal établit une peine de deux à 5 ans pour la désertion. Mais pour moi il est plus facile d'aller en prison que de tuer mes compatriotes. Nous devons comprendre que ceux qui vivent dans l'Est comprennent que le gouvernement de Kiev  n'est rien et ne veulent pas se soumettre à ce gouvernement. Je sais qu'ils m'accuseront d'être un agent de Poutine mais je suggère à tous de déserter. Il n'est pas possible que dans le 21e siècle on fasse une guerre et on tue seulement parce que d'autres veulent aller pour leur propre compte. J'espère que beaucoup écoutent et fassent comme moi. Dans le Donbass il n'y a pas l'armée russe".

Il est souhaitable qu'une mobilisation internationale se lève en sa faveur.

L'histoire des conflits est remplie d'invitations courageuses et constantes à la désertion. A l'époque de l'expédition coloniale en Libye, en 1911, l'appelé et maçon anarchiste Augusto Masetti blessa un officier au cri de "frères rebellez-vous" ; il fut enfermé dans un hôpital psychiatrique, ils ne voulurent pas en faire un martyr. Et dans la Première guerre mondiale les exécutés par désertion furent des milliers, et les diffamés et humiliés des dizaines de milliers (voir l'exposition photographique de No War de Naples). Après cent ans, quelques autorités italiennes semblent avoir l'intention de réhabiliter en tant que ces victimes de la férocité comme ayant été des victimes de guerre. Un évêque ordinaire militaire aussi, monseigneur Santo Marciano' s'est exprimé en faveur de ce choix de civilité en retenant que leur fusillade est "un acte de violence injustifié et à condamner".

Quelques années après la fin de la Grande boucherie, le pacifiste allemand Ernest Friedrich qui avait refusé d'être enrôlé et pour cela avait connu l'asile et la prison, dans l'introduction à son puissant livre photographique Guerre dans la guerre (1924) écrit : "Il vaut mieux remplir les prisons, les institutions pénales et les asiles de tout la planète plutôt que tuer et mourir pour le capital. (…) Répétez ces paroles : "Je me refuse!"; mettez-les en pratique, et la guerre dans le futur sera impossible. (…) Et vous les femmes, ne laissez vos hommes aller au front ! (…) Femmes de toute la planète, unissez-vous". Rappelons aussi Marcondiro, de Fabrizio de André : "Il y aura le soldat qui ne tirera pas…(…)".

cliquez sur le lien pour voir la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=zv-FpSztm5g 

Ruslan Kotsaba detained for 36 hours by Ukrainian Security Service

on: February 08, 2015

Ruslan Kotsaba, journalist from Ivano-Frankivsk in Western Ukraine – the first and one of the very few Ukrainian journalists who visited the ATO zone and reported truthful information from Lugansk, claiming that he did not see Russian regular troops there and blaming Kiev authorities for the senseless war with their own population – is being repressed by the neo-Nazi regime.


He dared to raise his voice against the annihilation of millions of Ukrainian men in the so-called mobilization, although war had never been declared and forcible enlistment is unconstitutional and illegal in Ukraine. Repressions started immediately. At first he was fired by the management of TV channel Ukraine-112 he worked for. And now he is detained for 36 hours.


Another Ukrainian journalist, Viktor Zubrytskyi, writes:


These 36 hours are a test, not for Ruslan, but for the entire Ukraine, for Ukrainian community. The test was imposed on us by the Security Service and President’s Administration. Such an event could never taken place without the appropriate political will.


What do they want to display and what are their aims?


1) They do not want to arrest Ruslan Kotsabe as yet: they need this time to intimidate him. At the moment they want to place him under home arrest.


2) They suppose to squeeze as much as possible information from him and find some “thread” leading to some evidence of “paid journalism”. This will give them a chance to save Ukrainian public opinion from the “burst of standards”: a Ukrainian from Western Ukraine manifesting against the murder of his fellow-citizens. The state needs to constantly support the high level of hatred towards Donvbass – otherwise the war will end.


3) Great attention of the authorities is now concentrated on us, folks! “What will the reaction be? Will they resist? Will there be any protests?” The fate of Ruslan and his family depends, strange s it may seem, on me and you! This is the first protest against today’s tyranny and violation of human rights. Why? Because there is no war. There was no breakup of diplomatic relations. The ATO is the prerogative of SSU or Police at best. We’ve got about 200.000 of policemen, about 30.000 security service workers, about 200.000 military men. On the side of separatists about 30 – 40.000 people are fighting in Donbass. We can win by sheer numbers. But who is thrown into battle? Inexperienced green troopers, first of all Maidan activists. I do remember that footage from YouTube in which the rebel asks the 16 troopers captured in the airport – “Occupation?” And the answers are: “Worker… porter… driver… builder… actor…” – “Is there at least one military man here?” None. Make your conclusions. Those who do it pursue their own political and economic goals. Ruslan expressed his opinion and is detained now.


4) Because no war had been declared, the opinion of Ruslan Kotsaba, a citizen and a journalist, has every right to be expressed, just like mine or yours. We can support or criticize him, but his arrest is the first brick into the wall of terror on the already built basis of the state headed by military criminals.


That is why, if we want Ruslan to be out and the freedom of speech remain at least in You Tube, we have to express our support of Ruslan and manifest our indignation with the actions of the Security Service by all means.
And pay attention to the silence of the international legal institutions, which had been shouting so loudly in such instances before!

© Thalie Thalie

3 févr. 2015

Viktoria Shilova est leader du mouvement ukrainien "Antiguerre", députée du conseil régional de la région de Dniepropetrovsk. Elle et son mouvement s'opposent à la mobilisation malgré les pressions, militent pour la fin du conflit et accusent les pouvoirs de crimes de guerre.

https://www.youtube.com/watch?v=veZfkvso1QQ

© Thalie Thalie

https://www.youtube.com/watch?v=mYgJuyg4YbQ

22 déc. 2014

La diplomatie populaire en marche.
[Première Partie ici: http://youtu.be/kbKkbvVidRQ]
Que propose Kiev? Comment vivent les retraités des deux côtés de la ligne du front? Comment l'armée ukrainienne se comportent sur les territoires occupés? Les mensonges de l'état sur les retraites. Les actions du mouvement "Antivoyna" [anti-guerre] dirigé par Viktoria Shilova, membre du conseil régional de Dniepropetrovsk.
Rappel: Vu l’enlisement du conflit ukrainien et l’incapacité ou plutôt l’absence de volonté du gouvernement d’arrêter cette guerre fratricide, vu l’intoxication médiatique à laquelle est soumis la population de l’ouest et du centre de l’Ukraine, les ukrainiens - les gens ordinaires – des différentes régions de l’Ukraine décident de communiquer entre eux, chercher l’information sur le terrain et apprendre à se connaitre. Tout cela pour établir la vérité, recréer des liens fraternels et essayer de désamorcer ce conflit. Plusieurs vidéoconférences ont déjà eu lieu. Je vous présente le "Télé-pont" entre Lougansk - Ivano-Frankovsk [Ukraine de l'ouest] et Kiev.
2-ème partie.

Donbass VS Kiev et Ivano-Frankovsk [Ukraine de l'ouest]. Part 1de Thalie Thalie113 vues

14:43

Donbass VS Kiev et Ivano-Frankovsk. Part 3de Thalie Thalie68 vues

13:04

Donbass VS Kiev et Ivano-Frankovsk. Part 4de Thalie Thalie91 vues

14:52

© Thalie Thalie

https://www.youtube.com/watch?v=HSTFf2bdzbo

 3 févr. 2015

Les miliciens ont ouvert un corridor humanitaire pour les habitants de la ville et organisé leur évacuation. De leur côté les Ukrainiens avaient opposé un refus catégorique, ils ne voulaient pas qu’ils traversent leurs lignes. Un reportage des envoyés spéciaux Alexandre Kotz et Dimitri Stechin du journal Komsomolskaya Pravda. 3 février 2015.


Plus d'info: http://novorossia.vision/fr/la-traged...

sources des articles :

http://contropiano.org/internazionale/item/29025-salviamo-il-refusnik-ruslan-che-rifiuta-di-andare-a-uccidere-nel-donbass 

http://novorossia.today/ruslan-kotsaba-detained-for-36-hours-by-ukrainian-security-service/

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Diplomatie
Macron passe la diplomatie française à la sauce « libérale »
Sous prétexte d’accroître la « mobilité interne » au ministère des affaires étrangères, la réforme prévue par Emmanuel Macron permettra d’offrir des postes d’ambassadeur à des amis politiques ou des cadres du monde des affaires qui ont rendu des services. Tout en réglant son compte à un corps diplomatique que l’Élysée déteste.
par René Backmann
Journal — France
Fausse rétractation de Takieddine : sur la piste d’un « cabinet noir » au service de Sarkozy
L’enquête sur l’interview arrangée de Ziad Takieddine révèle les liens de plusieurs mis en cause avec le clan Sarkozy et leur volonté de « sauver » l’ancien président, mais aussi ses anciens collaborateurs, Brice Hortefeux et Thierry Gaubert, également mis en examen dans l’affaire libyenne.
par Karl Laske et Fabrice Arfi
Journal — Terrorisme
Les confidences du commissaire des services secrets en charge des attentats du 13-Novembre
Le commissaire divisionnaire SI 562 – le nom de code le désignant – a dirigé la section chargée des enquêtes judiciaires liées au terrorisme islamique à la DGSI, entre 2013 et 2020. Il offre à Mediapart une plongée inédite dans les arcanes du service de renseignement.
par Matthieu Suc
Journal — Justice
À Marseille, des juges font reculer l’incarcération à la barre
L’aménagement de peine, par exemple le bracelet électronique, prononcé dès le jugement, est une possibilité qui n’avait jamais décollé avant 2020. Mais à Marseille, la nouvelle réforme de la justice et la volonté d’une poignée de magistrats ont inversé la tendance. Reportage.
par Feriel Alouti

La sélection du Club

Billet de blog
La comédie des catastrophes
Au Théâtre de la Bastille, le collectif l'Avantage du doute dresse un hilarant portrait de la société contemporaine pour mieux en révéler ses maux. De l’anthropocène au patriarcat, de la collapsologie aux comédiennes mères ou non, du besoin de tendresse des hommes, « Encore plus, partout, tout le temps » interroge les logiques de puissance et de rentabilité par le biais de l’intime.
par guillaume lasserre
Billet de blog
La clique de « Kliniken » vue par Julie Duclos
Quinze ans après Jean-Louis Martinelli, Julie Duclos met en scène « Kliniken » du dramaturge suédois Lars Noren. Entre temps l’auteur est décédé (en 2021), entre temps les guerres en Europe ont continué en changeant de pays. Immuable, la salle commune de l’hôpital psychiatrique où se déroule la pièce semble jouer avec le temps. Troublant.
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
Un poète palestinien : Tawfik Zayyad
Cette poésie simple, émouvante, populaire et tragique a circulé d'abord sous les tentes des camps de réfugiés, dans les prisons avant d'être lue, apprise et chantée dans toute la Palestine et dans tout le monde arabe.
par mohamed belaali
Billet de blog
La chanson sociale, comme levier d’empowerment Bernard Lavilliers en concert
Dans la veine de la chanson sociale française, l’artiste Bernard Lavilliers transmet depuis plusieurs décennies la mémoire longue des dominés, leurs souffrances, leurs richesses, la diversité des appartenances et propose dans ses narrations festives et musicales. Balzac disait que «Le cabaret est le Parlement du peuple ». En quoi la chanson sociale est-elle un levier de conscience politique ?
par Béatrice Mabilon-Bonfils