Racisme et fascisme: un binôme inséparable au service des classes dominantes européennes

Italie du Nord, banlieue de Trévise, il y a quelques jours. Devant une tente, une femme tenant dans ses bras un bébé de quelques jours répond au journaliste sur un ton véhément qu'elle "ne paiera pas un crédit pendant 28 ans pour vivre dans un camp de réfugiés". C'est la formule choc que Euronews mais aussi les médias italiens, auront retenu de cet honteux épisode d'intolérance qui a eu lieu il y a quelques jours dans la banlieue de la riche ville du Nordest. Le bref reportage sur Euronews ne s'embarrasse pas des détails de l'histoire - au-delà de celui concernant le refus de l'EU de répartir 80.000 réfugiés sur tout le continent - il faut donc prendre la loupe des sites alternatifs pour prendre la mesure de ce qui cherche à se mettre en place depuis quelques temps à des endroits précis de la péninsule. Les faits ne sont pas spectaculaires mais leur implicite est tout autre que l'hostilité de quelques riverains, tel que filtré par l'oreille mainstream : comment les néofascistes sont en train d'organiser les couches moyennes de la société en instrumentalisant leurs craintes sécuritaires et l'incertitude sur le futur préparé par les politiques néo-libérales du gouvernement.

 

Les articles qui suivent la vidéo d'Euronews proviennent tous du site du Réseau des Communistes italiens Contropiano.org. Pour la traduction, j'ai opté pour l'italien camerata-camerati, par lequel les néofascistes s'autodésignent, car c'est une expression typique liant sans équivoque les militants actuels à ceux du Ventennio. Rien à voir donc, avec le sens français de 'camarade'.

 

Colère en Italie : les migrants dont la population ne veut pas © euronews (en français)

https://www.youtube.com/watch?v=u0hSludCvwQ

 

San Nicola, Casapound conduit la "révolte des résidents" contre les réfugiés 

 

17.07.15 - Que derrière les révoltes contre l'arrivée des migrants dans certains quartiers des villes italiennes, depuis le nord jusqu'au sud, il y ait l'extrême droite est désormais chose connue. Mais si l'on observe ce qui est en train d'arriver depuis Trévise à Rome on s'aperçoit que derrière la diversité des épisodes se cache - et même pas tellement, en vérité -  une régie unique.

 

par Rédaction Contropiano

Il y a les militants connus de Casapound à diriger la 'révolte' des résidents de Casale San Nicola, petit quartier dans la zone nord de la Capitale, contre l'arrivée d'une centaine de réfugiés étrangers à l'intérieur d'une ex-école aménagée en abri temporaire pour ceux qui fuient la guerre et la misère. Et ils ne se cachent sûrement pas, au contraire.

 

Ce matin la situation a partiellement dégénéré, de la même manière que ce qui est arrivé hier à Trévise, grâce justement à l'intervention organisée par l'extrême droite qui est parvenue à s'insérer dans la protestation née des égoïsmes des citoyens préoccupés par la dévaluation des maisons ou pour la sécurité, en plus de dériver des 'maux de ventre' engendrés par la logique objectivement embrouillée et contradictoire utilisée par les autorités dans la distribution des migrants.

 

Ce matin une cinquantaine de personnes a bloqué la rue qui conduit à l'ex-école 'Socrate' - destinée à l'accueil des réfugiés - avec l'intention d'empêcher physiquement l'arrivée des véhicules avec à leur bord les premiers 19 migrants. Des poubelles et des bottes de foin incendiées, des slogans racistes et des drapeaux italiens exhibés. "D'ici nous ne bougerons pas. Casale San Nicola doit rester aux italiens. Nous le défendrons jusqu'à la fin", avait tonné le vice-président de Casapound Italie, Andrea Antonini. Jusqu'à ce que, à la vue du car avec les migrants à bord, parte le caillassage et le lancement de tables en plastique contre un cordon d'agents en tenue anti-émeute, qui ont réagi avec des coups de matraque et en simulant la charge tandis que de l'autre côté une quinzaine de jeunes hommes de Casapound, têtes casquées, tenaient partiellement le coup. Le car avec à son bord les réfugiés est resté bloqué longtemps derrière les blindés, puis lourdement escorté il a parcouru la rue pour arriver à l'ex-école au milieu des slogans contre les étrangers, les insultes et les lancements de bouteilles.

 

Le préfet Gabrielli a été catégorique : "Nous avons envoyé 19 personnes qui doivent séjourner à Casale San Nicola et il y a un barrage de la route par des citoyens qui ne permet pas qu'ils entrent. Maintenant ils sont sur le car mais ils entreront dans le centre parce que nous enlèverons le barrage. Nous ne reculerons pas." Mais par la suite dans la matinée la préfecture ouvre une négociation, se disant disponible à réduire à 60 les réfugiés à faire entrer dans l'immeuble de Casale San Nicola, une offre cependant refusée par les 'résidents' de l'aire - villas avec jardin, pas des immeubles de banlieue - qui surgit entre l'Olgiata et la Storta.

 

 

Rome et Trévise, un laboratoire de l'extrême droite

 

18.07.15 - Le ministre Angelino Alfano (actuel ministre de l'Intérieur, "dauphin" de Berlusconi, ndt) dit que "on risque des révoltes contre les immigrés dans toute l'Italie". Après les faits de Trévise et Rome il faut sonner l'alerte et vite, mais la vérité est que les autorités et les médias sont en train de faire tout pour créer les conditions pour que les épisodes d'intolérance violente contre les immigrés et les réfugiés se multiplient. Les médias ont parlé improprement d' "exaspération", de "guerre entre pauvres", de "comités spontanés de citoyens", de "colère", mais la vérité est qu'ils s'est agi en bonne partie de deux épisodes à caractère entièrement politique reconductibles à des forces organisées par la galaxie néofasciste. Rien de préoccupant, donc ?



par Luca Fiore

Le problème est que ceux qui, du point de vue objectif - à cause du nombre insuffisant de participants et du caractère des situations territoriales en question - pourraient être considérés comme deux épisodes mineurs, risquent de constituer le point de départ pour une 'Vendée' violente aux vastes proportions, favorisée par la clameur médiatique mainstream, par les déclarations alarmistes sur le thème de l'immigration de la part de la politique de droite comme de 'gauche', sur l'irresponsabilité des choix souvent discutables des autorités chargées de gérer le cadre de vie des réfugiés.

 

Ce qui en partie n'avait pas été atteint par les fascistes dans certaines zones plus populaires et surtout peuplées - par exemple Tor Sapienza, à Rome - semble être en train de réussir par contre dans des zones dont la composition sociale est certainement située dans les strates de la classe sociale moyenne. Non pas les gros immeubles des périphéries urbaines, donc, mais les petits immeubles de Quinto de Varese ou les petites villas en série de San Nicola pourraient constituer le point de départ d'un siège populaire - sûrement de petites dimensions, du moins pour l'instant - pour une extrême droite qui semble avoir trouvé les mots d'ordre, les modalités d'organisation et un certain feeling avec les territoires dans lesquels elle cherche à s'enraciner.

 

Pas de 'guerre entre pauvres' au sens propre, mais le soutien des égoïsmes et des craintes qui caractérisent les couches moyennes de la population plus facilement mobilisables par les mots d'ordre racistes et 'nationalistes' des nombreuses organisations de droite.

 

Comme Casapound, au premier rang dans l'aire entre l'Olgiata et la Storta (quartiers périphériques de Rome, ndt) où hier quelques dizaines de résidents dirigés par les 'fascistes du 3e millénaire' protégés par des casques ont tenté d'empêcher l'arrivée d'une vingtaine de réfugiés.

 

Mais il n'y avait pas seulement le mouvement désormais fédéré à la Ligue du Nord à militariser la protestation de San Nicola. Aux côtés de ceux que nombre de médias ont défini 'militants de droite' - ils ne l'appellent même plus extrême, allez voir si la presse parvient à utiliser le terme 'fascistes' - il y avait aussi ceux d'un groupuscule connu pour les provocations antisémites, pour le soutien au criminel nazi Priebke et pour plusieurs agressions violentes aux antifascistes. Ce sont les mêmes, avec un post sur Facebook, qui revendiquent leur présence à l'affrontement épique d'hier matin.

 

"Le mouvement politique Militia exprime la plus grande et la plus totale solidarité à notre camerata Stefano Caradonio, pour les actes répressifs honteux qui ont abouti aujourd'hui à son arrestation après les faits qui ont eu lieu à Casale San Nicola de la part de ces policiers infâmes à la solde de l'état et des privés qui ont aujourd'hui démontré encore plus leur infamie, à notre DIGOS (police anti-émeute, ndt) bourreau nous lui avons toujours craché à la figure à cette clique d'êtres immondes nous ne nous sommes jamais cachés derrière l'anonymat et jamais nous ne le ferons, qu'il s'en souviennent que celle d'aujourd'hui est simplement une petite flamme allumée dans un champ de blé sec et si c'est la guerrilla qu'ils cherchent nous sommes prêts à nous battre mais cette fois ils n'auront pas le jeu facile !  comme eux de la même manière ce porc lâche de Gabrielli (le Préfet de Rome, ndt) qu'il se souvienne que la honte n'est pas voir un groupe de personnes défendant leur terre mais être serfs des patrons et de cet état fils de l'infâme ploutocratie démocratique et de tout ce qui s'ensuit. Nous serons demain sur la place Clodio à 9 heures pour le procès contre notre camerata parce que personne qui lutte doit être laissé seul" écrivent ceux du mouvement squadriste animé par Maurizio Boccacci.

 

Plus au nord, dans la riche région de Trévise, il y avait par contre les concurrents de Forza Nuova, soutenus par les militants d'une LIgue du Nord qui peut être désormais comptée dans le panorama diversifié de l'extrême droite, très lointaine des ambigües positions localistes et libéristes mais antifascistes des premières années 'bossiennes' (Bossi a été le premier leader de la Ligue du Nord, ndt).

 

Les camerati revendiquent dans leurs communiqués 'leur lien avec le peuple' et dénoncent la 'violence de la police'. Qui en réalité est restée absolument à regarder sans intervenir tandis que ceux de Forza Nuova volaient les accessoires, les matelas et plusieurs objets depuis un petit immeuble destiné aux réfugiés à la périphérie de Trévise pour ensuite leur mettre le feu, tandis que hier est intervenue de manière très dure et injustifiée contre la manifestation dans le centre ville de quelques dizaines de militants du centre social local et de quelques associations antiracistes : des gens jetés à terre, traînés jusqu'à la caserne, retenus pendant des heures et identifiés en attendant d'être dénoncés.

 

Dans la zone des petites villas en série de Casale San Nicola, par contre, à la fin de la matinée les camerati en tenue de combat ont pris quelques coups de matraque, en effet. Mais à la fin le bilan des charges a été beaucoup moins lourd que d'habitude : seulement deux personnes arrêtées, une dénonciation et 15 identifiés. Sur les affrontements une enquête a été ouverte. "Nous avons contenu les militants de Casapound et réouvert la route", explique la police, pendant que les habitants accusent les agents d'avoir causé la violence contre des femmes âgées assises par terre : "Nous avons les photos et les vidéos qui prouvent ce que nous disons - affirment-ils - et nous les montrerons à tout le monde."


Cependant les arrêtés ne sont pas résidents, mais des fascistes connus : Stefano Caradonio, de Militia, et Fabrizio Mori, représentant de Fratelli d'Italia à Rome Nord.

 

Mais voilà arriver du front de l'ordre public une démonstration de solidarité avec les fascistes de la part d'un agent qui, dans un post sur le social network le plus connu, se déclare désobéissant et en empathie avec la protestation des 'braves citoyens' de Rome Nord.

 

"Pour la première fois de ma vie, et ça fait vingt ans que je suis dans la police, j'ai honte d'être policier. J'ai honte pour ce que mes collègues ont fait à Casale San Nicola. Si j'avais été là-bas j'aurais abandonné la tenue et je me serais uni aux gens : avec nos gens.

Comment est-ce possible, s'être réduits à matraquer nos mères et nos pères, pour exécuter les ordres de voleurs et de mafieux qui sont au gouvernement ? Nous nous sommes rangés contre nos gens pour faire de la place à une centaine de clandestins, les mêmes qui chaque jour nous trouvons faire la contre-bande dans les rues de Rome !

Je m'adresse à mes collègues : refusez ! N'obéissez pas aux ordres d'un préfet comme Gabrielli, qui a le seul objectif de faire carrière politique dans le PD.

Et je veux dire aux citoyens que la majorité des policiers sont avec eux. Mais la Préfecture, dans une situation de ce genre, sélectionne les agents, envoie matraquer qui ne veut pas les réfugiés, les 'policiers appropriés', cette minorité qui pour quatre sous est prête à tout. Ils savent que s'ils envoyaient des policiers choisis au hasard, ils désobéiraient aux ordres.

En tant que policier je demande pardon aux résidents de San Nicola, en tant que citoyen je suis avec vous !"


Un comice écœurant farci des arguments les plus grossiers de la propagande qualunquiste et xénophobe utilisés par les mouvements néofascistes pour se faire accréditer dans les secteurs sociaux disponibles à embrasser la cause de la 'défense des quartiers de l'invasion des clandestins'. Un post aussitôt repris par plusieurs comptes et sites de 'contre-information' gérés par des extrémistes de droite qui peuplent le réseau et qui démontrerait l'identité des vues entre citoyens qui protestent - ainsi que de certaines organisations antifascistes - et forces de l'ordre. D'ailleurs, à voir la timidité de la charge de la police anti-émeute - dont nombre n'agitent même pas la matraque - qui a répondu hier au lancement de chaises, briques et morceaux de marbre entre les villas avec piscine de San Nicola, la sensation que entre 'serviteurs de l'état' et camerati passe le courant, est plus que légitime.

 

Dans un cadre de ce type il est vraiment ridicule que ce ne soient que quelques groupes d'activistes qui exercent l'antifascisme. Si les organisations sociales, politiques, syndicales ne récupéreront pas dès maintenant un antifascisme authentique et intimement lié à une identité anticapitaliste et de rupture - non celui maniéré de ces partis qui le dépoussièrent seulement en vue de quelques rendez-vous électorax - l'extrême droite trouvera de plus en plus d'espace, de plus en plus de tolérance dans les institutions et dans les classes dominantes, de plus en plus de complicité dans les médias et dans les soi-disant forces de l'ordre.

 

 

Lucques. Samedi 25 manifestation antifasciste en réponse aux agressions squadristes

 

 

Samedi 25 juillet à 16 heures dans la Piazza San Michele à Lucques, nous convoquons une manifestation antifasciste déterminée à ne pas céder aux provocations, qui soit une réponse forte au squadrisme, au fascisme et à la rhétorique anti-immigré, et qui tente de construire un front solidaire et antiraciste pour les droits de tous.

 

VOUS NE NOUS ARRETEREZ JAMAIS

 

 

Communiqué de LUCCA ANTIFASCISTA (18.07.15) :

La dernière lâcheté des squadristes citoyens est parvenue à essayer de mettre le feu au siège principal des mouvements lucquois. Dans la nuit de mercredi 15 juillet, des inconnus ont dévasté et essayé de mettre le feu qui seulement par chance ne s'est pas propagé.

 

Une croix gammée a signé le énième acte intimidateur. Il ne s'agit pas de vandales quelconques comme le Maire de Lucques aimerait faire croire, il s'agit des inconnus de toujours, bras armé du projet faisceau léguiste, fomentés par la campagne de haine raciale qui voudrait mettre aux premiers rangs les italiens dans une guerre insensée entre pauvres.

 

Qui ne sait pas est ignorant mais qui feint ne pas savoir est criminel. Faire semblant qu'à Lucques n'ait pas existé et n'existe pas un noyau organisé de fascistes gravitant autour du foot-ball et non seulement, est dangereux et complice. Pendant des années les institutions dirigées par les droites ont soutenu les nombreux personnages du fascisme citadin, maintenant le gouvernement PD, désormais vrai ennemi des classes les plus pauvres, expulse, et meut les forces du (dés)ordre contre les luttes sociales, contre les immigrés, en se vantant aussi de déloger et de laisser sans maison des familles et des enfants ; en même temps il se pare du blason de l'antifasciste qui lui a été donné par son appendice de l'ANPI (l'organisation des partisans italiens, ndt), qui n'est plus une organisation d'anciens partisans, mais une vrai côte institutionnelle du parti de Matteo Renzi.

 

Il y a un lien profond entre qui intimide, pratique des embuscades, menace, et le bord politique qui se revendique du fascisme en tentant de chevaucher la crise. Se dire antifascistes aujourd'hui ne signifie pas seulement repousser les embuscades et tenir tête à la propagande xénophobe, mais dénoncer politiquement qui profite du squadrisme et gagne par l'intimidation de l'adversaire.

 

L'alliance Casa Pound et Ligue du Nord, ainsi que les soutiens localement stratégiques de Fratelli d'Italia et de Forza Italia, visent à élargir un unique front électoral raciste qui base tout sur la peur du différent et sur la conviction qu'un plus grand bien-être doit passer par la négation des droits des migrants. A Lucques, comme aussi à Trévise et dans les périphéries romaines, les néofascistes cherchent à repousser tout projet d'intégration des migrants. Ils exploitent pratiquement la peur et la crise de la population en l'orientant et en culpabilisant l'étranger. Une logique qui avantage les potentats nationaux : en détournant le mécontentement horizontalement, dans une guerre entre pauvres, neutralisant la possibilité que cette colère soit exercée verticalement vers les hiérarchies du pouvoir, le grand entrepreneuriat et la politique. La rage sociale devrait aller vers les patrons et les exploiteurs qui détiennent la richesse et font payer la crise aux classes moins favorisées, un exemple en sont les politiques philo-entrepreneuriales du gouvernement Renzi, qui visent à détruire les quelques tutelles des travailleurs et à couper les services (santé et instruction pour tous), soit : frapper les seuls qui ont déjà tant payé.

 

Le squadrisme d'hier et d'aujourd'hui entend contenir la colère sociale, les luttes, les mouvements pour le logement, pour les espaces et pour les droits. Dans les années '20 les premiers fascistes étaient le bras armé et financé par la Confindustria (Medef italien, ndt), aujourd'hui les hommes à bras qui se jettent contre les étrangers ont le même rôle, ils essaient d'arrêter qui a pratiqué objectivement les luttes contre les réformes renziennes qui engendrent seulement le précariat et la pauvreté. Les fascistes, étroitement liés entre politicards de façade et frappeurs de rue, ont tenté de miner l'opposition citoyenne au gouvernement PD et aux campagnes de haine raciale.

 

Ils ont soufflé sur le feu qu'ils ne parviendront pas à éteindre.

 

 

 

 

Sur les faits de Trévise et de Rome. Avec les anti-fascistes de Lucques. 

 

21.07.15 - Ces derniers jours nous sommes en train d'assister à plusieurs tentatives de pogrom anti-immigrés. Le premier à Quinto de Treviso, le second à Casale San Nicola (périphérie de Rome). D'autres sont en train de se vérifier dans d'autres parties du pays. Dans tous les scénarios des petits groupes de citoyens sont pris en charge, soutenus, organisées par les nazi-fascistes qui se sont agrégés récemment autour de la Ligue du Nord de Salvini.

 

Ce sont des épisodes gravissimes, à mettre au compte des réussites du projet lepéniste italien, engagé à construire en Italie un mouvement réactionnaire de masse, avec le but spécifique de diriger le désespoir social produit par les politiques de l'Union européenne - dans notre pays à travers le PD de Renzi - contre la partie la plus faible des exploités : les migrants.

 

Le comportement du gouvernement et des médias, ainsi que des  préfectures et de la police met à nu - si besoin était - l'orientation des classes dominantes face à ces phénomènes de barbarie politique et sociale: utiliser les migrants pour fomenter le racisme et la division entre les travailleurs et les exploités, frapper les anti-fascistes et les anti-racistes.

 

Le racisme dans notre pays a été systématiquement cultivé en plus de vingt ans de politique gouvernementale, administrative, médiatique, au cours desquels la distinction entre droite et  "gauche" a été complètement perdue : les dirigeants du Parti démocrate au niveau central et local égalisent et souvent l'emportent sur les collègues léguistes et 'force-italiotes' en matière de persécution des migrants, des Roms, des pauvres.

 

Le "sens commun" engendré par ces politiques est sous les yeux de tous, déterminant le déplacement continu de tout l'axe politique vers la droite, dans l'éternelle poursuite du vote de ces minorités qui vont déposer encore leur bulletin dans les urnes électorales. Dans ce jeu de  massacre nous ne savons pas qui sera le vainqueur des élections à venir. Par contre nous savons et nous voyons les résultats concrets de ces politiques dans la société, résultats dont les faits des dernières semaines pourraient n'être que la pointe de l'iceberg.

 

Les nazi-fascistes, bras armé des politiques patronales de toujours, se réproposent comme tels au service des politiques néo-coloniales de l'Union européenne en Ukraine, à travers les bataillons nazis qui font chaque jour des victimes dans la population civile du Donbass, ainsi que dans tous les coins de notre pays, où ils manipulent et fomentent les sentiments les plus bestiaux de populations exaspérées par une crise économique paralysant surtout les pays capitalistes avancés.

 

Dans toutes les villes où ces voyous sont présents les attaques sur les migrants et les anti-fascistes se multiplient, comme cela arrive trop souvent et depuis trop longtemps à Lucques, où évidemment des couvertures politiques et institutionnelles consentent aux fascistes une liberté d'action incomparable en Toscane. Dont le dernier épisode de l'école de Sainte-Anne, avec l'intrusion et l'incendie de l'association Idefix.

 

Pour répondre à cette énième agression le Réseau des communistes a rejoint la manifestation organisée par Lucca Antifascista samedi prochain 25 Juillet à 16h00 sur la Piazza San Michele.

 

Réseau des communistes - Pise Via Sant'Andrea 31

050575914 - 3384014989 à 3460126412

 

rdcpisa@gmail.com  www.retedeicomunisti.org  www.contropiano.org

 

 

sources des articles :

 

http://contropiano.org/politica/item/31907-san-nicola-casapound-guida-la-rivolta-dei-residenti-contro-i-profughi


http://contropiano.org/politica/item/31924-roma-e-treviso-un-laboratorio-per-l-estrema-destra 

 

http://contropiano.org/politica/item/31926-lucca-sabato-25-corteo-antifascista-in-risposta-alle-aggressioni-squadriste 

 

http://contropiano.org/interventi/item/31964-razzismo-e-fascismo-un-binomio-inscindibile-al-servizio-delle-classi-dominati-europee

 

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