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Billet de blog 24 mai 2014

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Escalalade en Ukraine, des dizaines de soldats morts. Dimanche le vote, en Europe et en Ukraine.

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Deux compte-rendus sur la guerre dans le Donbass, en Ukraine, traduits depuis l'article de Marco Santopadre sur le site Contropiano.org et le bulletin d'information de Pandora TV d'hier vendredi 23 mai. Le discours de Sergej Lavrov au Forum de la Sécurité Internationale de Moscou. Massacre d'Odessa, au moins 15 snipers. Un éditorial de Giulietto Chiesa sur les élections européennes et présidentielles en Ukraine, paru hier sur megachip.globalist.it.
Escalade en Ukraine : des dizaines de soldats morts
Vendredi 23 mai 2014
Dans les zones orientales de l'Ukraine c'est désormais la guerre ouverte. Des informations auxquelles la presse occidentale donne peu de relief parlent de dizaines de morts dans les attaques et dans les combats des dernières heures.
Le bilan le plus grave est probablement celui provoqué par une attaque des combattants de la République Populaire du Donbass auprès de Volnovakha, à 60 kilomètres à sud-est de Donetsk, contre un check point de l'armée de Kiev. Le bilan de l'attaque réalisé à l'aube d'hier est lourd, il aurait causé 17 morts parmi les soldats des forces fidèles à la Junte putchiste et au moins 18 blessés. La majeure partie des victimes serait morte dans l'explosion d'un blindé visé par des grenades et des mortiers.
Pour cacher la débâcle militaire de son armée, le Premier ministre ukrainien par intérim Arseniy Yatsnenyuk a accusé l'armée russe d'être impliquée dans les combats dans la zone et a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies. Juste hier, pour la première fois de manière explicite, le gouvernement des Etats Unis avait cependant reconnu qu'une partie des troupes russes déployées sur les frontières avec l'Ukraine a été retirée, après un ordre explicité annoncé par le président russe il y a quelques jours. Un des leaders des forces anti-putchistes, Pavel Gubarev, a démenti dans un premier temps que les attaques de Volnovakha aient été l'oeuvre de ses forces, mais après le commandant des guerrilleros d'une localité proche, Horlivka, a revendiqué l'opération militaire à l'agence Associated Press : "Nous avons détruit un poste de bloc de l'armée fasciste ukrainienne délocalisée sur la terre de la République de Donetsk", aurait dit le commandant de la guerrilla. En réalité, à regarder certains vidéos qui circulent sur le réseau, il semblerait que certains des soldats ukrainiens auraient été tués 'par erreur' par des hélicoptères de Kiev  qui au lieu de viser les guerrilleros auraient bombardé les barricades le leurs propres hommes.
Toujours dans les dernières heures le Ministère de la Défense de Kiev a fait savoir d'un autre militaire tué pendant un échange de tirs dans le village de Rubézhnoe, à la périphérie de la ville de Lisichansk, dans la région de Lugansk, qui s'est elle aussi déclarée indépendante. Le leader de la République Populaire de Lugansk, Valeri Bolotov, a déclaré hier la Loi Martiale et la mobilisation de tous les hommes entre 18 et 45 ans qui vivent dans la région en vue d'une possible intensification des combats à la veille des élections farce du 25 mai. Les forces anti-putchistes ont annoncé plusieurs victimes civiles provoquées par la énième offensive des militaires de Kiev et des miliciens néo-nazis encadrés dans la Garde Nationale et aussi le nombre de 25 combattants blessés parmi les milices populaires qui pour faire barrage à l'avancée des blindés ennemis ont fait sauter un pont.
Toujours dans la région de Lugansk les combattants de la République Populaire ont attaqué et puis occupé 4 mines de propriété de quelques oligarques.


De son côté l'ONU, comme avait fait Amnesty International ces derniers jours, diffuse des versions partiales et toutes orientées à faveur du régime nationaliste de Kiev. Selon les Nations Unies dans les "violences dans l'Est de l'Ukraine" des derniers jours seraient mortes 127 personnes. Selon la version de l'Onu dans les régions insurgées "la situation des droits humains est en constante détérioration et une détérioration ultérieure pourrait porter à une fuite consistante de la population". L'auteur de la dénonciation réalisée au cours d'une réunion du Conseil de sécurité est le secrétaire général de l'Onu pour les droits humais, Ivan Simonovic. Parmi les violations des droits humains rapportées par le croate Simonovic on énumère des détentions illégales, la séquestration de journalistes et de membres de la commission électorale. Mais l'information des dernières heures est que ce sont les forces fidèles au régime putchiste qui arrêtent les journalistes. Par exemple le reporter britannique Graham Phillips, qui travaille pour Russia Today, arrêté et retenu pendant 36 heures par les services secrets de Kiev (Sbu) sans même pas d'accusations formalisées à son égard. Après avoir été libéré Phillips a expliqué avoir été arrêté à Marioupol par des militaires ukrainiens pendant qu'il prenait des photos et accusé d'être un espion russe. Mais les services de l'intelligence ukrainiens continuent de retenir deux journalistes russes arrêtés dimanche dernier par les nazis de la Garde Nationale dans les alentours de Kramatorsk. Il s'agit de Oleg Sidiakin et Marat Saichenko, des journalistes de la chaîné télé russe LifeNews, arrêtés par les milices d'extrême droite pendant qu'ils réalisaient un reportage sur les heurts entre forces régulières et guerrilleros anti-putchistes. Incroyablement, le Sbu accuse les deux d' "accompagner des terroristes pour informer sur leur activité illégale".


Marco Santopadre


Contropiano.org
http://contropiano.org/internazionale/item/24170-escalation-in-ucraina-decine-di-soldati-morti

Pandora TV - 23 mai -

" Lavrov parle à l'Occident "
Le Ministre des Affaires étrangères Sergej Lavrov est intervenu aujourd'hui au Forum de la Sécurité internationale à Moscou avec un regard global sur la crise ukrainienne et sur ses possibles conséquences sur le plan géopolitique, "nos partenaires occidentaux ont manqué une occasion historique" a déclaré Lavrov, "pour construire une Europe plus grande sans lignes de démarcation et ont choisi de déplacer les lignes de plus en plus proches des frontières occidentales, tout en encerclant la Russie nonobstant les appels de la Russie même pour bloquer toute action et s'orienter vers un espace de paix et de sécurité." Selon le chef de la diplomatie de Moscou " l'Occident, en misant sur l'expansion à est, a donc effacé la possibilité de créer un espace commun de coopération et de collaboration tout en ré-ouvrant les blessures du siècle dernier." Le conflit en Ukraine selon Lavrov, "rappelle de très près la violence et les massacres que l'Europe a expérimenté au cours du 20e siècle. Les révolutions colorées orchestrées à l'étranger", a ajouté Lavrov,  "produisent des dégâts évidents à la stabilité internationale. La tentative d'exporter la démocratie a un impact destructeur sur les relations externes et multiplie le nombre des conflits sur la planète." (Pandora TV, 23 mai)

" Guerre civile ou 'feu ami' ? "
A moins de deux jours des élections présidentielles la guerre civile dans l'est de l'Ukraine va vers une escalade aux implications peu claires. Hier a été une des journées les plus sanglantes depuis le début des opérations militaires dans l'est du pays. Au moins huit les soldats tués, une vingtaine les blessés dans un guetapens dans la région de Donetsk. La garnison a été surprise au milieu d'un champ, attaquée et bombardée du ciel par des helicoptères. "Est-ce que tu peux contacter l'aviation militaire ? Qu'est-ce que du diable est en train de se passer ? Les helicoptères nous survolent et bombardent nos positions, je ne parviens pas à comprendre s'ils sont de notre côté ou non, ils ont détruit notre check point, c'est plein de cadavres". Contemporainement, à terre, un commando est descendu  depuis un fourgon habituellement utilisé par Praviy Sektor et a ouvert le feu et tué. Un major de l'armée ukrainienne présent sur les lieux a affirmé qu'il s'agissait certainement de soldats mercenaires. Les philo-russes avaient du reste à peine concordé le cessez-le-feu avec les militaires ukrainiens,  pour la plupart de jeunes conscrits proches à la fin du service. Dans un autre heurt en proximité de Lugansk, après avoir tué 7 philo-russes et blessé plusieurs civils, les mercenaires de Secteur Droit ont ouvert le feu contre leurs propres soldats, une trentaine d'hommes qui avaient décidé de se rendre et déposer les armes. Pendant que dans la ville de Slaviansk commence l'émergence humanitaire, bombardée depuis plusieurs jours et privée désormais de biens de première nécessité. (Pandora TV, 23 mai)

" D'autres vérités sur Odessa "


Le massacre du 2 mai à Odessa restera une page noire dans l'histoire de l'Europe. Dans ces images inédites on voit que l'assassinat systématique des activistes anti-Kiev a débuté bien avant l'incendie de la Maison des Syndicats. On compte au moins 15 snipers, peut-être plus qui tirent et puis crient "atteint!", le début d'un massacre programmé dans lequel les néo-nazis ukrainiens ont délibérément assassiné des centaines de personnes. (Pandora TV, 23 mai)

http://www.youtube.com/watch?v=S20y63VeS0w#t=222


Dimanche le vote


  
vendredi 23 mai 2014


Dimanche nous allons aux urnes pour une Europe qui s'est salie les mains avec le nazisme, favorisant un coup d'état - justement effectué par la main nazie - en Ukraine. Et on vote en Ukraine pour élire un président qui sera otage - comme la junte actuelle - des Etats Unis et de la Troïka.


Dans nos contrées fonctionne encore le cérémonial démocratique, auquel nous sommes habitués, même si il est  désormais une enveloppe avec peu de contenu.


En Ukraine le vote n'aura même pas l'apparence du cérémonial. Quatre candidats ont été contraints avec la force d'abandonner. Au Parlement les députés qui ont encore le courage de dissentir sont agressés et frappés. Le leader des communistes Piotr Simonenko a échappé à un attentat. A un autre, Oleg Zariov, on a incendié la maison.


Des millions de russo-ukrainiens n'iront pas voter.


Dans deux grandes et décisives régions du sud-est il y a la guerre, avec des chars blindés et des canons. Dans d'autres régions il y a la guerre civile, ouverte ou de basse intensité (littéralement "serpentante", qui s'insinue, se diffuse). Odessa vit dans la terreur après le massacre du 2 mai dans lequel seulement les russes d'Ukraine ont été massacrés : jeunes, femmes, vieux, tous désarmés. Un pogrom en grand style.


Le milices nazies armées agissent sans être dérangées dans toutes les régions occidentales d'un pays qui, en substance, n'en est plus un et ne le sera plus.


Les chiffres d'affluence aux urnes seront manipulées de manière effrontée. Les résultats seront "ajustés" selon le goût et les intérêts des puissances coloniales occupantes (évidemment USA et la clique de Bruxelles).


Cependant - faisons une prophétie - toute l'Europe, en choeur derrière Washington, et l'unanimité des médias, diront que les élections ont été pleinement validées.


Ce qui nous amène à déduire que nous pourrons être certains que l'Europe actuelle, déjà depuis un moment conduite de manière anti-populaire, est en train de s'acheminer gaiement vers l'euro-fascisme. Ainsi du moins, nous n'aurons plus de doutes en la matière.


PS.: à propos, où est finie la Russie ? On nous a dit qu'elle avait occupé l'Ukraine, mais elle a du se volatiliser sans nous le communiquer.

Giulietto Chiesa
http://megachip.globalist.it/Detail_News_Display?ID=103914&typeb=0&Domenica-si-vota
 

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