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Billet de blog 23 nov. 2014

L'Onu : "condamnons le nazisme" : l'Ue s'abstient, Usa et Ukraine votent contre

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22.11.14  -  Probablement en Italie la nouvelle passera inobservée, pourtant elle est significative du climat général dans lequel est immergée notre planète.

Comme tous les ans depuis quelques années, hier l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé une motion présentée par la Russie qui condamne les tentatives de glorification de l'idéologie du nazisme et la conséquente négation des crimes de guerre commis par l'Allemagne nazie.

La résolution exprime "profonde préoccupation pour la glorification sous n'importe quelle forme du mouvement nazi, néo-nazi et des ex membres de l'organisation "Waffen SS", y compris à travers la construction de monuments et mémoriels et l'organisation de manifestations publiques". Le document relève aussi l'augmentation du nombre des attaques racistes partout dans le monde.

Une initiative sacro-sainte, on dira, étant donné les remontées fascistes et nazies auxquelles on assiste de plus en plus souvent à plusieurs latitudes du globe.

Et bien non. Parce que seulement 115 pays représentés aux Nations Unies ont voté en faveur de la motion, tandis que dans le passé le nombre des oui avait été assez plus consistant, par exemple 130 il y a deux ans. Incroyablement jusqu'à 55 délégués se sont abstenus et 3 représentants - ceux des Etats Unis, Canada et Ukraine - ont même voté contre. 

Mais comment, l'antifascisme et l'antinazisme, bien que de façade et de manière, n'est-il pas un patrimoine de ces gouvernements qui ont participé à la défaite de l'Axe dans les années '40, au prix d'énormes sacrifices en termes de morts et de destructions ? Evidemment non. Et en effet l'axe Etats Unis-Canada-Ukraine qui ont voté non avec les pays de l'Union Européenne qui se sont abstenus met en évidence le choix de la part des blocs occidentaux de dédouaner le fascisme en tant qu'ennemi numéro un de l'humanité, tout en le remplaçant avec un extrémisme islamique auparavant personnifié par Al Qaeda et maintenant avec le bien plus dangereux Etat Islamique. Avec une bonne dose d'hypocrisie et de double jeu, étant donné que comme ce qui en était advenu avec les fascistes et les nazis, les jihadistes aussi sont amplement utilisés par les gouvernements qui les définissent le 'mal absolu' contre les pays ennemis et les gouvernements à déstabiliser au Moyen Orient.

La Russie a décidé d'écrire un document qui rende applicable de manière universelle la Convention Internationale sur l'Elimination de toute forme de Discrimination Raciale, approuvée dans les années '60 du siècle dernier  mais restée en partie lettre morte.

Tout en survolant sur l'ample liberté de mouvement et sur la relative impunité sur lesquelles les mouvements néo-nazis et racistes peuvent jouir dans le pays de Poutine, une initiative sûrement louable. Et qui a mis à nu un changement de paradigme de la part de l'Union Européenne qui avait échappé à la plupart. Les gouvernements des Etats Unis n'ont jamais hésité à utiliser les groupes et les partis nazis pour atteindre leurs buts, en soutenant depuis toujours des dictatures militaires d'extrême droite en Amérique Latine ou bien des groupes fascistoïdes en Afrique contre les mouvements de libération nationale ou les mouvements anti-coloniaux. On comprend donc le 'non' explicite de Washington et de son satellite canadien à la motion russe. Des milliers de hiérarques nazis et fascistes furent sauvés de la punition qu'ils méritaient à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et insérés dans les appareils de l'intelligence des nouvelles 'démocraties' occidentales à des finalités anti-soviétiques. Mais il n'était jamais arrivé, jusqu'à aujourd'hui, que les gouvernements européens s'associassent si directement aux Etats Unis pour soutenir un coup d'état fasciste dans un pays de l'espace européen comme l'Ukraine. Qui, comme par hasard, est le troisième pays qui s'est rangé contre la condamnation de la glorification du nazisme.

D'ailleurs ce n'est pas un secret que quelques uns parmi les leaders politiques et des organisations actuellement au pouvoir à Kiev pratiquent cette revalorisation et célébration du nazisme, de ses symboles, de ses 'valeurs' et de ses leaders historiques - un parmi tous Stepan Bandera - que la motion russe entend condamner.

Que les pays de l'Union Européenne se soient abstenus est assez significatif, et la présumée neutralité exprimée avec l'abstention sonne comme une prise de position inquiétante et intolérable.

Marco Santopadre 

Contropiano.org

http://contropiano.org/internazionale/item/27681-l-onu-condanniamo-il-nazismo-l-ue-si-astiene-usa-e-ucraina-votano-contro

© Texwolf

http://www.dailymotion.com/video/x2vlq1_martin-luther-king-i-have-a-dream-s_news

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