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Billet de blog 28 mai 2014

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Piotr Simonenko - politiques tycoon et pro-américaines - Porochenko

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28.05.2014 - M. Piotr Simonenko, secrétaire du Parti Communiste Ukrainien (PCU) dans une courte vidéo dans laquelle il s'exprime sur la situation politique en Ukraine, et sur l'élection présidentielle de mai qui a installé Petro Porochenko à la tête de l'état ukrainien (traduit en français). L'interprétation de Simonenko ne sera pas démentie par Ivan Kompan, analyste chez 'Forbes'. Compte rendu de Marco Santopadre dans un article intitutulé "L'Ukraine comme le Chili. Forbes : "Kiev a besoin d'un Pinochet".

En bonus, une vidéo où la chaîne Euronews questionne Evgeny Popov, journaliste pour la chaîne de télévision russe RTV, sur la position que va adopter la Russie suite à l'élection de Porochenko.

http://www.youtube.com/watch?v=xHUXd3kd6mc

L'Ukraine comme le Chili. Forbes : "Kiev a besoin d'un Pinochet"

mercredi, 28 mai 2014
"L'Ukraine d'aujourd'hui, de la même manière que le Chili de 1973, est en train de vivre des changements historiques. Le processus n'est pas facile et il semble que le pays ne pourra pas le traverser sans 'un Pinochet' ukrainien. Sans celui-ci, il se peut qu'il n'y aura pas de réformes." A tracer un parangon aussi explicite entre le putch fasciste au Chili de 1973 et la situation qui s'est déterminée à Kiev par le putch nationaliste de février dernier, est l'analyste Ivan Kompan, sur le dernier numéro de l'édition locale de la revue internationale 'Forbes'. Le message est clair : l'Ukraine a besoin d' 'un Pinochet'. Parce que, explique le même Kompan, "ce fut Pinochet qui permit de convertir le pays sous-développé en une des économies qui eurent le plus de succès en Amérique Latine (…) C'est démontré soit par la note 'A' de l'Agence S&P, soit la vingtième place atteinte par Santiago dans la liste des pays les moins corrompus du monde" argumente l'analyste de Forbes. Tout en recommandant la même recette à Kiev, bien que sans mentionner ouvertement la répression sauvage qui accompagna pendant des décennies le soi-disant 'miracle chilien'. Mais Kompan admet les homicides et la torture de dizaines de milliers de personnes, la négation des libertés démocratiques les plus basiques, politiques et syndicales, tout en commentant uniquement que "la figure de Pinochet est ambigüe" (!)
Une économie détruite, pauvreté, défiance et conflits entre les différentes parties du pays sont des traits communs entre l'Ukraine d'aujourd'hui et le Chili de 1973, affirme Kompan, qui s'arrête ensuite sur une vraie exaltation des arguments typiques du fascisme : "il y a 40 ans au Chili apparut un stratège qui promit peu mais fit beaucoup. C'est ce dont nécessite l'Ukraine, envahie par les 'mouches', des personnages politiques dont les seules différences sont les noms des partis politiques respectifs".
"Le grand mérite du général Pinochet a été de ne pas craindre de miser sur un groupe de citoyens chiliens formés à l'Université de Chicago et dans d'autres facultés états-uniennes : jeunes, éduqués et formés dans l'esprit du libéralisme classique. Les 'Chicago Boys' furent la source de beaucoup d'idées qui permirent les réformes économiques et furent en mesure de les mettre en pratique. Il y a plus : le général a donné au pays la possibilité d'engager des réformes à long terme et mit ainsi fin au 'populisme au regard court', une arme fréquente des politiciens ukrainiens" explique le journaliste. Qui ajoute : "le programme qui établit les objectifs des réformes économiques radicales du marché libre - appelé 'la brique' à cause de l'épaisseur du document final - réussit à convertir le Chili en un pays moderne et à transformer complètement la société. (…) C'est impossible de dire que le programme chilien pourrait changer l'Ukraine, chaque état a de nombreuses spécificités nationales, sociales et démographiques. La leçon principale de l'histoire du Chili n'est pas le contenu des réformes, mais les caractéristiques des auteurs et de ceux qui les accomplirent. Il nous reste à espérer que enfin, l'Ukraine puisse avoir ses 'Chicago Boys' afin qu'ils transforment un Etat féodal et oligarchique en un pays capitaliste et démocratique.' conclut Kompan non sans avertir que, étant donné que le défi est compliqué, il ne pourra avoir du succès sans un 'Pinochet ukrainien'.
L'éloge de la voie fasciste au capitalisme - qui décrit bien les événements en cours à Kiev et contredit les lectures de ceux qui parlent d'un choc entre puissances à l'intérieur desquelles ce n'est pas le cas de prendre position - pourrait représenter le délire d'un inconnu et non influent journaliste local. Mais ce n'est pas ainsi, étant donné que la revue 'Forbes' - connue pour le classement annuel des hommes les plus riches et puissants du monde - est l'un des plus influents et importants instruments d'affirmation de l'idéologie états-unienne et des intérêts de Washington sur la planète.
 
Marco Santopadre
Contropiano.org
http://contropiano.org/internazionale/item/24290-l-ucraina-come-il-cile-forbes-kiev-ha-bisogno-di-un-pinochet

http://www.youtube.com/watch?v=sHfQbpKUlYA

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