South Stream : Slovénie, Bulgarie et Hongrie avec Moscou contre l'UE

Mercredi 9 juillet 2014 - La Russie continue à faire pression pour faire progresser le South Stream, projet bloqué par la Commission européenne et qui est en train de devenir le centre de l'affrontement entre Moscou et Bruxelles éclaté après le soutien occidental au coup d'état mis en scène à Kiev en février dernier.

 

Hier le ministre russe des Affaires Etrangères Sergei Lavrov a reçu l'appui de la Slovénie pour le nouveau gazoduc, pendant qu'une société contrôlée par Gazprom, la Tsentrgaz, s'est adjugée la construction du segment serbe de South Stream.

 

Gazprom a annoncé que Tsentrgaz a gagné l'appel d'offres pour la construction du segment serbe et "sera responsable de la phase préparatoire du projet, de la consigne des équipements et des matériaux, de la formation du personnel et de l'entrée en fonctionnement du South Stream en Serbie".

 

"Nous sommes persuadés de la nécessité de lever tous les obstacles artificiels sur la voie de la réalisation (du South Stream) et d'agir conformément aux accords inter-gouvernementaux déjà conclus", a déclaré Lavrov à Maribor. Un pas important pour Moscou étant donnée la contre-pression que Bruxelles et Moscou sont en train d'exercer sur les pays dans lesquels devrait passer la nouvelle voie du gaz. Dans les derniers jours le numéro deux de l'ambassade états-unienne à Lubiana avait donné une interview à un journal local "en suggérant" de renvoyer la visite de Lavrov, un conseil tombé dans le vide.

 

De son côté, la Commission UE a demandé à la Bulgarie la suspension des travaux pour le South Stream, tout en contestant la violation des normes du Troisième Paquet Energie, qui prévoit la division entre le rôle de distributeur et de fournisseur du gaz, qui exclut automatiquement le colosse du méthane russe Gazprom. Mais la Russie, comme l'a fait remarquer à nouveau hier Lavrov, considère incorrecte et inacceptable l'application des règles du Troisième paquet de manière rétroactive par rapport aux accords déjà signés dans les années précédentes avec chaque Pays adhérant à l'UE.

 

La Bulgarie a cependant déclaré espérer que l'UE change de position. Le ministère des Affaires Etrangères de Sofia "soutient le projet South Stream, sur la base de la législation européenne" et se dit convaincu que "la Commission européenne consentira à commencer bientôt sa construction", a dit le responsable bulgare de l'étranger Kristian Vigenin au cour d'une conférence de presse réalisée ces derniers jours après une rencontre avec son homologue russe.

 

Le Premier Ministre hongrois Viktor Orban a également fait savoir que le segment hongrois du gazoduc sera construit, point. "Nous ne pouvons pas dépendre de l'Ukraine pour nos fournitures énergétiques", a dit Orban, qui a aussi renouvelé son soutien à l'Ukraine dans le bras de fer économique et politique qui l'oppose à la Russie. "La Hongrie construira South Stream parce qu'elle veut mettre en sécurité son propre approvisionnement énergétique. Nous ne permettrons pas que l'on puisse se retrouver dans une situation où nous dépendrons de l'Ukraine pour l'approvisionnement du gaz", a dit Orban à la presse à Belgrade, après une rencontre avec le Premier Ministre serbe Alexsandar Vucic. Le oui de la part de la Hongrie, de la Slovénie et ceux plus tièdes de la Bulgarie et de la Serbie suivent à l'important consentement du gouvernement autrichien qui le 24 juin a signé un accord avec Gazprom pour les 50 km de gazoduc dans le territoire de Vienne.

 

Marco Santopadre 

 

http://contropiano.org/internazionale/item/25146-southstream-slovenia-bulgaria-e-ungheria-con-mosca-contro-l-ue 

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