Les députés australiens unissent leurs forces pour rapatrier Julian Assange

Un groupe de 10 députés de tout l'éventail politique a uni leurs forces pour procéder à un travail parlementaire chargé de rapatrier le fondateur de Wikileaks, Julian Assange. La formation du groupe intervient avant la comparution d'Assange, lundi prochain devant le tribunal à Londres, et appelle le gouvernement fédéral à intervenir en son nom.

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George Christensen, Liberal National Party of Queensland George Christensen, Liberal National Party of Queensland

19 OCTOBRE 2019 - PAR NATHALIE O'BRIAN (News Corp Australia Network)

George Christensen, membre de la LNP (Liberal National Party of Queensland), et Andrew Wilkie, du groupe indépendant, ont accepté d'être coprésidents et ont soumis le groupe proposé à l'approbation du Président du Sénat et du Président de la Chambre des représentants.

Il est entendu que le groupe comprend le député national Barnaby Joyce (ancien chef du Parti National,NDT), les membres du Parti travailliste et les juges de la Chambre des communes.

Barnaby Joyce, Parti National australien Barnaby Joyce, Parti National australien

M. Wilkie a déclaré à News Corp Australia qu'il espérait que le groupe ferait mieux connaître le cas d'Assange et sensibiliserait le public.
Andrew Wilkie, député à la Chambre des Représentants (groupe indépendant) et ancien officier du renseignement Andrew Wilkie, député à la Chambre des Représentants (groupe indépendant) et ancien officier du renseignement
Il est convaincu que les gens qui se sont méfiés d'Assange en raison des allégations de viol portées contre lui, changeront d'avis lorsqu'ils sauront ce qui se passe.

Il a déclaré qu'Assange n'a pas été accusé de viol et que les tentatives d'extradition vers les États-Unis n'ont rien à voir avec ces allégations.

Assange, âgé de 48 ans, fait face à 18 chefs d'accusation aux États-Unis, y compris pour complot en vue de pirater des ordinateurs du gouvernement et violation d'une loi sur l'espionnage.

Assange a attiré l'attention des États-Unis lorsque Wikileaks a publié des centaines de milliers de documents et vidéos secrets américains sur la guerre en Irak et en Afghanistan.

Mais on avait dit à Assange qu'il pouvait quitter la Suède, il n'y a pas d'accusations et il n'y a pas eu de cas d'extradition vers la Suède.

Il a obtenu l'asile à l'ambassade équatorienne à Londres en 2012 au motif qu'il risquait d'être victime de violations des droits humains par les États-Unis.

Il a été traîné hors de l'ambassade équatorienne il y a quelques mois et est en détention préventive avant l'audience d'extradition vers les États-Unis.

L'avocat australien Greg Barnes, qui agit en tant que conseiller de la campagne pour Assange, a déclaré : "Les gens sont naïfs et ne comprennent pas ce qui se passe."

"Si les États-Unis obtiennent ce qu'ils veulent, il sera probablement jugé en secret, dans un 'tribunal kangourou' (kangourou court) et condamné à la prison à vie."

La formation du groupe intervient avant la comparution d'Assange devant le tribunal à Londres lundi et appelle le gouvernement fédéral à intervenir en son nom.

M. Assange est détenu dans l'une des prisons les plus dures de Grande-Bretagne à Belmarsh, et son équipe juridique a averti que sa santé se détériore. Une audience d'extradition complète ne devrait pas avoir lieu avant février.

M. Barnes a déclaré que c'était la première fois que les États-Unis cherchaient à utiliser leurs lois pour poursuivre une personne qui n'avait pas commis un acte dans une juridiction américaine ou qui n'avait aucun lien avec les États-Unis.

"Il s'agit d'une mesure dangereuse qui signifie que tout journaliste ou toute personne qui publie du matériel jugé classifié en vertu des lois américaines sur l'espionnage pourrait faire l'objet de poursuites, indépendamment de tout lien avec les États-Unis."

M. Barnes a déclaré que l'utilisation par l'accusation d'une portée extraterritoriale est unique et représente une menace pour l'indépendance des journalistes.

"Ce n'est même pas quelque chose qui a déjà été envisagé par les Five Eyes auparavant," a-t-il dit.

"Je pense qu'il serait très improbable que l'Australie cherche à poursuivre quelqu'un en Belgique pour avoir publié quelque chose dans ce pays."

L'homme d'affaires Dick Smith s'est également exprimé sur ce qu'il a qualifié de tentatives "scandaleuses" du gouvernement américain d'extrader Julian Assange en utilisant des lois qui donnent "une juridiction universelle sur toute personne sur terre".

M. Smith a écrit à l'ambassadeur des États-Unis en Australie, Arthur Culvahouse Jr, pour avertir que les relations avec l'Australie seraient compromises si les États-Unis persistaient à faire d'un Australien un " bouc émissaire " en matière de sécurité en cas de défaillance du gouvernement de son propre pays.

"Il est injuste et erroné de s'en prendre à un Australien, de le blâmer et de l'enfermer parce que les Américains ne pouvaient pas garder leurs propres secrets, cachés" a déclaré M. Smith.

"M. Assange n'a réussi à publier des documents américains et à obtenir un accès non autorisé que parce que les responsables de la confidentialité de ces informations n'étaient pas compétents."

"Il leur a fait une faveur - si Julian Assange, assis sur son banc de cuisine, peut s'introduire dans les systèmes américains, n'importe qui peut le faire - comme les Russes."

Source : https://www.dailytelegraph.com.au/news/national/cross-party-support-to-bring-home-wikileaks-founder-julian-assange/news-story/6b4582e36967037eb14ee634b2a3cb27

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