Kiev demande de l'aide à l'armée russe. MH17 : mais qu'ont-ils à cacher ? EU : renoncer au South Stream ?

11.12.14 - Et à la fin, l'armée russe en Ukraine, y est arrivée pour de vrai. Non pas par l'invasion affabulée depuis des mois et jamais vraiment prouvée, mais appelée expressément par Kiev pour garantir la désescalade de la crise de l'est du Pays, après l'entrée en vigueur le 9 décembre du dernier cessez-le-feu.

La nouvelle, totalement passée sous silence, a été diffusée dans l'après-midi d'hier (mercredi) par l'agence russe indépendante Interfax. La Russie a envoyé un groupe de spécialistes militaires sous le commandement du général Alexander Lentsov dans la région de Donetsk, sur requête du chef d'état major de l'armée ukrainienne Viktor Muzhenko. C'est ce qu'a déclaré le chef d'état major de l'armée russe, le général Valery Gerasimov, le même qui fut frappé en avril dernier par les sanctions promulguées par l'Ue contre une liste restreinte de personnalités russes dans le but d'isoler et affaiblir politiquement le président russe Vladimir Poutine.

En fin de matinée de mercredi, au cours d'une rencontre avec les spécialistes militaires de plusieurs nationalités, Gerasimov a déclaré que les représentants des forces armées russes commandés par le général Lentsov ont été envoyées à Delbatsevo dans la région de Donetsk sur requête du chef d'état major de l'armée ukrainienne, le général Viktor Muzhenko.

Gerasimov a aussi précisé que cette mission a le but, conjointement à l'OSCE, d'aider les parties en conflit qui sont forces ukrainiennes et la milice locale, à trouver une solution de compromis pour un abaissement de la tension et le retrait des troupes du front. Aux militaires russes donc, le but de prendre le contrôle d'un théâtre de guerre qui a visiblement échappé au contrôle de Kiev et dans lequel il y a eu plus de 4.000 victimes, dont la plupart sont des civils.

 

suivre l'évolution de la situation sur l'agence Itar-Tass, ici leur article en anglais de mercredi :

Russian military assisting in settlement of eastern Ukraine conflict — General Staff

Russia

December 10

 

http://itar-tass.com/en/russia/766220 

 

PTV News 11 Dicembre 2014 - Kiev chiede aiuto all'esercito russo © PandoraTV

 

https://www.youtube.com/watch?v=J0Oig9ip8qU

 

 

 

MH17 : mais qu'ont-ils à cacher ?

 

10.12.14 - Les Pays Bas ne consentiront pas aux Nations Unies de constituer une nouvelle commission d'enquête pour chercher les causes de la destruction du vol MH17 de la Malaysia Airlines. La proposition venait des proches des victimes du désastre aérien qui a provoqué la mort de 298 personnes en juillet dernier. Les autorités hollandaises sont accusées d'avoir conduit l'enquête approximativement en commettant des erreurs dans le recueil des parties de l'épave, ils auraient de plus montré de l'incompétence dans la recherche d'éléments essentiels pour identifier les responsables de la destruction de l'avion. Les enquêteurs de leur côté, ont fait savoir que les premiers résultats ne seront rendus officiels qu'à partir de la deuxième moitié de 2015, alors que les proches protestent depuis des mois contre la lenteur et la faible transparence de l'enquête qui, jusqu'à aujourd'hui n'a abouti à aucun résultat concret. 

 

L'Europe peut-elle renoncer au South Stream ?

 

Une réaction confuse celle de l'Europe après l'adieu de Poutine au South Stream au profit de la construction d'un hub énergétique en Turquie. Une réponse européenne, au delà des accents de circonstance, non alignée aussi après la rencontre des ministres de l'énergie qui a eu lieu hier à Bruxelles. Marche arrière de la Serbie et de la Bulgarie auparavant hostiles au projet, mais qui maintenant se disent préoccupées de la sécurité énergétique de l'Ue, et craignent aussi la perte en termes d'entrées que l'arrêt du South Stream implique pour leurs économies. Tandis que c'est l'Italie même qui est la plus impliquée dans la réalisation du gazoduc, qui se montre sûre d'elle. "L'arrêt du South Stream ne nous préoccupe pas" avait déjà déclaré à chaud le Premier ministre Matteo Renzi, qui ne considère pas le projet comme fondamental pour l'Italie. Pour les diplomaties européennes ce sont des journées de rencontres plus ou moins officiels en Turquie. Après la visite hier d'une nombreuse délégation de Bruxelles conduite par la titulaire des Affaires Etrangères Federica Mogherini, demain sera le tour de Matteo Renzi. Du reste, sans le South Stream Europe devra faire les comptes avec une perte potentielle d'affluence de gaz difficilement remplaçable à court terme. Comme souligné par les analystes la nécessité de diversification des approvisionnements est vitale pour l'Europe, qui emporte plus de la moitié de son besoin énergétique. En outre, la situation conjoncturelle est très délicate, Grande Bretagne et Norvège ont réduit la production interne du gaz, la Libye vit une période de forte instabilité et l'Algérie n'a pas d'infrastructures en mesure de pouvoir garantir les volumes demandés par l'Europe. La seule solution semble pour l'instant celle du n° 1 de Gazprom Alexei Miller, qui a déclaré il y a quelques jours "Si l'Europe ne veut pas qu'on lui apporte le produit chez elle, alors il va falloir qu'elle s'habille et aller personnellement au magasin, et en hiver s'habiller plus lourdement". 

PTV News 10 dicembre 2014 - MH17. Cosa hanno da nascondere? © PandoraTV

https://www.youtube.com/watch?v=L6_5xZSaWYU

 

 

Mais dès le 3 décembre, Maria Van Der Hoeven, directrice de l'Agence Internationale pour l'Energie (IEA),à l'occasion de la présentation à Bruxelles du rapport sur les politiques énergétiques européennes de 2014, qui photographie la situation actuelle et dessine les perspectives pour la décennie prochaine, avait déclaré que "l'Union Européenne sera dépendante des importations de gaz russe dans le futur proche". Avec la diminution sensible de la production de combustibles fossiles nord-européens, le minimum historique atteint par les importations de gaz méthane et les réticences de beaucoup de pays membres au gaz de schistes, les déclarations de l'Agence Internationale pour l'Energie sonnent comme une sentence pour l'Europe. Le thème de la sécurité énergétique est en effet névralgique pour une région dont l'énergie consommée est importée pour 53% de pays extra-Ue. (source PTV 4.12.14)

 

Adolfo Marino

 

PandoraTv.it

 

 

Donbass, parle une unité de guerrilleros communistes (vidéo du 10 déc. 2014)

 

Le détachement communiste dirigé par Piotr Biriukov de la brigade "volontaires Pryzrak" envoie les salutations depuis le dispositif militaire dans le village de la région Komisarivka, Lugansk.

 

cliquez sur le carré blanc en bas à droite pour le sous-titrage anglais ou espagnol. 

Piotr Biriukov's Communist fighters of "Unit #404" [sub ENG\SPA\TR\ITA] © Voxkomm
 

https://www.youtube.com/watch?v=7UIyAGJAyVg 

 

 

Union Eurasiatique, rapprochement entre la Russie et l'Ouzbékistan

 

11.12.14 - Le président russe Vladimir Poutine a accordé à l'Ouzbékistan l'effacement d'une grande partie de sa dette envers Moscou, dans la tentative de convaincre les autorités de la république ex-soviétique à se rapprocher de l'Union économique eurasiatique.

 

L'Ouzbékistan et la Russie ont cependant déjà décidé d'ouvrir une consultation sur la création d'une zone de libre échange entre Tashkent et l'union conduite par Moscou.

 

"Nous avons convenu que nous engagerons une consultation en vue de la signature d'un accord entre l'Ouzbékistan et l'Union économique eurasiatique sur une zone de libre échange" a dit Poutine aux journalistes après une rencontre avec le président ouzbèque Islam Karimov. "L'accord pour réguler les demandes financières réciproques contribuera à élargir nos liens économiques", a ajouté le chef de l'état russe, en se référant à l'entente pour effacer une grande partie de la dette de Tashkent, qui selon les agences russes est évaluée à 865 millions de dollars sur un total d'engagements ouzbèques envers Moscou de 890 millions.

 

Tashkent a toujours été relativement critique à l'égard de l'Union eurasiatique, parce que la république d'Asie centrale, qui est assez riche démographiquement, craint de perdre en autonomie politique. Karimov aujourd'hui a suggéré que Moscou devrait soutenir l'actuelle Communauté des états indépendants, composée des Pays de l'ex bloc soviétique, plutôt que promouvoir de nouvelles alliances. Mais, a-t-il ajouté, l'Ouzbékistan "a toujours été ouvert à la Russie" et espère "renforcer le développement des relations russo-ouzbèques".

 

La Russie et l'Ouzbékistan ont discuté aussi de questions de sécurité régionale et Karimov a exprimé des préoccupations pour le retrait des troupes occidentales de l'Afghanistan proche. Non pas parce que à Tashkent il y ait des sympathies particulières pour l'Otan, mais pour la possibilité que le retrait des troupes étrangères permette une nouvelle offensive islamiste dans toute la région. "Ce qui cause une grande préoccupation est l'expansion de l'extrémisme militant" a dit Karimov. "Tout vide de sécurité en Afghanistan serait rempli rapidement par plusieurs groupes terroristes… Il y a déjà des signaux d'éléments de l'Isis en entrée en Afghanistan" a ajouté le président ouzbèque.

 

Crée par la Russie, la Biélorussie et le Kazakistan, l'alliance économique sera opérationnelle à partir du 1 janvier 2015, sur la base de l'union douanière déjà en vigueur entre les trois pays ex soviétiques. Dans l'Union est entrée récemment aussi l'Arménie, qui a tourné le dos à l'Ue, avec laquelle elle était en train de négocier un accord d'Association retenu désavantageux et dangereux pour l'économie du petit pays.

 

Entretemps les républiques du Caucase de la Fédération de Russie semblent s'être relativement normalisées. En particulier le Daguestan, pendant longtemps épicentre des attaques islamistes non seulement contre Moscou, et qui compte devenir un territoire leader dans la production de pétrole et de gaz. Du moins ce sont les plans exposés par le PDG de la Compagnie du pétrole et du gaz daghestanaise Lev Yusufov, tout en annonçant à Moscou que cet objectif ambitieux sera réalisé à travers l'accès aux gisements offshore dans la Mer Caspienne.

 

Les énormes réserves découvertes pourraient valoir jusqu'à 200 milliards de dollars, ce qui était connu depuis l'époque soviétique, mais jusqu'à aujourd'hui le Kremlin avait toujours renvoyé l'exploitation à grande échelle surtout à cause de l'instabilité de la région, due aux tensions générées par des minorités islamistes soutenues par les réseaux jihadistes et par quelques centres occidentaux de déstabilisation. Mais à une époque d'affrontement renouvelé entre blocs et de sanctions et contre-sanctions l'or noir du Daguestan pourrait devenir fondamental pour Moscou qui pourrait utiliser une partie des revenus pour calmer les poussées sécessionnistes et islamistes radicales d'une partie de la population, d'un territoire qui par ailleurs n'est pas économiquement développé.

 

La nouvelle société vise des taux de production de 6-7 millions de tonnes de pétrole l'an, 5-7 milliards de mètres cubes l'an de gaz et 0,5 millions de tonnes l'an de gaz liquéfié. La "State Oil Company" de la République du Daguestan a été crée en juin 2014 par le gouvernement de la République fédérée à la Russie et 100% des actions sont de propriété de l'état.

 

 

Rédaction Contropiano

 

 

http://contropiano.org/internazionale/item/28052-unione-euroasiatica-avvicinamento-tra-russia-e-uzbekistan

 

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