Comment conjurer le risque d’une perpétuelle soumission à l’Etat d’Israël (1993)

Retour sur un texte* de 1993 du grand intellectuel palestinien Edward Saïd. Article en libre accès sur le site du Monde Diplomatique.

https://www.monde-diplomatique.fr/1993/11/SAID/45741

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Ecrivain d’origine palestinienne en exil aux Etats-Unis, Edward W. Said a été membre du Conseil national de l’OLP de 1977 à 1991 et il a participé aux efforts de paix. Pour lui, l’accord du 13 septembre 1993 est l’acte de reddition des Palestiniens. Afin de rompre l’inégal rapport de forces qui a conduit à un tel accord, la partie palestinienne doit d’abord se plier, en son sein, à l’exigence démocratique et abandonner une position minimaliste qui divise le peuple et affaiblit la résistance. Alors, de nouvelles négociations mèneront à une véritable réconciliation.

« Rien ne transparaissait, dans la grande célébration médiatique du 13 septembre à Washington, de la capitulation infligée aux Palestiniens. En échange d’une poignée de main, ceux-ci voyaient soudain la plupart de leurs droits mis en suspens. Le rituel de la réconciliation entre MM. Arafat et Rabin, sous l’oeil impérial du président américain, a éclipsé une vérité qui pourtant doit être dite : l’accord est un acte de reddition du peuple palestinien, une sorte de traité de Versailles. Le pire, c’est qu’au cours des quinze dernières années, l’Organisation de la Palestine (OLP) aurait pu à maintes reprises négocier un accord meilleur que ce plan Allon (1) nouvelle manière, et à de moindres concessions unilatérales. Mais sa direction - elle ne le sait que trop - avait refusé toutes les ouvertures qui lui en offraient l’occasion.

suite ....

 

*Cet article a été republié en 1996 aux éditions La Fabrique dans le recueil Israël-Palestine : l'égalité ou rien.

 

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