Julian Assange reçoit le Prix du Club des Journalistes de Mexico

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks emprisonné en Grande-Bretagne et en voie d'extradition pour les USA, a été récompensé le 7 juin par le Club des Journalistes de Mexico pour avoir représenté la volonté inébranlable d'affirmer le droit à l'information. Ce prix reconnaît la valeur historique de sa plate-forme et atteste que les journalistes mexicains se joignent à la demande pour le libérer.

7 JUIN 2019 - PAR BLANCHE PETRICH (JORNADA.COM.MX)

traduit de l'espagnol par Gabas

Le Prix national du journalisme est décerné à Julian Assange, reçu en son nom  par l'ex-chancelier de l'Equateur, Ricardo Patiño et Pedro Miguel, chroniqueur pour "La Jornada". Photo Luis Castillo Le Prix national du journalisme est décerné à Julian Assange, reçu en son nom par l'ex-chancelier de l'Equateur, Ricardo Patiño et Pedro Miguel, chroniqueur pour "La Jornada". Photo Luis Castillo

Julian Assange, le créateur australien de Wikileaks, actuellement emprisonné en Grande-Bretagne, en cours d'extradition vers les Etats-Unis - où il pourrait être condamné à perpétuité - a été récompensé aujourd'hui par le Club des Journalistes de Mexico pour avoir représenté la volonté inébranlable d'affirmer le droit à l'information. Ce prix, a déclaré le président de l'association Celeste Sanz de Miera, reconnaît la valeur historique de sa plate-forme et atteste que les journalistes mexicains se joignent à la demande pour sa libération.

Kristinn Hraffnson, présent à la cérémonie de remise des prix via Internet, a averti que la lutte pour la libération d'Assange «se poursuit dans le monde entier». Dans cette bataille, «il sera défini si les journalistes qui prônent la transparence pourront rester journalistes ; nous luttons pour notre existence même». Il a souhaité à ses collègues mexicains du courage, «parce que le courage est très contagieux».

Comme chaque année, le Club de Periodistas de Mexico rassemble des centaines de reporters dans son siège central pour couronner son concours. Cette année, 49 professionnels ont reçu le prix.

L'ancien chancelier de l'Équateur sous le gouvernement de Rafael Correa, Ricardo Patiño, a reçu la médaille et le diplôme au nom d'Assange. De son poste, Patiño a ouvert les portes de l'ambassade équatorienne à Londres et lui a garanti une protection diplomatique contre les pressions de Washington. Assange a pu y rester pendant sept ans, jusqu'à ce que le gouvernement de Lénine Moreno cède à la pression de Washington, où l'une des plus grandes poursuites judiciaires contre lui a été préparée en représailles à la publication des câbles diplomatiques Wikileaks.

Il était accompagné du chroniqueur Pedro Miguel, qui a également été récompensé pour sa chronique Navegaciones, et qui a annoncé la création récente du groupe Derecho a la Verdad (Droit à la vérité), en soutien à Julian Assange, Chelsea Manning et Edward Snowden. Le 20 juin prochain - Journée mondiale des réfugiés - le groupe fera sa présentation à la Casa Refugio Citlaltépetl.

Parmi les lauréats figure aussi la correspondante de ce journal en Argentine, Stella Calloni, qui, parmi ses nombreux ouvrages, a rédigé le livre-rapport révélant les opérations du Plan Condor, dont les dictatures du Cône Sud étaient complices depuis les années 70, le monero Fisgón (Rafael Barajas) et l'équipe de reporters qui ont travaillé à la mémoire de Tlatelolco 68 (Arturo Sánchez, Emir Olivares, Gustavo Castillo, Hermann Bellinghausen, Blanche Petrich avec la collaboration du photographe Alfredo Domínguez).

Ana Lilia Pérez, auteure d'importants travaux d'investigation sur la corruption à Pemex (Pemex Rip et El cartel negro), a également reçu le prix, rappelant que les conditions de harcèlement, de violence, d'exil et même de meurtre des journalistes dans le pays prévalent malgré le changement de régime. «Les six collègues assassinés au cours des six derniers mois nous rappellent que nous sommes toujours vulnérables», a-t-il dit.

Ont également été récompensés : Eduardo Martínez et Víctor Figueroa, reporter et cameraman de Telesur, pour l'accompagnement informatif de la caravane des migrants de 2018 de la frontière à la frontière nord pendant plusieurs semaines ; Radio Huayacocotla, pour avoir maintenu pendant plus de 50 ans la voix des communautés indigènes de Veracruz nord ; le programme culturel communautaire La Raíz Doble de Canal 22 ; le journal Russia Today et son chroniqueur, John Ackerman.

 

source de l'article : https://www.jornada.com.mx/ultimas/2019/06/07/club-de-periodistas-premia-a-julian-assange-5144.html

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.